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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 14:54

Et il est comme le Beaujolais.

 

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Le blog des films pop-corn qui marquent leur époque !

 

C'est comme le Beaujolais :

Il est nouveau (ça ne se voit pas ?).

Il est beau (il essaie).

Il est rouge (comme une salle de cinéma).


Et il est gouteux (enfin ça, je l'espère !).

 

Le (nouveau) blog des films pop-corn qui marquent leur époque est ainsi arrivé.

 

Vous y retrouverez comme toujours les différentes chroniques Cinéma : analyses, critiques et news hollywoodiennes (disséquées) à suivre régulièrement sur le blog.

 

Cette nouvelle identité visuelle de WhatTheFuckIsThat.fr (que vous partagerez de temps en temps avec vos amis, n'est ce pas) est aussi l'occasion de vous présenter la  Page Facebook, qui n'attend plus que votre clic :

 

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 La page Facebook, c'est ici : Cliquez et Aimez !

 

Car l'avenir est 2.0, vous le savez bien !

 

Cette transformation était tout à fait nécessaire, et c'est avec un immense honneur que nous inaugurons ce WhatTheFuckIsThat.fr v2 avec Sir Sean Connery !

 

Avant :

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Après :

 

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Enfin, je vous invite à lire ou relire les différentes chroniques jusqu'alors postées, en attendant les nouvelles.

 

 

tumblr m46cqrS31X1qalpvjo1 1280Skyfall

Cliquez ici

Un grand Bond en avant ! Après la réussite-reboot de Casino Royale et la déconvenue de Quantum of Solace, le célèbre espion britannique passe à la vitesse supérieure avec une superbe équipe d'auteurs oscarisés !

Le premier James Bond a double lecture évidente est aussi l'occasion de retrouver un Sam Mendes (American Beauty) au sommet de son art, sublimé par un Roger Deakins inspiré à la photo et un Thomas Newman à la baguette originale. 

Un Bond dense, au casting parfait et à l'action viscérale. Analyse de la double-lecture du film et de ce qu'il peut apporter dans la sphère cinématographique actuelle.

 

 

37787 498511393500988 120478473 nLes Misérables

Cliquez ici

Inutile de vous présenter la tragédie de Fantine, la tension de Jean Valjean-Javert ou la candeur de Cosette, non ; vous connaissez vos classiques.

Mais vous n'êtes pas sans savoir que Les Misérables a aussi été (est) une formidable comédie musicale, sublimée par Cameron Mackintosh, et toujours jouée aujourd'hui dans plusieurs pays !

Universal Pictures avance son film-stratège pour les prochains Oscars en adaptant ce formidable musical sur grand écran avec Tom Hooper à sa tête, déjà récompensé pour son Discours d'un Roi il y a deux ans. Le casting ? C'est du cinq étoiles ! Hugh Jackman, Russel Crowe, Anne Hathaway, Amanda Seyfried, Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter.
Rendez-vous le 20 février 2013 dans les salles obscures françaises. En attendant : faisons les présentations ! 

 

 

 

original 584460Prometheus

Cliquez ici

Vous n'avez rien compris ?

Pourtant le film ne manque pas d'idées et pousse même l'ambition ailleurs. Un simple préquel d'Alien ?

NON !

Prometheus n'est pas la claque attendue, mais il véhicule suffisamment de choses pour qu'on s'en souvienne. Retour sur un vrai film de SF et le premier chapitre d'une nouvelle franchise (trop ?) hollywoodienne.

Alors comme ça, la destruction sème la création ?

Chemins divins, humanité dejantée.

 

 

 

 

The-Empire-Strikes-BackLe Voyage du Héros

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Il était une fois un héros dans la cambrousse qui rêvait d'aventure (ou pas). Un beau jour, un vieil homme l'appela à l'aventure. Une aventure loin de chez lui. Pour sauver une princesse ou ramener un élixir dans son village au bord de la perdition.

Ce scénario vous dit quelque chose ? Joseph Campbell en a fait un livre dans les années 1950 et a posé les bases d'un principe narratologique qui est usé jusqu'à la corde depuis l'antiquité. Et maintenant au Cinéma !

De Star Wars à Avatar, retour sur le monomythe de Campbell et les différentes étapes qui passe un héros dans un film.

 

 

Restez connectés.

 

Que la Force soit avec Vous !

 

 

William Mondello

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 19:41

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« J'ai toujours rêvé enfant, d'être un savant-fou »

Tim Burton, à Paris, le 23 octobre 2012

 

Avant toute chose, sachez que j’écris cet article avec mon Yorkshire sur les genoux, et cela n'était pas volontaire. Et contrairement à Sparky, elle n'est pas encore passée sous la foudre (non, non, pas encore).

 

Mardi soir, même si j’étais absolument raaaavie d'aller voir Frankenweenie, et en 3D (Threeeeee Deeeeee), et même si j'étais absolument raaaavie d'assister à la master-class de Tim Burton himself après la diffusion, et bien, je partais voir ce nouveau film sans grande conviction.

 

 

Mais pourquoi ?

 

Parce qu’ en tant que grande fan intergalactique de Burton, je savais que Frankenweenie ne sortait pas de nulle part : il était tout d’abord un de ces premiers courts-métrages, datant de 1984.

Alors que pourtant, l'une des plus grandes qualités de Tim Burton est bien son imagination.

 

Pourquoi dans ce cas avoir repris un vieux court-métrage au lieu d'inventer autre chose ?

Pourquoi avoir repêché dans le passé une vieille histoire alors qu'il y en a tant d'autres à imaginer ?

J'avais qu'une peur à ce moment la : qu'il ait repompé une idée, et qu'il l'ait transformée en long métrage d'animation en stop-motion, sans âme, sans conviction....

 

J'ai également remarqué une chose, il y a deux catégories de fan de Burton, les « anciens » et les « nouveaux ».

Les anciens connaissent les débuts de Tim Burton, leur chef d'œuvre incontournable s'appelle Edward, ils apprécient l'originalité, la poésie des films, le coté macabre, unique, tout droit sorti du cerveau de Timothy.

 

Et il y a les « nouveaux ». Ceux là apprécient la partie 2005 – 2012. C'est à dire, le passage dans la carrière de Burton à des films plus grands publics, aux budgets énormes, capables de réunir les enfants et leur parents, toujours avec cette patte, cette « signature » Burton, visible dés le premier coup d'œil, (et aussi le premier coup d'oreille, merci  Danny Elfman).

 

Je dois avouer que je suis plutôt fan de la première partie de la carrière de Burton (bien que j'admire certains de ses films les plus récents comme Big Fish), pour la simple et bonne raison que les deux derniers films (Alice et Dark Shadows) m'ont déçue (mais ce n'est qu'a titre personnel) et que je n’avais qu'une envie : retrouver ces références, cet art, que l'ont a pu connaître avec Vincent ou encore Ed Wood (bien qu'il soit un véritable OVNIs parmi les OVNIs).

 

 

A la pêche aux références cultes

 

Et quelle ne fut pas ma surprise de voir que ce dernier né (façon de parler) des studios Disney n’est autre qu’un retour aux sources.

Frankeewenie possède quelques particularités qui, rien qu'à elle, font frétiller les sens.

Déjà le nom du film vous est sûrement familier, puisque en effet c'est tout simplement la version canine de Frankenstein.

 

Film en stop-motion, chose rare de nos jours (rien d'étonnant chez Tim Burton mais cela reste surprenant quand on voit le peu de films d'animation utilisant cette technique), il est en plus en noir et blanc.

Et là on se dit « wan ta vu c'est chelou sisi ».

 

Enfin, si vous aussi vous possédez quelques références en matières de films bizarres, macabres et autres métrages cultes, vous aurez remarqué la ressemblance entre l'affiche de Frankenweenie et celle de Night of the living dead de Romero (1968, son tout premier film de morts vivants). Bon, rien de flagrant dans la ressemblance hein, juste la couleur verte dégueuli du logo et le reste en noir et blanc.

 

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Chose que le réalisateur américain confirmera par la suite lors de la master-class en évoquant un large « Hommage aux monstres » dès la conception du film.

 

En bref, sans avoir vu le film, je me suis déjà dit un truc du genre « bon signe », ça s'annonce bien.

Enfin, mon fessier royal convenablement installé dans un fauteuil, « ni trop loin, ni trop près » et sans personne de plus de 1m80 devant moi, me voilà prête, comme une vierge attendant sa première fois, armée de mes lunettes 3D. Une seule pensée à l'esprit « pourvu que ça ne soit pas de la m.... »

 

 

Et alors ?

 

Très franchement....... J'ai failli me pisser dessus de joie.

Quel bonheur, enfin, ENFIN, il est revenu.

Tim Burton revient à ses origines, sans que cela ne soit trop « fermé » au public lambda. C'est drôle, c'est marrant, c'est bourré mais alors archi rempli de références culturelles (et cultissimes pour moué).

 

« Nous sommes revenus au premiers dessins du court-métrage » expliquait-il par la suite. Mais oui, mais forcément. Une chose qu’on ressent tout au long de la projection.

 

 

Des premiers films d'horreur du cinéma, aux inspiration de Tim, de Frankenstein à Dracula, en passant par les films de la Hammer, et même vis à vis de sa propre vie et de son art (son recueil de poèmes « La Petite Fille qui Fixe... »), notamment sa relation avec son propre père qu'il expliquera quelques minute après la projection, durant une master-class absolument génialissime, avec un Tim tout barbu, qui à répondu à mon petit coucou de la main pendant ma question (s vous étiez la, petite dédicace, j'ai posé ma question à la fin, j'avais des pompes rouges façon Dorothy dans le magicien d'Oz, et j'ai dit « voila » à la fin de ma question).

 

Un seul mot m'est venu à l'esprit.

Enfin, enfin un film ou l'on mixe les deux meilleures qualités de sa carrière, mais un seul défaut (parce que bien évidemment, tout n'est pas et ne peux être parfait) le film est légèrement lent au début (mais la deuxième partie est tellement savoureuse....).

Et au final, malgré une histoire pas très originale, qui sent le déjà vu (enfin vous me direz..), l’autre moitié du métrage est tellement drôle que l'ont se rend compte que le court-métrage n'a en commun que le début, et la toute fin du film.

En gros, Frankenweenie de 2012, vaut largement le coup d'œil, qu'il n'est pas une copie du Frankenweenie de 1984, il est atypique, il est neuf.

 

 

 

Un film bilan

 

Une master-class… A vrai dire, j'ai pas toujours compris à quoi ça servait (disons que j'ai toujours trouvé que c'était une conférence de presse qui n’ose pas assumer qu’elle en est une).

Mais la, c'était clairement des explications entre le réalisateur et son public. Une conversation !

Lui même, évoqua la notion de « film bilan », de retour aux sources, de clin d’œil à sa propre carrière (rien qu'avec le doublage du professeur à l'accent Hongrois par Martin Landau....) arrangé à la sauce 2012.

 

Tim Burton à expliqué ses choix, notamment vis à vis de l'utilisation de stop-motion :

« Tout est fait à la main, c'est très artisanal, on a l'impression d'être un géant sur le plateau »

… Ainsi que le choix d'être converti à la 3D, qui soit dit en passant n'est pas dégueulasse du tout, même pour un film « converti » et pourtant Dieu sait que j'aime pas la 3D (elle passe bien sûrement grâce au stop-motion et le fait qu'on ait déjà une impression de toucher sans la 3D).

C'est donc un film, qui est non seulement de qualité, qui fait référence au cinéma d'horreur et d'épouvante, mais aussi qui plaira aux enfants, aux adultes, aux gothiques, aux fashions, aux bobos, chose qu'enfin, Tim Burton, à réussi à accomplir.

Frankenweenie est un film sur la relation enfant-animal de compagnie et l’amour inconditionnel qui en découle.

Un soupçon d’autobiographie monsieur Burton ?

« Ce film s'inspire de souvenirs d'enfants, mais aussi ceux d'autres enfants. Frankenweenie s’inspire de vieux films, de lieux connus. Oui, il y a un soupçon d'autobiographie »

 

Qu’est ce que je disais…

Bref, je vais faire un câlin à mon toutou maintenant.

 

 

 

Frankenweenie, de Tim Burton.

Le 31 Octobre (Halloween, bouuuuw) au Cinéma.

 

 

Clémence Breton

 

 

A découvrir sur le blog :

L'analyse de la séquence de l'opéra de QUANTUM OF SOLACE. Quand James Bond rencontre Tosca.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 18:10

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En attendant Skyfall, je vous propose de reprendre une séquence du tant décrié Quantum of Solace de Marc Forster, qui, il est vrai, nous avait laissé avec un Bond relativement moyen.

Quantum of Solace, qui pourrait se traduire par un Soupçon de Consolation, n’en manque justement pas. Malgré son manque d’inventivité scénaristique, il restait marquant pour la mise en scène de certaines de ses séquences dont celle de l’Opéra, où une tuerie Bondienne était mise en parallèle avec du Giaccomo Puccino : Tosca !

Retour sur ce long-métrage discutable et ce personnage atypique, qui a bercé l’enfance de plus d’un, époustouflé plus d’une ( ;-) ) et qui a su grandir comme nous autres.

 

 

1 – La tragédie de James Bond et son amour perdu

> Où en étions-nous, monsieur Bond ?

2 – The name is Bond, James Bond

> La production chaotique de Quantum of Solace

3 – Le Fantôme de l’Opéra

> Etude de la séquence de l'Opéra : quand James Bond rencontre Tosca

 

 

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La tragédie de James Bond et son amour perdu

 

Passé le maigre scénario, ce 22ème épisode des aventures de Bond, et la première suite directe de la saga (tous les autres épisodes sont indépendants les uns des autres) nous offrait quelques instants de bravoure. Je fais volontairement abstraction de cette mise en scène très Jason Bourne (caméra à l’épaule, montage vif et serré) qui provient de ces idées opportunistes qui ont tant suivies la franchise tout au long de son existence, alors que les premières critiques semblent louer au nouveau cru Skyfall une inventivité hors pair et une intégrité artistique bien méconnue chez Bond (merci Sam Mendes).

Je précise une chose : je n'ai rien contre les anciens Bond, bien au contraire. Je reste un fervent admirateur de l'époque Connery.

 

Car malgré la qualité de beaucoup d’épisodes de cette saga d’anthologie qui a fait mes heures heureuses et développé mon imagination infantile, il est bien de reconnaître que les James Bond ont toujours été ces films qui suivaient une tendance. Réalisés par des « yes man », ces réalisateurs qui injectent si peu de personnalité dans leurs films, se contentant de suivre les directives des producteurs qui ne souhaitent QUE profit à court, et parfois long terme.

 

Ainsi les James Bond ont pu être de véritables ambassadeurs de leurs époques respectives : Les Sean Connery se fondent alors dans les codes cinématographiques des années 1960, les Roger Moore frisaient parfois l’auto-parodie seventies et les Pierce Brosnan plongeaient un Bond dans le gigantisme-individualisme héroïque des années 1990 dont le summum du ridicule fut atteint avec le Moonraker des années 2000, le mal-nommé Meurs un autre Jour.

 

Cependant, le reboot de la franchise avec Casino Royale était une véritable réinvention.

Pourtant dirigé par un « yes man », Martin Campbell, a qui l’on doit un autre sommet Bondien, le très bien nommé GoldenEye, Daniel Craig ramenait 007 vers la stratosphère de la réussite, aussi bien artistique que financière.

Casino Royale était le James Bond par excellence. Il devenait, de par son histoire et ses personnages dépoussiérés, ce qu’on faisait de mieux pour le célèbre agent britannique du MI6, et de ce qu’on pouvait proposer en terme de renouveau du film espionnage 4 étoiles. Une alternative aux autres films d’infiltration post-11 septembre qui se perdaient dans les déserts d’Afghanistan.

 

Bond redevenait Bond, et ça n’avait jamais été aussi parfait.

 

Ainsi, dans l’enthousiasme, les producteurs Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont cherché, pour la première fois dans l’histoire de la franchise, à reprendre la suite des aventures de Bond là où Casino Royale les avaient arrêtées : sur l’émancipation d’un personnage, passant de la colère d’une trahison à la tristesse de la perte d’un être cher.

 

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The name is Bond, James Bond

 

Daniel Craig devenait ce nouveau James Bond, ambassadeur de notre époque.

Epoque où le héros doute. Où il devient faillible. Comme un monde dépassé, qui cherche à se réinventer. A comprendre pourquoi il a perdu sa gloire passée.

Cette humanité transparaissait tout au long d’un Casino Royale qui commençait brutal, à l’image de la carrure de son acteur principal, pour terminer fragile, sensible et incroyablement proche d’un spectateur qui avait pour la première fois un Bond dit « réaliste », à qui il pouvait VRAIMENT ressembler.

 

C’était la nouveauté inscrite par Casino Royale.

Un Bond qui n’était plus opportuniste, mais qui donnait alors le ton. En parallèle d’un Batman Begins (Christopher Nolan, auteur Bondien) qui faisait alors la même chose d’ailleurs. 

 

C’est ainsi que le réalisateur-auteur suisse Marc Forster avait été dépêché de son cinéma indépendant, et par déduction, plus intègre.

Le réalisateur de Neverland et Les cerf-volants de Kaboul devait diriger un Bond qui cherchait alors à être consolé pour une sortie programmée à l’automne 2008.

Après la perte de Vesper Lynd (interprétée par la magnifique Eva Green), l’idée était d’emmener l’agent du MI6 sur les traces de l’organisation qui avait « tué » son premier amour.

On passait alors d’un Bond triste, inconsolable, à un Bond en colère, façon Permis de Tuer avec Timothy Dalton.

 

Pourquoi pas, dites vous ?

Fallait bien avouer que c’était sacrément casse-gueule tout de même. Manque de bol, la grève des scénaristes arrive au mauvais moment :

Fin 2007, tous les scénaristes d’Hollywood se mettent en grève et sont soutenus par les britanniques. Ainsi, pas moyen, par obligation contractuelle, de retoucher un script mal fini, dont seul les séquences d’action ont été bien écrites.

Quantum of Solace va alors devoir jouer sur ses séquences, et Forster redoubler d’invention pour se faire comprendre.

 

On gagne ainsi un Bond extrêmement visuel, avec un personnage principal muet et des séquences de parlottes bancales, dont on se fiche. Dommage, car le potentiel était là, mais ça n’a pas loupé. Le manque d’autorité de Marc Forster sur le tournage (confirmé sur World War Z qui sortira en juin 2013), sorte de Jean-Marc Ayrault de la mise en scène, a freiné ses bonnes intentions.

Alors que la brèche pour voir un auteur diriger un Bond était là, ce Quantum of Solace se contentera d’être un énième épisode mais qui regorge de nombreuses bonnes idées.

 

Parmi elles, la séquence de l’Opéra qui est à mettre au Panthéon des séquences les plus spectaculaires de la saga. Non pas qu’elle soit une des plus violentes (quoique) ou qu’elle fasse appel à une équipe géniale et en surnombre (quoique ???), mais bien pour ce qu’elle dit, ce qu’elle montre et ce sur quoi elle joue.

 

Explications !

 

 

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Le Fantôme de l’Opéra

 

Le chagrin de Bond est omniprésent tout au long du film. Matérialisé par une forme de colère, de violence et d’action agressive, celle-ci est la conséquence de la perte d’un être cher : Vesper Lynd.

 

Eva Green a beau ne pas être présente au casting du film, son personnage est pourtant visible à chaque recoin, à chaque son, à chaque image du long-métrage de Forster.

Le film commence ainsi sur de longs plans sur le regard d’un homme perdu, aux yeux brillants. Celui d’un Bond que personne à part la violence de chocs routiers ne saura consoler.

L’alcool, est ainsi montré comme un remède autant que la désinvolture. Le rappel du cocktail « Vesper », à base de Vodka et de Martini -réalisé au shaker, pas à la cuillère-, est fait au milieu d’un film trop court, comme un point d’orgue. La James Bond girl du film est volontairement très effacée, et le méchant n’est qu’une ombre sur un tableau de cibles tuées les unes après les autres sans regret.

Pourtant le regret est un des thèmes phare de Quantum of Solace, faisant de Vesper un des personnages principaux, dont seul le nom est mentionné quelque fois.

 

C’est ainsi que cette séquence de l’Opéra est une des majeures du film, car elle est la mise en parallèle inattendue entre les aventures d’un agent secret et le classique de Giacomo Puccini : Tosca.

 

Première rencontre frontale entre Daniel Craig et un Mathieu Amalric (toujours aussi pathétique), elle se présente comme le châtiment que Bond souhaite donner à ce badguy, celui que lui-même reçoit dans une tragédie forcée et complètement incongrue.

Le parallèle entre l’œuvre de Puccini et Bond est explicite, et à tous les niveaux : musical, forcément, visuel (montage) et scénaristique.

 

Vesper est un fantôme, qui ne contrôle plus la passion de son amant déçu, énervé, et profondément triste. Forster fait alors de Casino Royale une véritable tragédie en la comparant à l’histoire de Tosca qui est la suivante :

 

La cantatrice Flora Tosca est l’amante cachée d’un peintre nommé Mario Cavaradossi, recherché par la police car il vient d’aider un ami à fuir un Rome contrôlé par les français.

Le chef de la police, Scarpia, dans un jeu de manipulations, va alors jouer sur la jalousie de la belle cantatrice Tosca pour piéger celui qu’il recherche.

Cavaradossi arrêté, Scarpia, séduit par la jeune femme, va alors lui lancer un ultimatum : qu’elle couche avec lui, et il laissera la vie sauve à Mario Cavaradossi.

Tosca finit alors par accepter ; Scarpia donne l’ordre de simuler l’exécution de Cavaradossi… Pour finalement donner un contrordre de manière que Tosca ne le sache pas.

 

Mais Tosca poignarde alors le chef de la police.

Cavaradossi, prêt à être exécuté, est rejoint par Tosca qui lui explique qu’il doit simuler sa mort, que les armes sont chargées à blanc. Le couple se promet alors à la paix et au repos amoureux. Au bonheur plus simplement.

 

Le peloton d’exécution s’approche alors de Cavaradossi et le « tue ».

Ignorant que Scarpia avait donné un contrordre à ses hommes, en leur demandant de finalement charger leurs armes avec des balles réelles, Tosca s’approche joyeusement du corps de son amant, pensant que leur liberté est désormais acquise.

C’est avec horreur qu’elle découvre alors un Cavaradossi sans vie. Son amour est mort et par trahison, sa passion perdue. A jamais.

En plein désespoir, elle finit alors par se suicider.

 

Tosca parle d’un amant perdu.

Tosca parle d’une histoire d’amour impossible.

Tosca parle d’un meurtre en public.

Tosca parle d’une passion entre deux amants.

Tosca parle d’un intérêt perdu.

 

Et si Quantum of Solace n’était tout simplement pas la volonté d’un James Bond souhaitant retrouver l’amour de son public autrefois déçu par les erreurs d’un Meurs un autre Jour ?

Et si Casino Royale ne l’avait tout simplement pas déjà fait ?

Et si Quantum of Solace n’était que l’ajout désespéré de séquences majestueuses à une œuvre qui l’est déjà ?

Enfin, une seule en particulier. 

 

 

 

Une tragédie en public

 

Difficile de ne pas faire le lien concret entre ces deux histoires. Le metteur en scène le souligne tout au long de la séquence.

Il y a deux possibilités :

 

La première, c’est que Vesper, prise dans une manipulation effectuée par l’organisation Quantum (décrite dans « Quantum of Solace ») et éprise du fameux algérien que l’on voit à la fin du film (évoqué à la fin de « Casino Royale »), est Tosca. L’algérien est Mario et l’organisation Quantum serait Scarpia. Le problème là est que l’algérien est de toute façon un traitre et manipule Vesper. Il ne peut donc être Mario.

 

La seconde interprétation, plus compliquée mais aussi pertinente, est celle où le rôle de Tosca serait toujours repris par Vesper et celui de Mario par le personnage de 007.

Vesper en rendant la mallette d’argent à la fin de Casino Royale à l’organisation terroriste paie sa dette envers elle, et se promet à un bel avenir avec James Bond (Mario).

L’algérien et l’organisation sont le chef de la police, Scarpia, qui promet à Vesper (Tosca) qu’elle sera libre pour sa passion avec Bond.

L’issue est pourtant différente ici : même si Vesper décide de se suicider, Bond parvient à survivre, le laissant seul avec ses doutes, son chagrin, mais aussi et surtout sa haine envers un coupable (Scarpia) qu’il doit encore trouver.

C’est là que la nécessité de faire une suite entre en jeu.

James Bond veut revoir l’issue de l’histoire. Revoir l’Opéra. Le remonter. Changer la tragédie.

Changer l’issue fatale pour la remplacer… par une autre.

 

Forster va alors cristalliser cette ambition dans cette magnifique séquence dont voici un découpage.

 

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Bond arrive sur la scène des futurs crimes. Au niveau de la direction d'acteur : sa démarche est droite et le regard fixe un point à l'horizon. Forster souligne ainsi sa tenacité. Sa fermeté.

 

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Les ennemis se fondent dans la masse. Ils sont d'ailleurs montrés faisant partie de la société mondaine. La présence de coupe de champagne peut être vue comme l'allégorie du "monde qui décide". Le monde des puissants. Le choix des costumes, quasi tous uniformes (smokings pour les hommes, robes noires pour les femmes) montrent que c'est ce petit monde est régit par des codes. Et qu'il se présente en supériorité ? Une critique sous jacente M. Forster ?

 

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Bond les observe. En hauteur. Montrant ainsi sa suprématie, il est au-dessus de ce monde. Ce plan montre également toute sa détermination.

 

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Je pense que Quick doit assurément faire partie de l'organisation Quantum.

 

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D'un air sûr de lui, Dominic Green s'asseoit sur son trone et insère son oreillette...


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... A l'image de 007, qui se met à son niveau. Les deux plans se succèdent, montrant alors que les deux personnages sont d'égal à égal.

 

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A la différence que la détermination de Bond est plus forte, plus violente...

 

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... Et brutale.

 

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L'Opéra commence.

Bond va alors le suivre, pas à pas.

 

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En se dissimulant sous l'oeil géant, représentant celui de Tosca (?) et donc de Vesper. Par extension, cet oeil est aussi le regard de la culpabilité, du chagrin et de la... Fatalité ?

 

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Depuis son oeil géant, James Bond observe de nouveau cette micro-société dans laquelle ses ennemis se fondent. Ils sont tous vétus de la même manière, mais parlent en fond sonore via les oreillettes.

Il les écoute attentivement.

 

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Le regard de Daniel Craig, légèrement penché et avec un air déterminé appuie sa force et sa suprématie sur cette réunion cachée. L'aigle va bientôt attaquer sa proie. Il est aux portes de sa vengeance.

 

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Bond et les émissaires de Quantum sont montrés face à face grâce à un champ contre champ. Les deux plans se succèdent comme si les deux parties s'observaient directement. En réalité non, bien sûr, mais c'est ce que le réalisateur souhaite nous montrer.

 

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Green (Amalric) ferme les poings pour montrer sa force et son pouvoir.

 

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Mais Bond (Craig) va casser cette assurance en utilisant sa désinvolture légendaire : il intervient dans la conversation, provoquant la fuite de ses ennemis assis dans le théâtre, et la révélation de leurs positions et identités.

 

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Retour à l'Opéra : Forster nous montre le peloton préparer l'exécution alors que l'oeil géant les observe toujours.

Contre-plongée. L'oeil domine la situation.

 

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Les tireurs sont en place. L'horreur va alors commencer. Ce qui va mener à la tragédie : Tosca va perdre son amant dans ce qu'elle croit être une simulation.

 

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La musique de Tosca monte en puissance.

Les hommes de Quantum fuient autant qu'ils peuvent.

 

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... Mais sont rattrappés par un Bond glacial qui prépare... l'autre éxécution.

"Ca va chier !"

 

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C'est le premier face à face direct entre les deux personnages.

 

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Bond lance un regard ailleurs. Quelque part, hors champ.

Un regard tourné vers Vesper peut-être ?

Il fait ainsi de cette éxécution une fatalité. Il indique le destin malheureux.

Mais l'issue de cette tragédie doit être revue.

Scarpia (Quantum) a survécu, mais pas Tosca (Vesper), qui s'est de toute façon suicidée. Il doit donc changer la donne... Espère-t-il, peut être, que cela fera revenir Tosca à la vie ? C'est sous-jacent, mais c'est là.

Vesper est présente ici.

 

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La violence entre en scène.

 

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Tout au long de l'éxecution, Forster et son monteur vont s'amuser à mettre les deux séquences en parallèle : la tuerie Bondienne dans le restaurant et la fin de l'Acte I de Tosca.

 

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Silence et musique.

C'est un peu comme si James Bond rejouait l'opéra dans sa tête. Le moindre son de la séquence est coupé. Nous n'entendons ni les coups de feu, ni les bruits de pas, ni les cris. Seul la musique de Tosca est jouée. En choeur. En coeur.

Tosca tue Scarpia. Vesper tue Quantum.

Et Mario survit.

Et Bond survit.

 

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Mais pour cela, Bond doit tacher sa chemise blanche.

Il sort alors le monstre qui est en lui et... Exécute.

 

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Bond (Mario) espérait-il mourir à la place de Vesper (Tosca) ?

C'est la question que l'on se pose à l'issue de cette séquence. Le sacrifice fait-il partie de cette tragédie ?

 

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La réalité le rattrappe. Le voilà en train de tenir entre ses mains la vie d'un membre de Quantum qu'il souhaite interroger pour ainsi remonter jusqu'à la tête de l'organisation. Sa détermination est totale. Sa haine, énorme.

L'interrogatoire est vif, violent. A vrai dire, Bond s'en fiche.

Ce qu'il veut, c'est Vesper.

 

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Ainsi, il laisse le membre de Quantum mourir (se suicider ?). Il se "jette" du haut d'un édifice... Soit de la même façon que Tosca choisit pour mourir.

 

Enfin, une chose importante ici est le cadre : l’exécution de l'opéra est assistée par un public… Tout comme la gunfight de Quantum of Solace. Elle est entièrement publique, et la tragédie est vécue par tous. Aussi bien par les spectateurs de l’opéra, que ceux assis au restaurant… Et nous-mêmes, spectateurs du film !

 

 

La nouvelle danse de 007

 

Si hélas le montage et la mise en scène de cette séquence ne sauvent pas le film de l’accident scénaristique, elle montre au moins à quel point un film peut puiser dans l’héritage culturel pour se retrouver, se rafraichir.

Marc Forster, dont les talents restent souvent discutables, montre aussi que Casino Royale pouvait toujours être magnifié.

 

C’est maintenant à vous Sam Mendes !

 

 

"Casino Royale" de Martin Campbell. Avec Daniel Craig et Eva Green.

Disponible en DVD, Blu-Ray.

"Quantum of Solace" de Marc Forster. Avec Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric.

Disponible en DVD, Blu-Ray.

"Skyfall" de Sam Mendes. Avec Daniel Craig, Bérénice Marlohe, Javier Bardem.

En salles le 26 octobre.

 

Crédit photo : Sony Pictures 

 

William Mondello

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:04

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Ce matin, à Paris, était présenté à la presse 30 minutes du prochain film d’animation des studios Disney : Les Mondes de Ralph.

Premières impressions… Sans spoilers (embargo oblige).

 

 

Plongée dans les mondes virtuels

 

Après l’incroyable bande-annonce postée sur le web la semaine dernière, c’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce projet atypique des studios aux grandes oreilles.

Même si l’incursion de Disney dans les jeux-vidéos a commencé très tôt avec Tron en 1982, jamais un film d’animation de cette envergure ne s’était aventuré dans les sphères vidéo-ludiques.

 

En prenant en compte le sentiment nostalgique, Clark Spencer, producteur du film et présent lors de cette présentation, a expliqué à quel point un tel environnement était un élément important à une HISTOIRE. Car bien que celle-ci s’annonce extrêmement classique, dans les faits, un véritable travail a été effectué sur le visuel du film, sa bande-son, mais aussi et surtout ses personnages.

 

Le film conte l’histoire de Ralph la Casse (doublé par l’excellent John C. Reilly en VO, François-Xavier Demaison en VF), méchant d’un jeu-vidéo d’arcade qui est las de jouer toujours au même rôle. Il décide alors de s’aventurer hors de son jeu vieux de 30 ans pour découvrir les facettes des autres mondes virtuels. .

Les extraits présentés montrent les différents environnements que le personnage va explorer. A noter : un soin particulier apporté aux mondes que Ralph va découvrir avec le spectateur.

Spencer a beaucoup insisté sur un élément important de ce nouveau long-métrage : chaque monde est unique. Par exemple, chacun a sa propre bande-son : l’électronique Skrillex, les très eighties Buckner & Garcia ou encore le groupe de 48 chanteuses j-pop AKB48. 

 

 

L’émotion au programme

 

Vous l'aurez remarqué dès la bandes-annonce, le graphisme est très enfantin. Mais noyé dans les caméos et les environnements virtuels connus, le spectateur adulte se perd alors dans ses meilleurs souvenirs. Et c'est semble-t-il un des objectifs de ce projet ! D’idée en idée, de personnage en personnage, le metteur en scène Rich Moore (un des premiers réalisateurs des Simpsons), nous envoie dans une autre réalité pourtant… famillière.

Le film promet de belles réactions : en connectant deux publics, l'enfant émerveillé et l'adulte nostalgique, il créé l'universalité de son histoire et la garantit.

Ainsi chez les plus grands, le rire s'entremêle avec les « AH OUI JE ME SOUVIENS ! » qui se bousculent dans nos têtes à force de références. Quant à l'émotion, elle arrive à grand pas : via ces personnages perdus dans ces mondes où le déterminisme est roi. Où leur volonté d’exister autrement, en étant libre, est forcément bafouée au profit du spectacle pré-programmé.

Le visuel n’est plus, la profondeur arrive.

 

Et c'est le ressentiment perçu après seulement 30 minutes d’extraits, dites vous bien !

 

En effet, comment ne pas se sentir tout petit et tout mielleux face à ce qui nous rappelle tant l’enfance ?

Comment ne pas fondre devant ces jeux auxquels on a participé plus jeune ? Et qui prennent vie autrement sur grand écran ?

 

 

La vie est un immense jeu universel

 

Disney a toujours été un peu tout cela à la fois.

La présence de thèmes comme la quête d’identité ou la mesure de la tolérance d’autrui appuient cette impression.

 

Quand Walt Disney avait conçu Disneyland, il expliquait qu’il avait souhaité créer un endroit où les enfants pouvaient s’amuser… Autant que leurs parents.

Et dans ce grand huit de pixels, impossible de ne pas penser à cette phrase qui a redéfini Disney depuis quelques années, après le rachat de Pixar (Raiponce).

Impossible aussi, de ne pas penser à toutes ces heures passées sur les machines d’arcade, à tenter d’obtenir le meilleur score, pour devenir soi-même un héros de jeu-vidéo (Street Fighter II, Pac-Man, Q-Bert).

C’est tout ce sentiment là, cette tendresse, qui transparait de ces extraits qui annoncent un long-métrage inspiré. L’amour d’un autre art sublimé par une histoire que seul le cinéma peut nous offrir… En nous touchant.

 

« Suffisamment pour que le public se souvienne de l’aventure que nous souhaitons lui offrir. Nous souhaitons que les spectateurs n'oublient jamais notre film, et pour cela, il faut les toucher avec des choses qui feront alors partie d’eux. La comédie est importante. Mais l’émotion est le cœur de tout » ajoute Clark Spencer, véritable vétéran chez Disney.

  

L'histoire d'une future réussite ? On ne manquera pas d’aller le vérifier dès le 21 novembre au Grand Rex et le 5 décembre partout ailleurs !

 

 

Les Mondes de Ralph de Rich Moore.

Le 5 décembre dans toutes les salles françaises.

 

William Mondello

 

 

 

A découvrir sur le blog :

The Secret, de Pascal Laugier ou le film témoin de Jessica Biel

LE film de l'été 2012 : Avengers, de Joss Whedon. Le fun n'a jamais été aussi bon !

L'autre film de l'été : The Dark Knight Rises, de Christopher Nolan. Quand la réalité est déjà dans la fiction

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 19:49

La mode hollywooodienne actuelle de la relecture moderne de conte sur grand écran ne se dément pas.

Après des  plus ou moins réussites et de belles annonces, Paramount révèle les premières images de sa relecture Abraham Lincolnesque du conte des frères Grimm : Hansel et Gretel.


Attention les yeux :

 

 

Hansel and Gretel : Witchs Hunters de Tommy Wirkola. Avec Gemma Arterton et Jeremy Renner.

Le 6 mars 2013 en France.

 

Vous y serez ? Moi, franchement, j'hésite.

 

WM

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 18:46

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Mythe n. m.

bas latin mythus, grec muthos « récit, fable »

Récit fabuleux, transmis par la tradition, qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine.

 


 

Appuyez sur PLAY et continuez la lecture

 

 

« A legend, M. Wayne »


En 2005, lorsque je voyais pour la première fois Batman Begins (en bonne ou mauvaise compagnie, mais cela ne vous regarde pas), j’étais pris par une espèce de gêne.

Gêne que l’héritage Burton (et Schumacher, mais oublions le volontairement) était ainsi remplacé. En réalité, au lieu de surtout s’intéresser aux méchants et à plonger son intrigue dans un conte malsain, Christopher Nolan réinventait un personnage, mais également tout un genre. Autre chose, donc. Et en plus il le faisait bien.

Il y avait de quoi être gêné.

Car en se focalisant essentiellement sur son personnage principal (Bruce Wayne plus que Batman) et en le plongeant dans un monde réaliste où tout est explicable et plausible, il amenait le superhéros (les superhéros) vers des contrées jusque-là inexplorées.

Par la suite, cette réussite aussi bien artistique que commerciale fut maintes fois copiée et encore très rarement égalée.

Une sorte de schisme s’est alors accompli dans le genre des superhéros : l’intrigue était soit réaliste, soit fantaisiste.

Les Marvel Studios (Avengers, Iron Man, Thor) ont semblent-ils opté pour la deuxième option. Les autres films (Amazing Spider-Man) ont opté pour la première option. Avec la triomphe artistique qu’on leur connaît (hum…).

 

Mais le réalisateur d’Inception et Memento a encore fait mieux.

En plongeant un personnage issu de l’imagination de Bob Kane, un personnage irréel, de BD (de comics), qui n’existe pas, dans un monde réel, COMME le nôtre (et pas seulement proche du nôtre), il annonçait une mode voir un nouveau mouvement cinématographique qui est devenu synonyme de modernité : le réalisme, l’hyper-réalisme, même pour des histoires forcément fantastiques (voir cette tendance de l’adaptation de contes par définition irréalistes, rendus réalistes : Blanche-Neige et le Chasseur, même Peter Jackson n’avait pas osé aller si loin dans le réalisme en conservant le merveilleux fantasque de son Seigneur Des Anneaux).

 

C’est dire donc à quel point Batman Begins avait marqué les esprits.

Mais mieux encore en 2008 avec The Dark Knight. En invitant un film de superhéros dans le pur film policier, voir le film noir, Nolan repoussait toutes les limites. Il invitait LE superhéros dans un genre. En se nourrissant de sous genres déjà vus. Il amenait un personnage à priori enfantin (quoique Batman ne l’a jamais été complètement) dans des sphères adultes et ce, dès la première lecture du film.

Premier film de superhéros à devenir milliardaire au Box-Office mondial, The Dark Knight a aussi vécu la disparition d’un de ses interprètes principaux, Heath Ledger (le Joker), alors que Christopher Nolan comptait sur lui pour rempiler dans un 3e épisode de sa trilogie Batman réaliste.

 

 

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« RISE ! » ou le nouvel ascenseur social

 

4 ans plus tard. 2012.

Ce battement d’ailes est devenu en deux films le prologue sonore d’un grand opéra.

Ainsi, en seulement quelques secondes, nous voilà replongés dans l’ampleur pure. L’ambition silencieuse. L’immersion totale.

Le film reprend là où The Dark Knight s’était arrêté. Pour faire, quelques plans plus tard, un bond de 8 ans.

Les choses ont changé. Batman a disparu et la paix a enfin gagné la ville. Pourtant le mensonge demeure et une menace s’annonce.

 

Gordon (Gary Oldman) rêve d’énoncer la vérité à la ville. Qu’Harvey Dent (Aaron Eckhart) n’était qu’un chevalier blanc devenu un monstre sanguinaire. Que Batman (Christian Bale) n’est pas l’ennemi mais le héros que la ville attendait. Mais qu’elle n’en a pas besoin. Qu’elle ne le mérite pas. Pas maintenant… Même en temps de paix ?

Puis en quelques secondes, on nous présente ses nouveaux visages. La sublime et très talentueuse Anne Hathaway incarne Selina Kyle / Catwoman. Féline, mordante, géniale. Tom Hardy est l’interprète du grand bad guy de cette histoire. Sombre, violent, brutal... Et intelligent. Quant à Joseph Gordon-Levitt, il est la jeune recrue pleine d’énergie et de perspicacité. Qui souhaite un avenir radieux. Au moins autant qu’au temps de l’arrivée de Batman.

Cette fresque, qui reprend le lyrisme laissé par le précédent volet, manque parfois de souffle. Elle est sans arrêt bien huilée, bien racontée, bien montée. Mais en lançant trop d’intrigues, on a parfois l’impression de ne pas s’intéresser assez à ce qu’on nous montrait déjà.

Qui est quoi ? Pourquoi ? Comment ?

 

Les choses s’apaisent, et deux scènes spectaculaires plus tard, le film plonge. En profondeur. Très loin en profondeur. Là où personne ne s’était alors caché.

Loin, loin, loin. Très profondément. Avec brutalité. Ces ténèbres envahissent le film et son personnage principal. Batman est poussé à bout. Jusqu’au bout. Dans ses derniers retranchements alors qu’il vacillait déjà. Alors que le film prenait le pas vers les doutes du héros (les simples doutes du héros, notamment vus brillamment chez Sam Raimi avec Spider-Man 2), Nolan va encore plus loin.

Profondément, profondément. Sûrement et sûrement.

Et à ce moment-là le film décolle. Il se précise. Alors que Begins et Dark Knight inventaient (ou réinventaient) dès leurs premières minutes, Rises attend le passage de sa première heure (et l’acclimatation de son spectateur aux nouveaux personnages) pour enfin inventer de nouveau.

Et c’est osé.

 

En quelques secondes, le film passe en haute tension et dans un bain de réalisme incroyable à tout prix. D’images brutales qu’on a pourtant déjà vu quelque part. Aujourd’hui ou hier. Des choses qui ont pu nous arriver. Mêlées à l’improbable. L’exagéré. Le jamais vu.

Et c’est avec cette tension inouïe, ce suspens, que naît l’effroi qui nous accompagne jusqu’au final.

Car jamais le mythe Batman n’avait semblé si réel. Et c’est peut-être en cela que Christopher Nolan réinvente son mythe.

 


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Le mythe est réel

 

Le film témoigne de notre époque. Ses influences proviennent de l’actualité.

Il cristallise les peurs d’aujourd’hui. Les transforme. Les fait muter. Les agrandit.

 

Occupy Wall Street, les 99% contre 1%, les indignés, la crise économique, la dislocation probable d’une économie, la marginalisation d’une société, la corruption présumée de certains gouvernements, et même les 33 mineurs chiliens…

 

Tout y passe.


Mais la symbolique se dissipe. Il n’y en a pas.

Il n’y en a plus !

Nous ne sommes plus dans la représentation ou dans la métaphore. Le film nous montre ce que nous connaissons déjà et avec de grandes évidences.

Nolan évite la seconde lecture de son film et l’impose comme seule lecture possible, au premier degré. La technique du film appuie cette idée. Le son, la musique, la photographie. Le casting, forcément (mention spéciale à Michael Caine).

En fait, la seconde lecture est ailleurs.


Elle est verticale, et au sens propre.

Elle joue avec les ténèbres et la lumière.

Elle aborde encore un thème d’actualité. Celui de la hiérarchisation d’une société. Celle qui invite sans cesse à la révolution. Mais laquelle ? Celle d’un Bane sous-terrain extrémiste rappelant les pires discours de Jean-Luc Mélenchon ? Ou celle, plus noble mais effacée, d’un Batman sur-volant aux abois ?

 

Une opposition génialement retranscrite lors d’une scène qui signe le basculement du film… Et son emballement forcé.

 

Ainsi, cette prise de position encre le justicier masqué toujours plus dans le réel.

Réécrire la légende. Encore une fois au sens propre. C’est sûrement le tour de force de cet opus. Consacré aux conséquences, le long-métrage nous fait croire encore un peu plus que Batman peut exister. Qu’il est du domaine du possible.

Mieux transcender la réalité pour qu’on se reconnaisse dans ce qui est filmé ? Pour sortir de la salle de cinéma et rêver à un Batman plausible ? Confondre la réalité et le rêve ? Se reconstruire sur une illusion, une fausse croyance... une légende qu'on compte aux enfants... ?

Inception est bien passé par là…

 

En nous faisant témoin direct de la chute de son héros et de sa renaissance, dans un cadre toutefois hyperbolique de notre monde, Christopher Nolan pose l’ambition de ce nouvel et dernier épisode, multipliant les libertés avec le matériel original (tant mieux ?) et les références à son propre univers pour mieux contrôler ce qu’il nous montre. Façon Le Prestige, Nolan n’oublie jamais de jouer avec nous : flash-backs des précédents, clins d’œil à certaines scènes, voir répétition d’autres.

 

Si Batman Begins était la mise en image de l’apparition d’un superhéros dans un monde proche du notre. Si The Dark Knight était l’intégration d’un superhéros réaliste dans un genre de cinéma. Alors, The Dark Knight Rises est le clou du spectacle : la transformation d’un personnage imaginaire en un mythe de la réalité.

 

Dans ce final, d’ailleurs, vous pourrez vous amuser à faire un comparatif entre la version Marvel, fun, décomplexée, et fantastique d’Avengers, et la version Nolan (remarquez comment je compare un studio commanditaire et un réalisateur), sombre, réaliste, épique, plein d’emphase. Et plus rare dans la filmographie du réalisateur britannique : pleine d’émotion.

 

Dans l’introduction de cet article, je me suis permis de vous écrire la définition exacte du mot « mythe » dans le dictionnaire. Or, le dictionnaire indique également que le mot Mythe peut être rapporté à celui de Légende.

 

Mythe > Légende :

- Représentation de faits ou de personnages souvent réels déformés ou amplifiés par l’imagination collective.

 

Et c’est alors qu’une légende pris vie sur grand écran, et ceci depuis près de 30 ans.

 

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The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. Avec Christian Bale, Anne Hathaway, Michael Caine, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard Gary Oldman et Morgan Freeman.

Le 25 juillet au cinéma.

 

Crédit photo : Warner Bros. France

 

William Mondello

 

 

A découvrir sur le blog :

 Le Voyage du Héros au Cinéma, d'après "Le Héros aux mille et uns visages" de Joseph Campbell.

Rebelle : un Pixar sur des FEMMES, fait par des FEMMES, pour des FEMMES. 

Avengers, de Joss Whedon. Un film épique et au scénario béton.

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:30

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Il y a moins d’un mois, Emma Coats, directrice artistique chez Pixar, nous a fait part sur Twitter de 22 bonnes choses à savoir pour écrire une bonne histoire.

Ces 22 conseils, qu’elle a construit en évoluant auprès des équipes créatrices de Pixar, sont pour le moins pertinents si un jour vous pensez devoir/pouvoir écrire une histoire originale : LA VOTRE.

 

Mais est-ce que le cru Pixar de cette année, Rebelle, a respecté ces 22 grands principes ?

Je peux vous affirmer que malgré quelques erreurs de première heure, sa prévisibilité, et ses gags pas toujours fins, Rebelle remplit, d’une, son contrat Pixarien, et de deux, va bien plus loin en touchant au cœur un public extrêmement ciblé et de façon inédite dans l’animation moderne : Les Femmes.

Rebelle c’est une petite histoire de FEMMES, écrite par des FEMMES, pour des FEMMES…

Et une grande leçon de cinéma.

 

Lisons donc ce nouveau long-métrage en suivant ces 22 grands principes pour écrire une bonne histoire :

 

1 – Admirez un personnage qui essaie, se bat, plutôt qu’un personnage qui réussit.

Rebelle(Brave) c’est l’histoire de la Princesse Merida, héritière du trône d’un Royaume d’Ecosse enchanté, qui pense à autre chose qu’à son devoir de future monarque.

Dans un Moyen-Age où la place de la femme est encore effacée derrière son (futur) mari, Merida préfère se dédier à l’exploration de ses terres merveilleuses avec son fidèle cheval Angus, et au maniement d’une arme alors masculine : l’arc.

Au lieu de se plier aux codes de la cour, Merida essaie de gagner sa liberté de femme mais s’oppose à sa mère Elinor… Une (autre) femme forte.

 

2 – Gardez en tête ce qui est intéressant en tant que public et pas ce qui est amusant en tant qu’auteur. Ce sont deux choses qui peuvent être vraiment différentes.

Ce qui aurait pu être intéressant avec Rebelle, aurait été de se focaliser UNIQUEMENT sur la relation mère-fille (c’est le cœur du film, fort heureusement), et c’est ce que devait être probablement le film à l’époque où Brenda Chapman, première femme réalisatrice chez Pixar, était aux commandes. Insatisfaits du résultat, Disney-Pixar a demandé à Mark Andrews de reprendre le film afin de le remanier et le rendre, sans doute, davantage ouvert à un plus large public.

Bonne ou mauvaise chose, le film en devient plus prévisible, mais un peu plus drôle, et donc plus accessible pour un public moins féminin (il ne faut pas oublier que le long-métrage s’adresse aux enfants et aux familles, et je ne serais pas étonné d’apprendre que la première mouture de Rebelle était davantage adulte et moins cartoon dans certains passages).

 

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3 – Essayer de dessiner des thèmes est important, mais vous ne verrez pas ce dont traite votre histoire afin que vous n’arriviez à sa fin. Maintenant, réécrivez.

En sortant de la salle, j’étais persuadé d’avoir à faire à un Pixar mineur. Etant un jeune homme, extrêmement touché par d’autres Pixar (dont la trilogie Toy Story, ayant grandi avec et me reconnaissant indéniablement dans le personnage d’Andy), ce Rebelle m’avait laissé, dans un premier temps, sur une légère insatisfaction. Ceci, bien que j’étais capable de lui reconnaître une certaine fraîcheur et de nombreuses bonnes idées.

C’est en discutant du film avec des femmes que je me suis rendu compte à quel point il m’avait probablement plus touché que je ne le pensais. La seconde lecture du film est en réalité tellement visée, précise sur son public, que seules quelques-unes se reconnaîtront dedans.

Et c’est pourtant toute l’audace du film : prendre le risque de laisser sur la touche tous les autres, mais de TOUCHER profondément les femmes. Toutes ces mères et ces filles qui s’identifieront instantanément dans cette histoire de libération… La libération de la FEMME dans tous ses états.

Le premier Disney-Pixar personnel ?

 

4 – Il était une fois, il y avait ___. Chaque jour, ___. Et puis un jour, ___. A cause de ça, ___. En conséquence de ça, ___. Jusqu’à ce que ___.

Nous avions abordé le fait qu’un récit sous la forme d’un mythe ou d’un conte avait la possibilité, le potentiel, de toucher une cible extrêmement large car parlant d’une façon universelle.

Les Pixar jusqu’ici ne s’étaient aventurés que rarement dans le conte, Rebelle le prend de plein pied, si bien qu’on se demande si parfois nous n’avons pas à faire à un Disney pure souche.

Quoiqu’il en soit, ce précepte est suivi à la lettre dans Rebelle, rendant cette histoire d’une efficacité redoutable.

« Il était une fois, une Princesse qui ne souhaitait pas l’être. Chaque jour, elle sortait du château pour s’adonner à la découverte de son Royaume et s’entrainer au maniement fort masculin des armes. Et puis un jour, sa mère la força à se marier, ce qu’elle refusa. A cause de ça, elle fuyait le château, fâchée contre sa mère. En conséquence de ça, Merida rencontra une sorcière qui lui promit un enchantement empêchant ce mariage maudit. Tout allait bien pour Merida jusqu’à ce que sa propre mère finisse par tomber malade… »

 

5 – Simplifiez. Concentrez. Combinez les personnages. Evitez les détours. Vous aurez l’impression de perdre des bons ajouts, mais ça vous libèrera.

Plusieurs choses sont montrées dans Rebelle. Il y a de nombreux personnages.

On aurait pu penser à un grand film d’aventure et d’exploration, mais que nenni. Et c’est la grande surprise du film. Parfois le long-métrage ressemble surtout à un film intimiste familial, axé sur la relation mère-fille qui est l’importance de cette histoire.

Les espaces utilisés sont souvent les mêmes (le château, ses environs, la forêt, le bosquet, la maison de la sorcière) et les rares détours sont à chaque fois concentrés.

L’essentiel de cette histoire se passe entre Merida et Elinor.

 

6 – A quoi vos personnages sont bons ? Avec quoi sont-ils à l’aise ? Lancez-le dans le total opposé de ces choses. Challengez- les. Comment s’en sortent-ils ?

Merida est bonne au maniement de l’arc.

Elinor est bonne aux courtoisies de la cour.

La « nouvelle » rencontre de ces deux personnages permet de les opposer frontalement et de s’inviter continuellement à se dépasser en apprenant l’une de l’autre. C’est la force du film.

Pas de road movie cependant puisque les personnages sont amenés à très vite collaborer dans un endroit précis (symbolique d’un personnage) et c’est là toute la tension du film (l’autre endroit symbolique est utilisé dans le climax).

D’ailleurs, nous pouvons remarquer l’importance donnée aux décors dans ce film : la forêt représente l’aventure, soit le monde de Merida. Et la cour, le château et ses codes de bonnes conduites représente le personnage de la mère, Elinor.

Leur point de rencontre à toutes les deux est ce bosquet illuminé au milieu de ces deux espaces, rappelant Stonehedge. Endroit d’une importance capitale dans le film… Tiens donc, comme par hasard !

 

7 – Trouvez votre fin (3e acte) avant de trouver votre milieu (2e acte). Vraiment. Les fins sont dures à trouver, alors partez au front avec elles.

La fin est prévisible dès l’arrivée de l’élément perturbateur.

Pourtant, le 2e acte est suffisamment riche en péripéties pour nous distraire et assez humainement approfondi pour nous faire comprendre autre chose de cette histoire.

 

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8 – Finissez votre histoire, laissez faire, faites-le même si elle n’est pas parfaite. Dans un monde idéal, vous avez les deux, mais tant pis. Foncez. Vous ferez mieux la prochaine fois.

C’est peut-être le problème de Rebelle : d’avoir été trop vite dans l’histoire qu’il devait raconter (Chapman) et de ne pas prendre suffisamment en considération le public à qui il s’adressait lors de ses nombreuses réécritures.

La « grande » histoire du film met alors du temps à démarrer et toute la première heure semble assez longue pour le public, notamment le moins concerné par ce récit.

 

9 – Lorsque vous êtes en panne d’inspiration, dressez une liste de ce qu’il ne devrait PAS arriver. De nombreuses fois, ce qui vous débloquera de cette situation arrivera de lui-même.

C’est ce qui créé la surprise. Et malgré le classicisme absolu de cette histoire, les péripéties du deuxième acte sont suffisamment inattendues pour créer ce « suspens », ce « contre la montre » continue qui nous fait comprendre que la menace persiste et que le temps passe.

 

10 – Désassemblez les histoires que vous aimez. Ce que vous aimez est une part de vous-même.  Reconnaissez-le avant de l’utiliser.

Rebelle a le mérite de parler à un certain public.

Maintenant que j’espère vous avoir convaincu d’aller voir ce film, posez-vous cette question :  En quoi ce film m’a/peut me toucher ?

Pourquoi ?

Il n’y a pas meilleur film que celui qui parle directement à votre cœur.

 

11- Le fait de la mettre sur papier vous permettra de la réparer. Si une bonne idée reste dans votre tête, elle ne sera jamais partagée.

Peut-être que le renvoi de Chapman sur le projet ne nous a pas permis de profiter de certaines de ses idées.

Pour le meilleur ou pour le pire ?

 

12 – Débarrassez-vous de la première chose que vous vient à l’esprit. Puis la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième. Débarrassez-vous de l’évidence. Surprenez-vous.

Le classicisme n’empêche pas les surprises.

La prévisibilité n’empêche pas l’intelligence.

 

13 – Donnez votre opinion sur les personnages. Un personnage passif/malléable peut paraître sympathique à vos yeux quand vous l’écrivez, mais c’est un véritable poison pour le public.

Le personnage du père, Fergus, est de très loin le moins intéressant, mais reste aussi le plus drôle.

Il permet de créer le divertissement, le spectacle, mais il n’est jamais le cœur du film.

Et tant mieux.

 

14 – Pourquoi devez-vous impérativement raconter cette histoire ? Quelle est la partie de vous qui brule pour cette histoire ? C’est le cœur de la chose.

Quel est le cœur de ce film ?

La relation mère-fille.

Et malgré ce décor enchanteresque, je suis prêt à parier que cette histoire représente une part importante de la vie de Brenda Chapman.

Il n’y a pas plus sincère que votre propre histoire.

 

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15 – Si vous étiez votre personnage, dans cette situation, comment vous ressentiriez-vous ? L’honnêteté permet la crédibilité aux situations les plus incroyables.

Ce conseil peut être retourné sous forme d’une autre question : Comment faire pour que les choses semblent réelles ?

Dans les univers irréels, merveilleux, fantastiques, il est IMPERATIF que les personnages soient humains ou au moins proche de nous dans leur comportement. Cela favorise l’identification et donc par extension, la crédibilité.

C’est sûrement là où beaucoup de films d’exploration de mondes merveilleux échouent : lorsque les personnages ont des réactions incohérentes et… inhumaines.

Le contre-exemple d’aujourd’hui ? Star Wars Episode I, la Menace Fantôme.

 

Lors de l’arrivée de l’élément perturbateur fantastique, Rebelle a suffisamment installé ses personnages et leurs réactions crédibles face à des situations que l’on a tous connu, pour s’assurer que l’identification entre le personnage de Merida et les petites filles dans la salle a été fait. Du coup : ON Y CROIT.

 

Si le lien entre le personnage et le public est établi, le réalisateur peut nous faire croire n’importe quoi, à condition que cela reste visuellement vraisemblable.

 

16 – Quel sont les dangers, les risques ? Donnez-nous une raison de s’accrocher, s’attacher aux personnages. Qu’arriverait-il s’ils ne réussiraient pas ?  Mettez-les à l’épreuve.

La tension est sans cesse relancée.

Toujours, lors du 2e acte, il nous est rappelé ce qu’il adviendrait à cette famille si Merida et sa mère échouaient.

Ces rappels de la menace permettent de créer un suspens, un danger, de confronter les personnages à leurs pires peurs (qu’ils ne connaissaient pas forcément avant cette aventure) et donc à les rendre à chaque plus humains.

 

17 – Aucun travail n’est vain. Si ça ne fonctionne pas, laissez tomber et passez à autre choses. Ca redeviendra utile plus tard.

C’est aussi ce qu’on appelle le pay-off.

Dans les films, c’est le moment où une chose anodine et anecdotique montrée plus tôt dans le métrage, devient la clé, la résolution à une situation fermée, de danger.

Ça marche aussi dans la vie !

 

18 – Vous devez vous connaître : la différence entre faire de votre mieux et feindre. Ecrire une histoire c’est se tester, pas peaufiner.

A ceux qui n’ont jamais écrit dans la vie : FAITES-LE.

Et sur VOUS.

 

19 – Les coïncidences pour mettre les personnages dans l’embarras est très bien ; les coïncidences pour les sortir de là, c’est de la triche.

Les accidents sont des accidents.

Les résolutions sont des actes de bravoure (d’intelligence ?).

Un film, qui plus est destiné au jeune public, ne doit jamais oublier ses vertus éducatives. Et quand il a le moyen de faire de bonnes chansons (en VO), il peut le faire !

 


20 – Exercice : Déconstruisez un film que vous détestez. Comment réarrangeriez- vous  ce film pour que vous puissiez l’aimer ?

Et vous, public masculin qui n’avez pas aimé (ou qui n’aimera pas le film). Que feriez-vous de cette histoire ?

Laissez-moi deviner : une relation père-fils ?

Allez, en bonus : une relation père-fille ?

Acceptez l’inédit.

 

21 – Vous devez identifier vos situations avec vos personnages. Vous ne pouvez pas faire les choses en disant qu’elles sont juste « cools ». Qu’est-ce qui VOUS ferait réagir de la sorte ?

Et c’est à mon avis pourquoi Pixar fait de meilleures histoires que la concurrence. Ils pensent leurs histoires autour d’émotions et non autour de scènes drôles.

Ajoutez à cela les reprises continues de leurs histoires par la voie de la réécriture, leurs boites à idées, leur travail d’équipe et leurs méthodes de management, et le tour est joué !

Certains penseront que la sincérité des histoires est alors à remettre en cause, mais hey, n’avez-vous jamais apprécié une discussion à plusieurs où chacun parle avec son cœur ?

Une bonne histoire, c’est aussi un bon plat préparé à plusieurs bonnes volontés.

 

22 – Quelle est l’essence de votre histoire ? Dites-le vous le plus succinctement possible. Si vous savez ça, vous pouvez en faire quelque chose.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire, chers amis !

 

Quant à ce nouveau grand personnage féminin qu’on croirait dessinée à la main, c’est aussi une exceptionnelle princesse « forte ». Et elle est à découvrir sur grand écran le 1er août.

 

 

 


Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman.

Avec les voix originales de  Kelly MacDonald, Emma Thompson, Billy Connolly et Julie Walters.

Et les voix françaises de Bérénice Bejo, Nathalie Homs, Jacques Frantz et la participation de Michel Hazanavicius.

En salles le 1er août.

 

Crédit photo : The Walt Disney Company France

 

William Mondello

 

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:46

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En ce jour de fête nationale américaine, on vous débriefe sur Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires, qu'on a pu voir en avant-première !

Une série B (voir Z) horrifique comme on les aime (ou pas). Où l’on découvre, dans ce nouveau film de Timur Bekmambetov, que le président américain était aussi un impitoyable chasseur de vampires.

Dommage que le spectateur reste sur sa faim !

 

 

La face cachée d’Abraham Lincoln

 

Vous pensiez tout connaître de l’histoire des Etats-Unis et de ses grands hommes ? Prenez Abraham Lincoln (1809-1865) : ce petit avocat de province fut le premier président anti-esclavagiste du pays, et sortit vainqueur de la guerre de Sécession.

Une figure marquante dans la mémoire des citoyens américains, une sorte de père de la Nation au visage barbu rassurant… Et bien, vous ne saviez pas tout ! Car Abraham Lincoln, nous apprend le nouveau long métrage  de Timur Bekmambetov – réalisateur du très musclé Wanted avec Angelina Jolie – était surtout… un impitoyable chasseur de vampires !

L’action est tournée en 3D, et ça tombe bien : les mouvements de haches de « Abe » sont ainsi bien mis en valeur. Les têtes (de vampires) volent, les balles en argent fusent et la crème UV coule à flots dans ce nouvel opus dédié aux créatures reines du monde de la nuit et de l’effroi.

 

 

Carpenter, la référence

 

Le personnage du chasseur de vampires nous rappelle d’emblée la référence du genre : Jack Crow (James Woods) dans le « Vampires » (sorti en 1998) de John Carpenter, un réjouissant mélange de western à la sauce à l’ail. Un chef d’œuvre du genre, à des années lumières du pâle Abraham Lincoln de 2012.

 

 

 

Les meilleurs films de vampires sont référencés ici. 

 

 

Scénario à la hache

 

Malheureusement, Timur Bekmambetov semble plus à l’aise dans les films d’agents secrets survoltés armés de Kalachnikovs. 

Son scénario ?

Taillé à la hache.

C’est du brutal ! Les décapitations s’enchainent, entre deux flash-backs à la limite du ridicule. Car Abe a la vengeance dans la peau (si, si !) depuis sa tendre enfance. Il a vu sa mère se faire empoisonner par un vampire, et a alors trouvé sa vocation de tueur.

L’action tire en longueur, on s’ennuie parfois. Les messages politiques du film sèment aussi la confusion. Abraham l’ami des esclaves et de la liberté affronte les sudistes esclavagistes aidés par les affreux suceurs de sang.

 

A vouloir mélanger les genres, le réalisateur perd en énergie, et endort son spectateur.  On retiendra seulement une époustouflante scène où Abe affronte un vampire en sautant sur des chevaux lancés au galop. Une étincelle dans un film bien mor…ne.

 

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Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires de Timu Bekmambetov. Avec Benjamin Walker, Dominic Cooper et l'excellente Mary Elizabeth Winstead.

Dans les salles françaises le 8 août.

 

Crédit photo : Twentieth Century Fox

 

Vicducaire

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:47

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« Big things have small beginnings » scande le personnage de David, interprété par la star montante Michael Fassbender.

Et c’est se demander si une telle réplique ne résumerait pas à elle seule ce projet dantesque qui est LE retour à la science-fiction pour Sir Ridley Scott (Blade Runner, Thelma & Louise, Gladiator, Kingdom of Heaven) et le premier script de renom pour Damon Lindelof (Lost) qui officie quasiment seul pour la première fois sur un film (avec l’aide de Jon Spaihts qui en avait écrit le premier traitement).

 

Car Prometheus, film ultra attendu, était d’abord connu sous le nom de Paradise, soit un prequel (par définition, pas si ambitieux) de la saga Alien en deux parties. Saga débutée par Scott lui-même en 1979, Alien dépassait le simple film de monstre en transposant son histoire au fin fond de la galaxie avec l’aide d’un équipage beuglant des phrases cultes.

Trois suites et deux cross-over (pourris, au demeurant) plus tard, le prequel du film de Sir Ridley Scott, était une rumeur qui envahissait d’année en année les forums de fans du film original.

 

Jon Spaihts en écrivit alors un traitement, qui à l’arrivée du showrunner de Lost, Damon Lindelof, chargé d'idées, devint un tout nouveau film, explorant le même univers qu’Alien, mais dont l’histoire était suffisamment indépendante pour qu’elle tienne d’elle-même (vous le verrez, elle est pleine de thème Lostiens !).

Pourtant tout au long de la production, les choses restaient ambigües. Scott parlait d’un film contenant « l’ADN Alien » tandis que Lindelof assurait sur Twitter qu’il avait écrit une œuvre originale.

 

Alors, simple préquel d’Alien ? Un spin-off ? Ou quelque chose de complètement nouveau, chose de plus en plus rare à Hollywood de nos jours ?

Et que raconte Prometheus concrètement ? Le film ? Qu’est-il ?

Le long-métrage de Sir Ridley Scott est au-dessus de cela et n’est que le fer de lance d’une toute nouvelle saga de science-fiction cinématographique, qui compte aller là où nul homme n’est allé.

 

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La destruction sème la création : Oubliez Alien !

 

Lancé dans la folie d’Avatar (deux fois milliardaire), le film était de plus un challenge technique pour Ridley Scott.

Visuellement époustouflant, et ce dès les premières minutes, il brille d’autant plus grâce à sa 3D dont l’utilité se justifie à chaque image.

Oui, vous avez bien lu. Le relief est impeccable et on se demande comment on s’en passerait.

Comme quoi entre de bonnes mains, ce gadget fait des étincelles.

 

Mais venons-en aux faits. Dès le début du film nous le comprenons, et c’est la première chose que je souhaite affirmer :
Prometheus N’EST PAS un prequel d’Alien.

C’est un tout nouveau film qui se tient grâce à son histoire archi-complète.

Dans un premier acte proche de la contemplation science-fictionnelle, le film pose ses personnages, nous les présente, les laisse vivre en se calant sur le rythme du premier Alien et en multipliant les références. Mais très vite le petit oiseau sort de son nid pour voler seul car il souhaite raconter autre chose. Il déconstruit même l'original... Si toutefois nous pouvons souligner un lien si évident ici.

 

Cette première heure permet de mettre tous ces personnages en émoi. Noomi Rapace nous touche de sa naïveté et Michael Fassbender nous livre sa facette robotiquement humaine.

Quant aux autres, comme la superbe Charlize Theron dans un rôle très froid qui s’explique trop tard, ils sont très mécaniques voir accessoires. Plongés dans une histoire trop forte ? Inondés par un univers trop dense ?

Cette densité est surtout palpable aux moments où le film nous pose directement des questions en jouant sur les détails d’une réplique ici, d’un panneau là.

 

Le parallèle est fait constamment entre la compagnie et ces dieux qui ne se montrent pas. La comparaison entre la volonté d’un dieu en devenir, endormi, et la volonté occulte d’un dieu, ancien, prêt à être réveillé. Ou encore, la comparaison entre ce jingle commercial de Weyland et ce son-appel, reproduit par David pour démarrer le vaisseau étranger (5 notes pour chacun).

Une dualité qui se révèle un peu tard, nous empêchant d’être sûr qu’il s’agit là de l’intrigue que nous devions suivre. Pourtant c’est à ce moment que toutes les questions posées par le film se posent enfin (oui, c’est un jeu de mot volontaire). C’est à ce moment précis où l’on voit Prometheus enfin retomber sur ses pattes (c’est un jeu de mot aussi). La direction est montrée, pointée du doigt et explose littéralement à la face du spectateur.

Cette baffe est celle d’une réponse décevante donnée à une question trop présomptueuse de l’homme trop sûr de lui.

 

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Elizabeth et David sont dans un vaisseau

 

Idem pour le cheminement du personnage de Noomi Rapace, Elizabeth Shaw, souvent assimilé à celui de l’androïde David (Fassbender).

Les deux personnages suivent des trajectoires souvent proches l’une de l’autre, qui s’entrechoquent parfois pour mieux se comprendre ensuite. La vocation de David a bord restant volontairement floue avant le climax, Scott choisit alors de jouer à fond sur son apprentissage de l’humanité. Et quoi de plus humain qu’une croyante perdue au beau milieu de cette forêt hantée où elle pensait trouver la réponse divine dont elle a toujours rêvé ?

Deux personnages qui affrontent à leur tour le monstre (terrifiant), véritable figure archétypale, et qui accomplissent alors chacun un voyage du héros campbellien. Ils passent alors au delà de leurs propres peurs (ou au delà de l’apprentissage pour David) et révèlent un nouveau niveau de lecture pour le film : Et si Prometheus n’était tout simplement pas une histoire d’amour ?

L’amour maternel. L’amour reproducteur. L’amour de notre création et de ce que nous souhaitons en faire. L’amour d’un père voué à disparaître. L’amour de Dieu. L’amour du pouvoir. L’amour de la vie.
Et l’amour tout court.

 

Avez-vous déjà été amoureux d’une personne et être incapable d’expliquer pourquoi vous aviez ces sentiments ? Avez-vous déjà été amoureux d’une personne et être incapable d’expliquer les réactions de votre propre corps ? Vos propres émotions ?

Ceci est la parabole du film, dont le coup de projecteur est fait dans le troisième acte via les questions passionnées de Shaw, la croyante.

 

Et si je vous disais que la personne que vous aimez ne vous aime plus… Et si je vous disais que la personne que vous aimez souhaite vous détruire… Et si je vous disais que la personne que vous aimez a prévu de vous remplacer par quelque chose d’autre…

 

Avez-vous déjà eu ces ressentiments ?

 

C’est ça le sujet du film.

Ce n’est pas à propos d’un monstre qui attaque un équipage coupé du monde. Ce n’est pas à propos d’une femme qui se bat. C’est plus que ça. Ou si vous préférez, autre chose.

 

Prometheus parle de la frustration de ne pas être apte à comprendre d’horribles choses et d'en refuser la vérité par crise de foi.

 

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Big troubles

 

Comme vous pouvez le constater, l’histoire de Prometheus n’est pas seulement forte ou dense, elle EST simplement beaucoup trop.

Jamais dans la science-fiction cinématographique , depuis 2001 L’Odyssée de l’Espace ou Star Wars (dans un autre genre), un film n’avait paru à la fois aussi beau et aussi fourni. Fourni grâce aux très nombreux thèmes qu’il aborde.

Prometheus est le mariage insoupçonnable entre le film de Kubrick et de George Lucas.

Certains me crient déjà dessus, qu’il s’agissait probablement déjà du cas d’Alien en 1979. Mais ceux là oublient que le premier film de science-fiction de Ridley Scott était à l’époque davantage un film de monstre plutôt qu’une épopée spatiale dont la problématique touche à la question du sens de la vie.

Ceci est en tout cas l’ambition du film, qui n’est malheureusement pas toujours atteinte et ce pour plusieurs raisons.

 

Un film ne fonctionne que lorsqu’il pose une problématique claire.

Une problématique, c’est la promesse d’un lien créé avec le spectateur. On l’invite à se poser une question et le film en promet la réponse, ou du moins, une partie de la réponse.

Une telle interaction est déjà un pas de géant vers la réussite artistique.

 

Mais le problème de Prometheus est peut être qu’il pose trop de problématiques à la fois.

On a parfois l’impression que le film survole ses sujets, ne s’offre jamais le temps de répondre à toutes les questions qu’il pose lui-même. Problème de montage peut être ?

 

Pourtant la rigueur de Scott permet d’en apprécier tous les avantages et de se dire aisément que la suite nous offrira de nombreux éclaircissements.

On se souvient alors de Lost, écrit par Damon Lindelof : L’important c’est le voyage et pas la destination (que l’on connaît de toute façon).

Et bien cette affirmation peut être exprimée avec Prometheus.

On peut aisément imaginer Lindelof en train de nous dire « dans la vie, il faut cesser de se poser autant de questions, et juste profiter de l’instant présent. »

C’était le point d’orgue de Lost, mais avec Prometheus, la chose est posée autrement, elle va beaucoup plus loin.

« J’accepte de vivre l’instant présent, mais mon aventure n’est pas terminée, alors je décide d’aller au-delà de cette vie, sur le Mont Olympe lui-même, et poser la question à ces dieux qui m’ont créé : Pourquoi ? »

 

J’espère que vous comprendrez à quel point j’attends la suite.

 

C’est par ces tas de bonnes choses, ces sensations inoubliables que Prometheus procure, que l’on rêve déjà de vivre ce nouveau voyage pour mieux comprendre cet univers infini. L’homme ne cesse d’être fasciné par le savoir, n’est-il pas ?

De cette ambition, nourrie, et ces références ambivalentes, les questions découlent et le film imparfait laisse une trace dans nos mémoires de pauvres humains en attente de réponses.

Bien sûr, l’œuvre aurait gagné à être plus claire et à se détacher davantage d’Alien, mais comme dirait l’autre :

Les petites émotions font de grandes sensations.

 

 

 

Prometheus de Ridley Scott. Avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron et Logan Marshall-Green.

Demain au cinéma.

 

Crédit photo : Twentieth Century Fox

 

William Mondello

       

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 22:19

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Ca y est !

Le grand soir est arrivé !

 

Donc à partir de 0h00 et ce jusqu'à 6h du matin, je vous retrouve sur Twitter pour bousiller en bonne et dûe forme cette soirée qui s'annonce monumentale.

Bousiller ? ben oui, on va se moquer un peu... Enfin... Je... Oui ?

 

Aaaaah. Oui !

Nous ne parlons pas des Césars, mais bien des Oscars.

 

Et bien toutes mes excuses alors !

 

La soirée la plus classe de l'année débute à 0h00 par un tapis rouge, et la cérémonie en elle-même sera retransmise sur Canal dès 2h00 du matin heure française, en direct du Kodak Theater de Los Angeles.

Une cérémonie présentée par Billy Crystal qui revient à l'hosting après quelques années d'absence.

 

Je vous propose de me suivre sur Twitter dès maintenant pour que nous puissions assister ensemble à ce big show à l'américaine. On va se marrer comme des tartes (nouvelle expression, à noter).

 

https://twitter.com/#!/WilliamMondello

 

Ou suivre en direct en bas de page

 

 

En attendant, je l'espère, le triomphe de The Artist, je vous propose de revoir le numéro d'ouverture de la cérémonie de 2009 qui était présentée par un Hugh Jackman musicalement génial.

 

A plus tard sur Twitter !

 

 


 

 

WM

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