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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 19:54

Le nouveau film du réalisateur de « Tron, l'Héritage » est-il le film de "l'oubli" ?

 

oblivion1.JPG

 

Oblivion : la Science-Fiction, miroir de l’âme ?

 

Initialement prévu chez Disney et écrit par William Monahan, oscarisé pour le scénario des « Infiltrés » de Martin Scorsese, « Oblivion », qui signifie « oubli », aura finalement été produit chez Universal.

Attaché au projet depuis assez longtemps, Tom Cruise, carriériste dans l’âme et rare acteur hollywoodien à être resté bankable pendant près de trois décennies, convaincu par l’efficacité du script et du talent de metteur en scène de Joseph Kosinski, a mis les bouchées doubles.

Rarement on aura vu un film aussi « nouveau » être fait aussi rapidement dans cet Hollywood habitué aux remakes, reboots, suites et spin-offs (ça arrive, ne vous en faîtes pas) à gogo.

 

Et pourquoi ?

Peut-être parce qu’à défaut d’être un excellent film, « Oblivion » est une très belle œuvre de science-fiction.

 

Un mash-up « Oblivion » ?

 

 

 

 

« J’ai vu des choses que vous ne sauriez imaginer… »

 

 

ROY BATTY

« I’ve seen things you people wouldn’t believe… »

 

 

Si dans son dernier souffle d’androïde, Rutger Hauer, le dernier réplicant à vivre, glace autant le spectateur, ce n’est pas par le bruit de ses mécanismes, mais plutôt par le discours sous jacent de son humanité acquise.

L'humanité d'un auteur visionaire qui partage sa vision ?

 

Dans le chef d’œuvre de Ridley Scott « Blade Runner », cet androïde s’attache à l’interrogation du sens de la vie, se sachant condamné. Il évoque une "mort" et non une simple "déconnexion", car il pense, rêve, croit comme un homme. A-t-il ainsi une âme ?


Pourquoi vit-il ? Quel est le sens de la création ? Pourquoi a-t-il été créé ? Quelle est sa condition d’être vivant ?

 

La science-fiction, depuis des décennies se rapporte aux grandes questions.

La condition humaine.

Le libre arbitre.

Le sens des réalités.

L’appétit de la découverte.

La définition de la création.

Le poids de l’âme.

 

Pour ce faire, le genre utilise pléthore d’inventions. Imagine ce que notre présent sera. Le pousse jusque dans ses derniers retranchements. L’explore pour l’étendre.

Jusqu’à l’infini.

 

Elle exagère nos réalités, en se servant de la technologie comme d’un moyen pour se justifier et nous faire croire à ce qu’elle nous montre.

 

Un œil nous surveille sous des aspects sécuritaires pour mieux nous contrôler, le voyage aux confins de l’univers sert à nous perdre, la conquête spatiale nous pousse à nous interroger sur le sens de la vie, une réalité est superposée sur notre définition du réel pour nous utiliser, la création d’un robot nous rend imparfait, l’information devient instantanée pour mieux nous traquer…

 

De « 1984 » de George Orwell à « Minority Report » de Steven Spielberg (qui adapte Philip K. Dick), chacun s’est entaché à donner corps à un risque, un avertissement, ou même un espoir.

 

Et si parmi toutes les possibilités évoquées dans ces milliers de livres, ces centaines et centaines de films, allant jusqu’au space opéra ou revenant vers la pure anticipation, et si la Science-Fiction servait à donner de l’espoir à l’Homme ?

 

 

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La Science Fiction sert-elle à donner de l’espoir à l’Homme ?

 

 

Dans « Oblivion », Joseph Kosinski, réalisateur talentueux de « Tron l’Héritage », et accessoirement ancien architecte, s’amuse à revisiter (plagier ?) bon nombre de ses classiques SF.

Dans ce monde qui oublie son passé, l’ironie veut que le spectateur se remémore toutes ces références, plus ou moins cachées, d’anciens classiques de SF.

On pense à « 2001, l’Odyssée de l’Espace », « Matrix », « Independence Day », « Soleil Vert » ou même certains chapitres de la « Quatrième Dimension » dont ce film ressemble fortement à un épisode version longue.

On pense aussi, un peu, aux limites que dépasse la série suédoise « Real Humans » actuellement diffusée sur Arte. C’est se demander si chaque œuvre de science-fiction ne se fait pas du pied pour se challenger à chaque fois davantage.

 

De twist en twist, Kosinski pose sa caméra pour créer une véritable imagerie ; des plans qui restent en tête.

Un objectif qu’il fait danser de symétrie à plan épuré dans les séquences plus dynamiques.

Avec la musique de M83, mélancolique, il créé un ton. Une ambiance.

Son casting habite alors chaque plan et rattrape les défauts d’une réalisation parfois belle mais creuse. Andrea Riseborough émeut. Olga Kurylenko attendrit.

Et les voix équivoques de Morgan Freeman et Melissa Leo, en parfaite opposition (le jeu des symétries, cher à Kosinski), habille l’univers du film.

 

La direction artistique est soignée jusqu’au moindre détail.

De l’écran titre qui laisse apparaître le scintillement d’une bague, au choix d’un décor vierge, grandiose de beauté. La générosité en idées passe aussi par tout cet ensemble.

Une direction artistique peaufinée pour exister. A l’instar de ce personnage principal incarné par un Tom Cruise à chaque fois plus impeccable.

 

Un homme au destin tracé dans l’oubli. Mais que le conflit intérieur entre déterminisme et libre arbitre va libérer.

 

Le libre arbitre, c’est le choix. La liberté. En l’occurrence, la liberté de se souvenir. La liberté d’aimer. La liberté de partager. Partager une âme avec celle qu’on aime. Une émotion qui, elle, ne s’oublie pas.

 

« Oblivion » appelle donc aux grandes questions quand il ne s’évertue par à nous étonner dans son storytelling réussi mais aux actions pas toujours bien amenées.

 

Ce film original (ou presque), dans la pure tradition de SF, se référence aux questions des premiers philosophes. S’interroge sur la condition humaine. Sur qu’est ce que la création. Qu’est ce que la destruction.

Mais aussi, et c’est sans doute l’une des plus belles nouveautés glissées par le film, que retiens notre âme d’un amour partagé.

 

 

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Le souvenir d’un amour perdu, miroir de l’âme

 

 

La science-fiction appelle à l’interrogation. Le genre nous pousse à revisiter nous même nos différentes croyances et tout ce que nous avions pensé auparavant.

 

La SF est une porte ouverte vers un autre monde pas si lointain du notre en nous rapportant aux questions que l’Humanité se pose encore.

 

Et si demain je construisais un robot, pourrais-je le considérer en tant qu’être vivant ? Pourrait-il être mon enfant ?

  

Et si demain, j’étais réveillé après 60 ans de sommeil. Comment pourrais-je revoir mes proches ?

 

Et si demain, j’apprenais que je ne suis que l’esclave de l’entité qui m’a créé ?

 

« Oblivion » c’est un peu tout ça à la fois.

Beaucoup de références, pas toujours digérées. Beaucoup d’idées, pas toujours bien amenées. Beaucoup de décollages, pas toujours bien négociés.

Mais quel régal…  Visuel. Sonore. Un film épique et spectaculaire, plutôt bien dosé.

 

Et quel régal, aussi, de sortir d’une salle de cinéma, et s’éprendre à s’interroger de nouveau. De s’aventurer à passer toutes ces nouvelles portes qui viennent d’être ouvertes.

 

Car de la bonne SF, c’est celle qui pousse à regarder au delà du miroir.

Au-delà du miroir de l’âme.

 

 

 

« Oblivion » de Joseph Kosinski.

Avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Morgan Freeman, Andrea Riseborough et Nikolaj -LANNISTER!- Coster-Waldau.

Musique de M83.

Actuellement au cinéma.

 

William Mondello

 

Crédit : Universal Pictures

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