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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 15:14

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Le Voyage du Héros au Cinéma

d'après "Le héros aux mille et un visages" de Joseph Campbell

 

 

Il y a des films qui ne font pas l’unanimité.

 


Je me disais ça l’autre jour en sortant d’une salle de cinéma bondée. Un film qui avait fortement déplu. A moi aussi, je dois dire. 

J’écoutais les commentaires des autres spectateurs déçus. Je rejoignais souvent leurs avis respectifs.

Mais il y aussi des films qui enflamment le cœur du public dans sa totalité. C’est rare, mais ça arrive.

Parce qu’ils sont universels. Parce qu’ils sont objectivement (techniquement ?) réussis. Parce qu’ils nous touchent profondément.

 

Alors je me suis posé cette question. Je l’adresse aujourd’hui à vous :

Qu’est ce que vous reprochez aux films en général ?

 

- N’est pas assez bon (« ce film est une vraie bouse »)

- Ce n’est pas crédible (« c’est totalement incohérent, n’importe quoi »)

- C’est stupide (« les scénaristes sont pire que des fonctionnaires »)

- C’est incompréhensible (« encore un film de bobos »)

- Manque de proximité (« ça ne me parle pas »)

- C’est classique (« C’est toujours le même scénario »)

 

« C’est toujours le même scénario »

 

Celle ci revient très très souvent...

Quels films alors ?

Avatar, Star Wars, Pirates des Caraïbes, Spiderman, Harry Potter, plus récemment John Carter

Et bien d’autres…

 

Les longs-métrages que j’ai cité ont connu un certain succès public (et parfois critique). Donc, ok, ces films ont une histoire prévisible, qu’on peut presque soi-même inventer. Certes…

Mais savez-vous pourquoi est-il si simple d’inventer une pareille histoire ?

Savez-vous quelles sont les étapes EXACTES de cette histoire ?

Savez-vous que cette structure a un nom ?

Savez-vous que c’est une recette qu’on utilise depuis la nuit des temps ?

Savez-vous que ces étapes sont permanentes, universelles et peuvent presque s’appliquer à nos propres vies ?

 

 

Le Voyage du Héros au Cinéma

D’après « Le héros aux mille et un visages » de Joseph Campbell (1949)

 

 

1ère partie : L’essai de Campbell

- Comment Campbell en est arrivé à se poser cette question ?

- L’essai sorti en 1949

- Les 12 étapes

- Les 5 étapes simplifiées

2e partie : Le Héros au Cinéma

- 1977

- La recette toujours utilisée

- Version simplifiée

3e partie : Pourquoi ça marche ?

- L’universalité et la proximité

- Version simplifiée, donnée aux enfants

 

 

1ère PARTIE :

L’ESSAI DE CAMPBELL - Le Héros aux Mille et un Visages

 

- Qui est Joseph Campbell ?


Joseph Campbell est :

- Professeur

- Anthropologue

- Mythologue

- Ecrivain

- Orateur

- Américain

- Jeune

- Beau

- Mort.

 

Joseph_Campbell.jpgPour la jouer plus sérieux (quoique…) :

Joseph Campbell, né à New York en 1904 et mort en 1987, est un professeur, écrivain, orateur, anthropologue et mythologue de renom.

 

Le petit Joseph est un génie.

Un génie qui doit probablement son talent à sa curiosité.

 

Un jour de son enfance, un vieil homme – qui n’est autre que son père- lui proposa de l’emmener au muséum d’histoire naturelle américain.

Le petit Joseph –qui n’était pas charpentier-, préférant jouer au tournoi des Jeux Olympiques pour enfants avec ses petits amis new-yorkais, refusa (il devenu athlète bien plus tard) .

Il avait bien d’autres choses à faire comme par exemple impressionner la petite Jean Erdman (qui n’était pas née au moment des faits, mais il me la faut pour mon histoire) avec ses performances d’athlète, afin de pouvoir lui soutirer quelques bonbons (et pas que).

 

Mais patatra, la petite Jean Erdman déménagea.

Le petit Joseph Campbell se retrouva seul, sans amis et n’avait plus que ses yeux d’enfant pour pleurer.

 

Alors son père revint à la charge. Il était persuadé du potentiel de son fils (cet article n’est pas une publicité pour Acadomia). Que l’ouvrir à la culture, à l’Histoire avec un grand H, à ces mondes extraordinaires montrés dans le muséum d’histoire naturelle américain allait le faire accéder aux strates de la connaissance, ou du moins lui montrer le chemin à emprunter pour y accéder.

 

Il le prit par la main et le traina jusqu’au muséum d’histoire naturelle.

Le petit Joseph n’avait plus qu’à accepter. De toute façon, qu’avait-il d’autre ?

 

De couloir en couloir, d’exposition en exposition, la curiosité du petit Joseph ne cessait de croître. Son imagination était alors en ébullition.

 

Bien plus tard, le petit Joseph, devenu grand, s'était forgé une passion pour les mythes, légendes et contes. Cette visite au muséum enfant, l’avait façonné. L’avait ouvert à davantage.

 

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Au fil de ses études, gagnant à chaque fois un nouveau diplôme en mathématique, en littérature médiévale, anglaise, ou en sciences humaines, il découvrit que parmi toutes ces histoires qu’il aimait tant, il y avait des traits communs.

Des personnages semblables, des situations déjà vues, des scènes similaires mais surtout, des messages ou morales à chaque fois plus pertinentes.

 

Mais c’est son étude approfondie de Carl Jung, éminent psychiatre suisse, qui lui permit de dresser ses premières conclusions.

Carl Jung, qui n’est autre que « l’inventeur » de l’archétype dans le récit.

 

L’archétype ? Qu’est ce qu’un archétype ?

 

Prenons la définition du dictionnaire :

 

Archétype : n.m. (gr arkhetupon, modèle primitif)

1 - Modèles sur lequel sont construits un ouvrage, une œuvre.

2 - PHILOS. a. Idée, forme du monde intelligible sur laquelle sont construits les objets du monde sensible chez Platon. b. Idée qui sert de modèle à une autre po… pfff f »X3’(§’8. ;nfo « f!!@@ ON S’EN FOUT !

 

3 - PSYCHAN. Chez Jung et ses disciples, structure de l’inconscient collectif qui apparaît dans les productions culturelles d’un peuple, dans l’imaginaire d’un sujet.

 

 

Et qu’est ce que l’inconscient collectif ?

 

Inconscient collectif : inconscient identique chez tous les individus et fait de la stratification des expériences millénaires de l’humanité.

 

Donc en gros, un archétype est une figure –en l’occurrence un personnage- générique, que tout le monde va reconnaître car il est issu d’un univers familier. Les valeurs de ce personnage sont proches des nôtres, les décisions de ce personnage nous sont compréhensibles, etc. Ceci en tout cas dans sa version positive.

 

Joseph Campbell, du haut de son intelligence et esprit de synthèse stratosphérique, fait vite le lien.

Le mythe (en l’occurrence) fait appel aux archétypes ou du moins forme ce qu’il raconte sur des archétypes afin de toucher le plus grand nombre et se promettre à une certaine universalité.

Le message n’en est que mieux passé !

 

Détenant alors la sagesse et la connaissance, Campbell s’élance dans le partage de son savoir pour le bien de l’humanité.

 

 

- Le Héros aux Mille et un Visages (1949)

 

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Son essai paraît aux Etats-Unis en 1949. Savamment intitulé « Le Héros aux Milles et Un Visages », l’ouvrage expose la théorie de Campbell dite du monomythe.

Le mythe serait constitué de figures archétypales puisées dans l’inconscient collectif (ou servant l’inconscient collectif).

Tous les héros seraient donc appelés à l’aventure, une aventure loin du monde dans lequel ils vivent. Ils passeraient tous un premier obstacle, un « seuil », avec l’aide d’un sage, un guide ou un mentor pour atteindre un monde différent du leur qui est généralement représenté par une forêt, un désert, une grotte ou même une île mystérieuse. Ils reviendraient de ce voyage initiatique avec un savoir, un élixir apportant quelque chose de nouveau à leur monde.

 

Ce schéma s’imbrique dans la structure classique d’une intrigue :

Acte I : Introduction, exposition.

Acte II : Nœud de l’histoire (élément perturbateur et péripéties).

Acte III : Dénouement, résolution (climax).


« Le Héros aux mille et un visages » a été traduit en plus de vingt langues et s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde entier. Il est toujours l’objet de rééditions.

 

Au jour d’aujourd’hui on ne compte plus le nombre d'auteurs qui se réclament être influencés par cette théorie qui s’applique à tous les genres.

Même si les étapes décrites par le monomythe campbellien ne sont pas toutes respectées à la lettre, on retrouve régulièrement, ici et là, des similitudes ou des emprunts directs à cette structure (« l’appel à l’aventure » est l’étape la plus reprise).

 

D’ailleurs, je ne veux pas me vanter, mais aviez-vous remarqué que j’ai usé (et abusé) de cette formule pour vous conter l’histoire de Joseph Campbell il y a quelques instants ?

La preuve, peut-être, qu’elle se retrouve partout et qu’elle est belle et bien intégrée à l’inconscient collectif.

 


- Les 12 étapes du Voyage du Héros

 

 

 

Appuyez sur PLAY et continuez la lecture

 


Vous les attendiez tous : voici les 12 étapes du Voyage du Héros (selon Wikipédia) :

 

1 - Le héros dans un monde ordinaire :il s'agit d'une introduction qui fera mieux ressortir le caractère exceptionnel des aventures qui suivront.


2 - L'appel à l'aventure qui se présente comme un problème ou un défi à relever.


3 - La réticence du héros, car il a peur de l'inconnu.


4 - L'encouragement d'un mentor, ou un vieux sage. Quelquefois, le mentor donnera une arme magique, mais il n'accompagnera pas le héros car lui seul doit affronter les épreuves.


5 - Le héros passe le seuil de l'aventure : il entre dans un monde extraordinaire, et ne peut plus faire demi-tour.


6 - Le héros subit des épreuves : il rencontre des alliés et des ennemis.


7 - Le héros atteinte l'endroit le plus dangereux (le climax ?), souvent en profondeur (en lui-même ?), où l'objet de sa quête est caché.


8 - Le héros subit l'épreuve suprême : il affronte la mort (ou bien la Mort).


9 - Le héros s'empare de l'objet de sa quête : l'élixir.


10 - Le chemin du retour, où parfois il s'agit d'échapper à la vengeance de ceux à qui l'objet a été volé.


11 - Lé héros revient du monde extraordinaire où il s'était aventuré, transformé par l'expérience.


12 - Le retour dans le monde ordinaire et l'utilisation de l'objet de la quête pour améliorer le monde, donnant ainsi un sens à cette aventure.

 

Ca devient un peu chiant là, non ?

 

Très bien !

Sachez donc, pour les plus impatients, qu’une version simplifiée existe !

 

- Les 5 étapes du Voyage du Héros (version simplifiée et universelle)

 

1) L'appel à l'aventure, que le héros accepte ou refuse dans un premier temps

2 - Une série d'épreuve

3 - L'atteinte d'un objectif, qui donne au héros un savoir important

4 - Le retour dans le monde ordinaire

5 - L'utilisation du savoir acquis pour améliorer le monde.

 

Voici un humble exemple :


Appel-a-l-aventure.jpg

 

 

 

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Retour-Monde-ordinaire.jpg

 

Ameliorer-le-monde.jpg

 

 

Maintenant que c’est plus clair, êtes-vous prêt à voyager dans le temps ?

(oui ceci est un appel à l’aventure)

 

 

Je prends ça pour un OUI !

 

 

2ème PARTIE :

LE HEROS AU CINEMA


- 1977

 

Le 25 mai 1977.

Hollywood Boulevard, Los Angeles.

 

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La file d’attente du Grauman’s Chinese Theatre déborde sur le Walk of Fame.

Personne ne l’avait vu venir et pourtant, le film projeté dès ce jour dans la célèbre salle va changer à tout jamais l’Histoire du Cinéma.

Aujourd’hui source d’influence assumée, Star Wars d’un certain George Lucas, est l’aube d’un genre nouveau de films. Jamais pareille fantaisie, pareil voyage fantastique n’aura été aussi réel pour le public du monde entier.

 

chinesetheatre.jpg


Jamais la science-fiction n’aura été aussi crédible, jamais un tel monde extraordinaire n’aura été aussi immersif.

 

Et pourtant… Au-delà des effets spéciaux révolutionnaires pour l’époque, au-delà de ce casting excellent ou des idées foisonnantes de Lucas, Star Wars n’est n’y plus ni moins que le meilleur ambassadeur de Joseph Campbell.

L’intrigue même de Star Wars, qui je l’espère, vous connaissez, est la représentation parfaite du monomythe de Campbell.

La recette aura été si parfaite que la structure campbellienne du voyage du héros sera 100 fois plus reprise à la suite de la sortie du film - phénomène.

 

Star Wars c’est quand même :

- Le plus grand succès de l’année 1977

- Un film intergénérationnel

- Qui change la face du Cinéma

- Lance les produits dérivés

- $775,398,007 WorldWide (à ce jour)

- 6 films

- 35 ans plus tard, toujours une machine à cash

- 35 ans plus tard, des millions (milliards ?) de fans à travers le monde

 

empire.pngGeorge Lucas a toujours assumé avoir constitué son « approche de la narration » grâce aux ouvrages de Joseph Campbell.

Et c’est totalement évident pour Star Wars.

La "Force" est d'ailleurs présentée comme une valeur, une philosophie à apprendre (confirmée dans les deux films qui suivront).

Chaque personnage suit sa propre trajectoire, évidemment. Nous prendrons donc ici le point de vue de Luke Skywalker, futur chevalier Jedi et héros voyageur le plus évident du film (et finalement de la saga si nous devons étaler son voyage sur les trois films où il apparaît).

 

Voici les 12 étapes suivies par ce cher bouseux :

 

1 - Le monde ordinaire : Luke Skywalker est un jeune fermer vivant sur la planète Tatooïne avec son oncle et sa tante. Il rêve de partir jouer au pilote avec ses amis, mais sa famille l’en empêche par peur qu’il finisse par trop ressembler à son père, mort au combat lorsqu’il était jeune. Luke a été conditionné toute sa vie et n’a jamais vécu ailleurs que dans les déserts de la planète aux deux soleils.

 

2 - L’appel à l’aventure : Deux droïdes, nommés R2D2 et C3PO, sont achetés par son oncle. Les deux droïdes disent appartenir à l’Alliance Rebelle qui combat l’austérité de l’infâme Empire Galactique détenu par des seigneurs noirs. R2D2 cache un message caché d’une mystérieuse princesse qui réclame l’aide d’un certain Obi-Wan Kenobi. R2D2 s’échappe de la ferme de Luke pour retrouver Obi-Wan Kenobi. Obi-Wan Kenobi est retrouvé et se dit beaucoup trop vieux pour partir à l’aventure (secourir la princesse) : Il propose à Luke.

 

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3 - Le refus : Luke refuse. Il ne peut pas. Il a peur. Il prétexte qu’il doit encore être là pour la prochaine moisson. Il rentre chez lui et apprend la mort de son oncle et sa tante, tué par l’Empire dévastateur, qui cherche les droïdes.

 

4 - Les encouragements du mentor : Obi-Wan encadre Luke qui a donc pris sa décision, il partira à l’aventure. Mais Obi Wan est trop vieux, donc il sera son Maître Jedi (le vieux sage devient le mentor) et apprendra à Luke tous ce qu’un Jedi doit savoir.

 

5 - Le seuil : Luke passe le fameux seuil de l’aventure. Obi Wan, C3PO, R2D2 et lui se rendent à Mos Eisley, spatioport où toutes les vermines de la galaxie grouillent. Ils souhaitent quitter Tatooïne pour fuir l’Empire et se rendre à Alderaan où est censé se trouver la Princesse.

 

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6 - Les épreuves, rencontre des alliés et ennemis : Luke rencontre ses futurs puissants alliés Han Solo et Chewbacca, équipage du Faucon Millénium. Ils fuient Tatooïne, poursuivis par leur ennemi, l’Empire.

 

7 - L’endroit le plus dangereux : Luke et ses amis pénètrent dans l’Etoile Noire, le destructeur de planète de l’Empire. La super-station spatiale de combat grouille de gardes ennemis mais garde en son cœur… La Princesse, alors à libérer (l’endroit le plus profond est représenté par le compacteur).

 

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8 - L’épreuve suprême : La Princesse est libérée, mais tout l’équipage du Faucon Millenium doit maintenant fuir l’Etoile Noire pour aller remettre les plans de la station aux Rebelles pour qu’ils la détruisent. La mort rode. Obi Wan décide alors d’affronter Dark Vador et se laisser mourir devant les yeux de Luke (d’une certaine façon Luke affronte la mort en voyant son mentor disparaître).

 

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9 - L’objet de la quête : Les plans sont remis aux Rebelles sur Yavin. Grâce à l’exploitation de ces données, Luke se prépare à détruire l’Etoile Noire lors d’une bataille spatiale hyper spectaculaire.

 

10 - Le chemin du retour et vengeance de l’ennemi : L’Empire cherche à détruire la base rebelle sur Yavin (la vengeance), alors que la flotte rebelle virevolte à la surface de l’Etoile Noire afin de la détruire. Le suspens est à son comble.

 

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11 - Le retour du monde extraordinaire et utilisation du savoir acquis : Luke utilise ses facultés de Jedi apprises de son mentor et lors de son voyage. « Luke, fais appel à la Force ». Luke détruit l’Etoile Noire à l’aide de Han Solo et chasse Dark Vador.

 

12 - Amélioration du monde, dénouement et épilogue :La Princesse récompense Luke, Han Solo et Chewbacca. L’Empire subit une lourde perte et les Rebelles sont triomphants de cette bataille gagnée.

 

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- Une recette toujours utilisée

 

Je vous laisse vous interroger : quels films, que vous auriez vu, même récemment, ont utilisé la totalité ou une partie des éléments de la structure du Voyage du Héros.

 

J’ai quelques exemples pour vous.

Et, soyons fous, utilisons directement la version du Voyage en 5 étapes :

 

1 - L’appel à l’aventure :

 

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a) Matrix. Néo face à son PC « suit le lapin blanc », puis plus tard, lorsqu’il doit quitter l’immeuble de son bureau, il finit par refuser car il a peur du vide, de tomber (mmmh jolie métaphore là dedans). Il se fait attraper par les Agents, qui lui font peur et décident de le tracer. Mais finalement son « mentor » Morpheus, via Trinity, revient à lui et lui repropose de tomber dans le « terrier du lapin blanc » en lui tendant le choix de deux pilules.

 

b) Lost, les disparus. John Locke dit à Jack Shepherd qu’ils doivent retourner sur l’île. Mais Jack refuse, sombre dans l’alcool après que Kate l’ait quitté et a de nouveau des hallucinations en apercevant son père dans son cabinet. John Locke se fait assassiner. Jack apprend la nouvelle et ne sait plus quoi faire. Finalement, il rencontre Ben qui reprend le rôle de John Locke (le mentor qui pousse les gens à faire ce qu’ils doivent faire) qui lui explique ce qui est nécessaire pour retourner sur l’île.

 

c) Iron Man (et tous les films de superhéros au passage). Tony Stark, à la suite de son expérience afghane, ne supporte plus de voir sa propre entreprise Stark Industries vendre des armes. Il tente d’arrêter la production de ce produit mais est rattrapé par ses actionnaires et les têtes bien pensantes de sa compagnie. Il décide alors de remodeler son armure et devenir Iron Man.

 

d) Men In Black. L’agent J, interprété par Will Smith, après avoir subit des épreuves loufoques pour son recrutement par le MIB est littéralement appelé à l’aventure par l’agent K. « Est-ce que ça vaut le coup ? » « Bien sûr que ça vaut le coup… Si tu es assez solide ! » S’en suite une magnifique scène de doute, réflexion de la part de J sur les docks new-yorkais.

 

 

2 - Une série d’épreuves :

 

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a) Black Swan. Nina Sayers plonge dans la paranoïa et se dépasse pour ressembler à Lily. Elle s’enferme dans une réalité en épousant littéralement le tourment de son personnage de cygne blanc. Elle quitte son environnement ordinaire (chez elle avec sa mère) et même, le repousse pour suffisamment se corrompre et devenir le cygne noir.

 

b) Indy 3. Indiana Jones, dans sa Dernière Croisade, doit passer trois épreuves pour obtenir le Saint Graal et sauver son père d’une morte certaine. Il est jugé sur son humilité (« Le pénitent est humble et s’agenouille devant Dieu »), son intelligence (« Dieu s’écrit avec un I ! ») et sa foi (« Mais c’est impossible »). Une quatrième épreuve le juge sur sa perspicacité (« C’était la coupe d’un charpentier »).

 

c) Fight Club. Tyler Durden se lance une série d’exercices et étendre sa philosophie nihiliste.

 

d) Kill Bill. The Bride tue une à une les agents de Bill (à savoir que Kill Bill, volumes 1 et 2 sont probablement un voyage du héros renversé).

 

 

3 - L’atteinte de l’objectif, qui donne au héros un savoir important :

 

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a) Retour vers le Futur. Marty McFly a appris à connaître ses parents.

 

b) Harry Potter à l’école des Sorciers. Harry est devenu un sorcier.

 

c) Casino Royale. Le membre de l’organisation qui a « tué » Vesper retrouvé, James Bond assume qui il est.

 

 

4 - Le retour dans le monde ordinaire :

 

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a) Black Swan. Nina Sayers a livré une performance absolument incroyable (et orgasmique) du Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Elle est « parfaite ». Elle a atteint le nirvana.

 

b) Harry Potter et la Chambre des Secrets. Harry Potter supporte sa famille d’accueil car il s’éprend à rêver de ses meilleures années.

 

c) Le Retour du Roi. Les hobbits retrouvent la Comté.

 

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Est-ce que je risque d'être condamné pour "Crimes contre l'humanité" après une blague pareille ?


 

 

5 - L’utilisation du savoir acquis pour améliorer le monde :

 

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a) Pirates des Caraïbes. William Turner est un Pirate. Elizabeth Swan aime les Pirates. Ils sont donc de toute évidence faits pour être ensemble. Quant à Jack Sparrow, il reprend la barre du Black Pearl.

 

b) Avatar. Jake Sully a chassé les humains de Pandora et prouvé l’existence de l’âme d’Eywa. Les Na’Vis transfèrent l’âme du héros de son corps humain handicapé à son corps d’avatar Na’Vi.

 

c) Indy 2. Indiana Jones a libéré les enfants du Temple Maudit. Indy ramène les pierres de Sankarat au village comme il l’avait promis. Les ressources de celui-ci sont donc assurées ; les familles sont réunies. Cette aventure a transfiguré notre héros : « Oui, maintenant je crois en sa magie. »

 

d) Le Retour du Roi. Sam raconte son histoire et celle de l’anneau dans « Le Seigneur des Anneaux » qu’il écrit.

 

 

- Vidéo de Plinkett (version simplifiée et très Spielbergienne)

 

Ce cher Mister Plinkett, dont les critiques déconstructives des Episodes I, II et III de Star Wars ont fait des étincelles (sans parler de celle d’Indiana Jones 4), aborde le point de vue très… Spielbergien de ce voyage.

Steven Spielberg, cinéaste de l’enfance, de l’inner child, a en effet influencé toute une génération de réalisateurs. La décennie 1980 au cinéma hollywoodien a été teintée du schéma du Voyage du Héros, du fait de la sortie de Star Wars à la fin des années 1970.

Mais les succès des films de Steven Spielberg à l’époque (Rencontres du Troisième Type, Les Indiana Jones, E.T.) et son influence grandissante, ont orienté, précisé cette structure en quelque chose lié à l’initiation, l’apprentissage de la vie.

L’ajout –et non des moindres- de cette version là est l’arrivée marquante d’un love interest (compagnon ou compagne voulue par le personnage principal) comme objectif supplémentaire (toujours réalisé indirectement).

Pour être plus pertinent, je vous propose de découvrir une poignée de personnages décrits dans cette vidéo. Ils sont tous beaux, jeunes et ont été chez un bon coiffeur.

 

Et ils ont comme point commun… D’être de grands enfants, que l’aventure va transformer en adultes responsables et soucieux de protéger le petit garçon/petite fille en eux.

 

 

Allez de 2:00 à 4:32

 

 

Marty Mcfly, John McLane, Billy Pepster, Sarah Connor, Neo, Charlie Bucket, Peter Parker, Cliff Secord, Johnny Ricco, Rocky Balboa…

Des personnages dans lesquels on va s'identifier, qui accumulent les bourdes, les problèmes et qui sont appelés à l'aventure à un moment ou à un autre. Une aventure qui va les transfigurer, les faire littéralement grandir et leur permettre de finalement réaliser un de leurs rêves.

Des aventures aux grandes valeurs humaines : le courage, la persévérance, la foi, l'amitié, l'amour.

Bien sûr, tous ne suivent pas les étapes à la lettre, mais ça peut vous donner de bonnes pistes pour en trouver bien d’autres…

 

Et bien sûr, il embrasse la fille à la fin !

 

Evidemment !!!

 

 

 

3e PARTIE :

POURQUOI CA MARCHE ?


- L’universalité et la proximité

 

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Le mythe moderne se ferait-il de nos jours au Cinéma ?

Autrefois, il avait pour vocation d’éduquer les populations.

En utilisant des archétypes et une structure « inconsciente » à chaque fois similaire, le mythe joue sur le souvenir du lecteur et cherche à ce qu’il se reconnaisse dans l’histoire afin d’obtenir son adhésion voir même sa participation (qui n’a jamais tenté de « jouer au héros ? »).

 

Le Cinéma est un Art universel qui est presque la somme de tous les autres (ou qui bouffe à tous les râteliers, c’est à chacun de voir). C’est aussi un média de masse.

 

L’addition des deux est donc un produit très épicé.

Hollywood a très rapidement compris que pour assurer le succès de ses films (et gagner du fric, plein de fric-fric-fric !), il devait s’adresser au plus grand nombre et donc user de subterfuges.

La dernière décennie a été marquée par les super héros et leurs zones d’ombre bien humaines. La prochaine sera probablement un retour vers l’archétype du monsieur-tout-le-monde dont un talent est à exploiter.

 

Le Voyage du Héros est une recette intemporelle qui s’adresse à tout le monde.

 

Quelque part on peut même se demander si le Voyage du Héros n’est pas le rêve américain avant le rêve américain.


En tout cas, je n’ai toujours pas abordé un modèle de films, qui pourtant utilise cette structure depuis bien longtemps, sans pour autant le savoir, et que vous connaissez bien. Forcément.

Ce sont les films d’animation Disney.

Cherchant à s’adresser au plus grand nombre, ayant une vocation éducative voire moraliste, Disney ne pouvait évidemment y échapper…


- La version Disney


Quelque part, pour faire suite à la version Spielbergienne (ou précédent), voici une vidéo résumant les idées (ou valeurs) montrées dans un Disney via la structure du monomythe de Campbell.

 

 


 A voir si vous le souhaitez.

 

 

Néanmoins, une chose est à préciser : Depuis Bernard & Bianca (puis La Petite Sirène, la Belle et la Bête, Aladdin, le Roi Lion, Tarzan, Atlantide), les scénaristes de Disney (dont certains sont devenus de très grands réalisateurs/scénaristes aujourd’hui comme Brad Bird, John Lasseter, Joss Whedon, Jon Musker, Ron Clements, Gary Trousdale, Kirk Wise, Terry Rossio, Ted Elliots, la liste est très longue) se sont revendiqués comme héritiers de la méthode Campbell, influencé par la réussite Star Wars.

 

 

 

Appuyez sur PLAY et continuez la lecture

 


A noter que cet élan de réussite scénaristique a été notamment accompli lors de ce qu’on appelé le « second âge d’or des Studios Disney » avec le retour des contes princiers (modernisés) au début des années 1990 (la trilogie officieuse Petite Sirène / Belle et la Bête / Aladdin).

Et dire que je n’aborde même pas les Pixar…

 

 

CONCLUSION


Ah ben c’est pas trop tôt !


Un voyage omniprésent. Au Cinéma, même à faible dose. Dans les histoires contées dans les chansons. Même dans les publicités.

C’est la façon dont la recette est utilisé qui va rendre unique le film. Mais c’est surtout votre prédisposition personnelle qui vous fera adhérer, ou non, au récit que vous voulez bien entendre.

Bien sûr, il y a la règle générale de l'évolution du personnage : Un bon film (récit) est généralement celui dont le ou les personnages partent d'un point A pour arriver à un point B et que l'aventure aura changé, transfiguré, transformé. En bien ou en mal d'ailleurs.

Mais la structure précise du Voyage du Héros est une formule. Inconsciente ou non, elle est devenue omnipotente. Universelle. Intemporelle (je commence à radoter, ce n'est pas bon !).

 

"Remember, concentre on the moment. Feel, don't think. Use your instincts."

(la seule réplique intéressante de Star Wars Episode I méritait d'être citée)


En fin de compte, le Héros est le personnage dans lequel on se reconnaît le plus car on a tous à apprendre de lui, ne serait-ce qu’un peu. Il est un peu nous. La mythologie en faisant des exemples et utilisaient ce genre de « contes » comme de grandes leçons de vie données au peuple.

On peut donc s’interroger : Le Cinéma, dans un tout autre genre, et de différentes façons, le ferait aussi, mais comment ? Peut-il nous atteindre, nous influencer à ce point là ? Le Cinéma est un récit filmé, mais pas que...

Le Voyage du Héros est donc essentiellement intérieur. C’est l’apprentissage, la quête de la vérité, de la connaissance. Ou de la vie plus simplement.

 

Alors… J’ai une dernière question. Et celle-ci est profondément pour vous…

 

Quel a été, ou quel sera votre appel à l’aventure ?

 

Que la Force soit avec vous !

 

 

William Mondello

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 14:28

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3 minutes…

 

Sûrement trop plein d’orgueil, je m’étais promis de parler de David Fincher et son nouveau film The Girl with the Dragon Tattoo (ou Millénium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes en français) en y mettant tous les moyens possibles et imaginables pour vous convaincre de vous rendre dans les salles obscures. Mais je me rends compte que je passerai sans doute à côté de la subtilité du cinéaste et le salirait trop indignement (et je ne peux résister à l'envie de vous écrire un pavé !!).

 

Parce que voilà, Fincher, c’est du subversif, c’est du non-dit, c’est du sale, c’est de l’intense, c’est impur, c’est du truc qui vous saute à la gueule et dont vous vous souviendrez 24, 48 heures plus tard.

Une semaine. Un mois. Des années.

C’est indélébile. Et c’est souvent tellement marquant que nombre de ses films sont aujourd’hui considérés comme cultes.

 

Fincher est un cinéaste qui pénètre votre esprit pour le tatouer. D’images. De sons. D’idées.

David Fincher filme l’obsédé obsessionnel avec obsession.

Une obsession qu’il finit par vous communiquer via ces photographies mouvantes où la caméra glisse de personnage en personnage. Ou encore ces images subliminales qu’on a tous vu sans le savoir comme ce personnage du Fight ClubTout n’est qu’une copie d’une copie.

 

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L’ancien publiciste de Nike et clippeur de Madonna est comme ce journaliste de Zodiac, face à son mur d’indications, de photographies, de cartes. Il cultive sa propre obsession de l’image, source d’information, pour l’animer. Il est avare de visuels.

Ces photos se répètent dans sa tête si souvent que les personnages immortalisés dessus prennent vie.

C’est de cette idée qu’il puise sa mise en scène haletante.

Il travaille alors le son pour nous encercler. Tait les instants de suspens pour que le spectateur puisse s’entendre respirer. Pulvérise la sono lorsque l’esprit de son personnage est en ébullition (Trent Reznor et Atticus Ross pour Millénium, formidables).

Il travaille son montage. Gourmand des nouveautés, il filme en numérique et en soigne la photographie (les éclairages, les cadrages).

 

Une atmosphère qui vous frappe. Et dans la violence, l'émotion...

 

David Fincher sait aussi prendre son temps.

Les temps d’exposition de ses films sont souvent très longs (introduction des personnages, mise en place du contexte, des situations ou des enjeux de l’intrigue). Près d’une heure pour Zodiac et Button. Autant voir plus pour Millénium.

Ce grand orfèvre prend son temps. Il est conscient du temps. Le temps que cela prend. Le temps qui passe. La fuite du temps qui passe.

Et il aura bon marcher à reculons comme dans Benjamin Button,  l’humanité de ses personnages reste intacte.

 

Ils seront doux. Fragiles. Forts. Faillibles. Amoureux.

 

Les personnages… Parlons-en… L’esprit du spectateur ne sera disponible que lorsqu’il connaît suffisamment un personnage. C’est lorsqu’il lui aura collé à la peau, qu’il en appréciera les surprises d’ailleurs.

Fincher le sait, parce que Tyler le sait.

 

Lorsqu’il fait tourner Daniel Craig dans Millénium dans le rôle de Mikael Blomkvist, le réalisateur américain le pousse à la composition. Craig n’est plus Craig. Craig n’est plus James Bond. Craig incarne un personnage fébrile, rien qu’au ton de la voix qu’il fait partir dans les aigus (regardez un extrait de Casino Royale pour vous en convaincre). Il est plus fragile, un peu plus nerveux. Moins sûr de lui.

 

 

 


Fincher creuse le personnage du roman par le prisme de son casting.

 

Dans le rôle de Lisbeth Salanger, il a choisi Rooney Mara. Celle qu’il avait déjà choisie pour interpréter la petite amie de Mark Zuckerberg dans The Social Network. En tant que directeur de comédiens, il la mettait déjà à bout.

Mara raconte que la scène d’ouverture du film sur Facebook a été faite près d’une centaine de fois ; Fincher la voulait « nerveuse » afin d’ouvrir son film au mieux et se « connecter » au spectateur dans cet état permanent de fébrilité dans lequel est le personnage de Zuckerberg. La prise retenue montre cette progression vers la nervosité.

 

 

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Qu’a-t-il fait cette fois pour Millénium ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que Mara est d’une justesse incroyable. Elle parvient à nous faire détester d’emblée son personnage tout en nous intrigant tout au long de l’histoire. Elle dévoile peu à peu sa fragilité. On quitte alors ce film en adorant Lisbeth, l’insociable, et en totale empathie avec ce qu’elle ressent alors.

 Et une envie folle de connaître la suite.

 

David Fincher cajole son spectateur dans sa propre Panic Room. Il le renvoie sans cesse à ses propres doutes. A ses propres peurs. Pour mieux jouer avec, comme dans The Game.

Il est maintenant dans votre esprit.

A l’intérieur de vous. Cet Alien3 est en vous.

 

L’orfèvre a terminé son horloge.

Elle tourne maintenant à l’envers.

Il vous a laissé tous les indices.

 

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Vous sortez donc de cette salle de projection avec toutes les clés du mécanisme. Pourtant quelque chose a changé en vous. Ce film va vous habiter. Encore pendant quelques temps. Vous aller y penser.

 

Puis vous vous direz : « Mais en fait… C’était tout simplement… Génial. »

 

BONUS : Le SMS que vous recevrez de celui ou celle qui vous a accompagné lors de la séance : « Jirai bi1 7 aprem à Ikea, tiens! »

 

Mettez votre paresse au placard, et courez voir Millénium, les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes, adaptation fidèle du roman de Stieg Larsson, au cinéma depuis mercredi !

 

 

 

 

Je vous l'avais dit, j'ai pas résisté à l'écriture d'un roman (désolé) !

 

William Mondello

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 13:43

selon William Mondello

 

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Juste comme ça, Une (petite) remarque sur la mouvance du Cinéma ; sur un thème fort qui pourrait bien devenir la clé cinématographique (artistique ?) de ce début de XXIème siècle...

Je trouve qu'un thème(très)  contemporain est de plus en plus exploité au cinéma :

 

L'exploration de mondes "virtuels" merveilleux.


Tron Legacy c'était complètement çaInception aborde le sujet avec l'idée de l'exploration des rêves, Avatar en était limite la métaphore, Scott Pilgrim construisait son univers autour de ce thème (toujours pas vu, god damned) et The Social Network de David Fincher effleurait l'aspect création d'un tel monde parallèle. La série Frin
ge, dès la Saison 2, en parle également.
Tout le monde joue aux jeux vidéos, et Internet a tellement pris d'importance dans nos vies, que le 2.0 est connu de tous. Les geeks prennent totalement le pouvoir et l'assument (ils succèdent aux yuppies ? Sont-ils les futurs cols blancs ?)). 

 

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Ceux qu'on a toujours considéré comme étant dans "leur monde" (imaginaire) parlent si bien de ce qu'ils connaissent (à l'époque leur correspondant) que les gens sont totalement réceptifs, ça leur "parle". 
Les réseaux sociaux sont nos vies 2.0 littéralement, et ce thème cinématographique (qui doit sûrement être abordé dans d'autres médias/arts) est et sera (probablement) LE thème incontournable des prochaines années. Tron 1982 en avait vaguement parlé, Matrix enfonçait le clou en 1999.

 

 

Petit aparté comique


Les mondes merveilleux ne sont plus seulement merveilleux (Star WarsLe Seigneur des Anneaux). Ces mondes permettant les chances de deuxièmes vies, de renouveau, de rédemption, de possibilités infinies, ces mondes là sont... Réels... Virtuellement. 
... Ces mondes là sont parmi nous, parmi nous tous. Ils sont enfin ACCESSIBLES (métaphore du réseau social où tout le monde a son propre profil et est connecté dans la même "bulle" digitale, les jeux vidéos, forums internet et consors permettant la création d'un avatar numérique, etc.).

Voilà pourquoi je pense sincèrement que  Tron Legacy est un film générationnel, véritablement intelligent, mais qui n'a pas su exploiter correctement la puissance et le lyrisme de son sujet.

Même Zack Snyder est parvenu à explorer ce thème fort (et définitivement très contemporain) avec sa première création originale, Sucker Punch, avec plus ou moins de réussite.

En attendant sa vision de Superman, Quentin Tarantino a déjà pu décrire sa propre idée sur la question...

 

A la frontière de deux mondes : Qui est l'Alter-Ego ? Qui sommes-nous vraiment ?

 

William Mondello

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 12:13

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Trois ans après ma découverte de cette production Apatow en salles, la sortie d'un spin-off avec Russel Brand en vedette (Get Him to the Greek, intitulé American Trip en France), la reconnaissance de Mila Kunis (BlackSwan, Le Livre d'Eli)  et la consécration de Jason Segel, comédien hilarant de How I Met Your Mother et scénariste comique génial du futur Muppets de Disney, je tenais à revenir sur ce long métrage de Nicholas Stoller tant elle m'aura marqué par son efficacité, sa cohérence et son humanité. 

 

Une délicieuse comédie romantique/sentimentale, bien plus subtile qu'elle n'y parait, sur la difficulté de tourner la page et d'accepter la réalité. 

Passé inaperçu en France à sa sortie en salles, Sans Sarah, Rien ne Va ! (dans son titre français) est un véritable hymne aux geeks qui sommeillent en nous (certaines scènes sont déjà cultes), un scénario écrit par l'acteur principal du film qui tire de son expérience personnelle pour mieux servir son (ses) personnage(s).

 

Forgetting Sarah Marshall (Sans Sarah, Rien ne Va !), de Nicholas Stoller, écrit par Jason Segel : La difficulté d'oublier un film une fille pareille.

 

F L A S H B A C K

 

18944282 w434 h q80Au départ, en ce mois de juin 2008, tout juste remis de l'hyper-événement et semi-déception Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (comment ne pas aimer une nouvelle aventure de mon héros d'enfance ? Avec Shia Labeouf dedans) et la super-surprise Iron Man avec Robert Downey Jr. le génial-revenant, j'étais parti pour voir Kristen Bell sur grand écran. Cette bombe télévisuelle qu'elle était dans Veronica Mars se devait de voir sa carrière décoller. Alors pourquoi ne pas commencer avec une comédie générique produite par Judd Apatow qui comptait déjà sur ses succès 40 ans toujours puceau et SuperGrave ? Peut-être en faisant partie du casting d'un film Apatow qui est le moins Apatow de tous... Et le plus Jason Segel.

 

 

En fait, très vite, et même ce dès la séquence d'ouverture, le ton est donné.

 

 

Le film ne tourne pas autour d'elle seulement, et bien plus encore :

Frais et décomplexé, le métrage révèle dès les premières minutes quelques futures pointures, que ça soit au niveau des acteurs et actrices à commencer par Jason Segel, pour qui le film est pûrement autobiographique puisqu'en plus d'être le protagoniste principal, il est le seul scénariste crédité. Je passerai sur la Bell Kristen,mais aussi Russel Brand qu'il faut découvrir en VO à tel point son accent british est savoureux, pour davantage me concentrer sur ce que je considère être LA révélation du film : la stupéfiante et magnifique Mila Kunis dont c'est ici le premier rôle majeur au Cinéma.

 

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Qualité et rigueur scénaristique ? Que ça soit au niveau de l'écriture, ou des personnages et leurs interprétation, le film ne tombe jamais dans la facilité, et offre une aventure en "épisodes", donnant un intrigue rythmée, à l'inverse de la platitude de certaines dernières comédies romantiques prévisibles.
Un gros plus pour le long-métrage, le sortant encore du moule "comédie romantique US à la con", et le rapprochant de véritable bijou : L'absence totale de manichéisme. Tous les personnages sont crédibles dans leur personnalité et dans leurs actions. Du trop rarement vu alors pour le genre au cinéma.

Mon véritable coup de coeur surprise de l'année 2008, Forgetting Sarah Marshall obtient le titre de "Meilleure comédie 2008", pour sa profondeur, ses scènes à hurler de rire (ça passe du parodique, à la coolitude de certains personnages, ou encore au grotesque de certaines situations pourtant très crédibles), et sa réflexion, tendant vers sa fin, à de la réflexion d'amoureux philosophe, pas moins.
Dommage que le film ne marche pas plus, il a le mérite d'être réussi sur beaucoup de points.

 

Sorti en avril 2008 aux Etats-Unis, le film n'a rapporté que 63 millions de dollars sur le territoire américain, et 43 millions dans le monde. Un score WorldWide de 103 millions de dollars a permis de prouver que la comédie écrite par Jason Segel a rencontré le succès qu'elle méritait en se remboursant intégralement (sans compter les recettes DVD). On est bien loin, hélas, des succès comme les Very Bad Trip 1 et 2 (respectivement 467 millions et près de 500 millions de dollars à ce jour) plus fédérateurs probablement, mais qui prouvent que les comédies américaines peuvent être reconnues dans le monde entier.

La France, pays de la comédie autochtone ? Very Bad Trip 2 a déjà explosé la barre des deux millions d'entrées. Sarah Marshall, un an avant la première aventure alcoolisée de Todd Philips, atteignait péniblement les 100 000 entrées françaises...

 

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Un film qui marque l'avancée des comédies US dans la réalité internationale avant les gueules de bois de Bradley Cooper, Ed Helms et Zack Galifianakis. Alors si vous ne faîtes pas partie de cette poignée de spectateur hilares à ne pas l'avoir encore vu : Courrez voir cet hymne aux geeks lovers dans l'âme ! 

Se déroulant dans le cadre somptueux d'un resort à Hawaii, Forgetting Sarah Marshall est le parfait film à découvrir dès cet été.

Après ça, je n'ai plus qu'une seule chose à dire : Vivement la prochaine comédie de Jason Segel !

 

William Mondello
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 16:29

 

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Captain EO, de Francis Ford Coppola : Le Peter Pan d'un Futur qui n'existera jamais

 

« Le cosmos, un univers entre le bien et le mal, où une poignée de résistants lutte pour la liberté de milliers de mondes en détresse. Parmi eux, un groupe de vagabonds guidés par l'aventureux Captain Eo... »

 

F L A S H B A C K

 

En ce 12 juin 2010, date de ré-ouverture de l'attraction-film 3D à Disneyland Paris (Paris est le second resort à ré-ouvrir l'attraction en hommage au décès du Roi de la Pop, suivi de près par le resort d'Anaheim puis Tokyo), le décor est planté.

Le spectacle commence. On va enfin revoir Michael ! Ouuuh !!! (cri de groupie en chaleur : ma voisine)

Tourné en 1986, le film de Francis Ford Coppola ne fait que confirmer un peu plus un Jackson au sommet de sa gloire. George Lucas encadre, James Horner compose, et tous les stagiaires de Lucasfilm accourent chez les meilleurs imagineers de Disney pour produire le véritable blockbuster de cette année.
Produit dérivé, mégarde nostalgique ou véritable bijou perdu ?

 

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Si le film nous invite au voyage, ce n'est pas parce qu'il obéit aux règles du conte (au fond un peu cul-cul), ce n'est pas parce qu'il se référence dans la science-fiction (la direction artistique d'un Star Wars), c'est tout simplement parce qu'il est sobrement interactif.

Inutile de vous mimer tous les effets spéciaux cachés dans une salle, qui vous invitent à danser sur chaque pas de danse de « MJ ». Il est en revanche indispensable de vous conseiller de vous concentrer sur ce que le film est vraiment :

Une ôde au monde de cet enfant éternel, même au bout des cieux, trempé dans l'univers d'un Lucas eighties encore inspiré, saupoudré de poussière d'étoiles (wow, le jeu de mot poétique !).

 

Dans ce monde là, celui de Michael Jackson, le spectateur est invité à rêver, une bonne fois pour toute.

Le revoir aujourd'hui est un sacré coup. Et même si le marketing posthume reste regrettable, on ne peut que savourer cet ultime plaisir coupable.  Réalisateurs stéréoscopiques en herbe, ce film est votre Bible... Avec « Avatar » évidemment !

« Enfant, je rêvais d'être Capitaine d'un vaisseau dans l'espace... »
 

 

William Mondello

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:14

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Super 8, de J.J. Abrams : un film sur le lâcher-prise ?

(Avis à chaud de la projection de SUPER 8 ; Sans Spoilers)

 

"Eté 1979, une petite ville de l'Ohio. Alors qu'ils tournent un film en super 8, un groupe d'adolescents est témoin d'une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils vont vite comprendre qu'il ne s'agit pas d'un accident. Dans leur bourgade, des phrénomènes étranges et d'inexplicables disparitions se multiplient. La police tente de découvrir la vérité. Les adolescents aussi. Personne ne peut imaginer ce qui est en train de se jouer..."


"Catastrophe ferroviaire"... "Il ne s'agit pas d'un accident"... "Inexplicables disparitions"... Mmmh, le culte du mystère, l'accident qui n'en est pas un... Très LOST tout ça !

"Groupe d'adolescents"... "Année 1979"... "Les adolescents tentent de découvrir la vérité"... Mmmh mmmh ! Très Spielbergien tout ça !

Produit par Steven Spielberg (une bonne production hein, c'est pas Transformers), SUPER 8, c'est un peu le Rencontre du Troisième Type de J.J. Abrams. Non le ET. Non le Jurassic Park. Ou son Temple Maudit. Son film le plus personnel ? Voir autobiographique ? Ou sa plus grande oeuvre peut être.


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Dans des dialogues et des situations bourrées d'humour, le groupe des personnages rappelle très rapidement les Goonies de Donner, aussi grâce à ce casting savamment choisi (la palme revient à Elle Fanning, elle crève l'écran à chacune de ses apparitions). L'univers, quant à lui, semble très spielbergien mais semble se nourrir constamment ailleurs, vers quelque chose de finalement très moderne et adulte car le fond est du pur J.J. Abrams, rien que dans les thèmes abordés : événement extraordinaires boulversant des vies alors encore ordinaires, le deuil et le souvenir d'un être cher qui hante les personnages, les daddy issues, et le fameux le lâcher prise qui a été longtemps montré dans LOST (Jack et son père).

Un long métrage entièrement consacré à ses personnages qui penche même vers le très sombre dès sa séquence d'ouverture (que, je l'espère, vous découvrirez bien vite)...

 

Un début doux, un développement parfois maladroit, des séquences tantôt effrayantes tantôt touchantes mais surtout une fin super poétique.

Cette balance permanente entre rire, frissons et émotion donne au final un grand moment de Cinéma qu'on adorerait revoir au plus vite.

Super 8 est bien parti pour être le film de cet été ! Rendez vous le 3 août.

 


  

William Mondello

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 13:18

large_542307.jpgA l’annonce de Kenneth Branagh au poste de réalisateur de Thor, film de superhéros à gros budget, le tout Hollywood (et ses meilleurs clients, dont moi) a poussé un grand soupir. Quoi ? De soulagement ? De perplexité ?… D’inattention ?

 

Comment un héros si peu connu de l’univers (énorme) Marvel a-t-il pu avoir son propre film et qu’est ce qui a pu séduire le réalisateur irlandais habitué aux adaptations profondes de William Shakespeare a préparer un tel… Popcorn-fun-blockbuster ? Comment une telle histoire dithyrambique, si peu « Marvel » finalement (Thor n'est techniquement pas un personnage auquel on peut s'identifier), peut faire rêver les spectateurs du monde entier ?! Ca sentait le foin… Et pourtant…

 

 

Depuis quelques années, Marvel Studios sort un film par an. La première semaine de Mai, celle qui ouvre la marche des blockbusters d’été, est occupée et balisée par les superhéros de Stan Lee. Métaphore du monde actuel, vous dites ?

Aujourd’hui (enfin hier, vu que je termine la rédaction de cet article en ce moment même), on attend et on se rend en salle voir le « dernier Marvel » comme autrefois je me rendais au cinéma tous les Noëls pour voir le dernier Disney. Ah mais oui, c’est vrai. Disney = Marvel. I AM A FOOL !

De ces dernières années, on retient un bilan mitigé : Certains sont tout juste corrects (Hulk), d’autres étaient d’excellentes surprises (Iron Man, Spider-Man 2), d’autres étaient franchement pas bons du tout (Wolverine, les 4 Fantastiques, Ghost Rider, la liste est plus longue d’un coup).

Pourtant, dans ce dessein, tous (ou presque tous) se destinent à une seule chose : Les voir se réunir dans un ultime cross-over qui sortira en 2012 : The Avengers, soit le film –supposé bordélique vu la galerie de personnages- le plus attendu par les fans de comics (et au casting déjà cinq étoiles accessoirement, donc) !

Cette logique d’hyper franchise hyper discutable laisse donc la part belle à une ligne de conduite générale franchement aléatoire. Est ce que le héros qui a son propre film assumera sa propre histoire ? Ou devra-t-il se faire écraser par l’arc narratif général « Avengers » qu’il doit forcément démontrer pour bien préparer le film de Joss Whedon ?

 

Thor, de Kenneth Branagh : Le BlockbAusteur Marvel

(le film qui pourrait donner Thor aux détracThors de BlockbAusteurs)

 

Mais revenons à nos moutons cosmiques voulez-vous, et pas n’importe lesquels. A vrai dire, il y a de cela un an, je n’attendais rien de l’adaptation cinématographique de Thor, énième film de superhéros Marvel, trop particulier qui plus est, car il s’agit ni plus ni moins que d’un Dieu ! Oui, A GOD !!! (esprits mal tournés, couchez-vous !... Oui… Bref…)

 

 

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Le pire était les premières photos des dieux en armures. On allait assister à un mauvais épisode des Chevaliers du Zodiaque !

Puis Paramount a peu à peu confirmé le potentiel « good Marvel » du film, tout au long de sa campagne marketing, via la mise en ligne des différentes bandes-annonces, qui rassuraient donc quelque peu.

 

Mais on était loin du compte, Branagh est non seulement l'homme de la situation, mais il signe sûrement le long métrage Marvel le plus maitrisé depuis le second Spider-Man !

 

Alors que cette cité fantasmagorique faisait à priori partie de nos plus grandes inquiétudes de spectateur moyen, il se trouve, à posteriori, qu'on aurait bien vu un film entier sur Asgard ! C'est somptueux, magique, tragique, complet. La mise en scène magnifie parfaitement l'existence de ces divinités et de leurs habitats. Branagh y croit dur comme fer et nous avec ! On voyage dans cet univers enchanté, où se croisent un brin de science-fiction (les voyages interplanétaires) et BEAUCOUP de Fantasy nous rappelant implicitement le monde d'un certain J.R.R. Tolkien voir peut être J.K. Rowling.

 

 

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Le moindre passage, le moindre objet, dialogue ou toutes ces scénettes dans le Bifröst (l'énorme trouvaille du film, la direction artistique gagne tous les points à ce moment là !) atteignent ce genre de délire visuel qu'on adore.

On offre de l'inédit, presque du jamais vu.


Kenneth Branagh s'éclate et parvient à suffisamment maitriser un tel univers pour le coller au lyrisme du sujet.

L'influence shakespearienne pimente donc l'histoire, qui sort alors le film de la simple histoire de superhéros, tout en permettant à un public moins avisé d'y adhérer. C'est puissant, ample, ça gronde de tous les côtés et en même temps, comme dans un bon Shakespeare, c'est très humain.

Le divin Thor suit sa quête humaine (à la recherche de soi, connaître son corps et ses émotions, thèmes Marvelesques !) le rapprochant de lui-même, et, pas à pas, d'un public alors touché par son périple, ses déceptions et ses joies. Public qui tremblera à ses côtés lors des séquences d'action dantesques (joli travail sur le son à ce sujet et effets spéciaux excellents), courses à travers l'espace ou de ces grandes scènes de trahisons familiales digne d'une cour royale. Et ce, jusqu'au dernier souffle du film ; Poétiques, belles, que ce soit dans ce monde ou dans l'autre, les dernières minutes, les derniers plans vont donneront la chair de poule !... "Can you see Jane ?"

 

Christopher Nolan avait proposé sa vision très personnelle de Batman ; Kenneth Branagh propose sa vision de Thor ! Et elle est titanesque ! Si les producteurs et studios pouvaient donner plus souvent de telles libertés et marges de manœuvres à tous les réalisateurs-auteurs assumés, le Cinéma Hollywodien (en Grandes Lettres) irait bien mieux...

 

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités."

Oncle Ben, Spider-Man

 

Malheureusement, si les passages dans la cité des dieux célestes sont extrêmement réussis, le film perd quelque peu son souffle (épique !) lorsque Thor arrive sur Terre.

L'humour (inattendu et excellent) sauve le tout, mais on sent un Branagh peut-être moins intéressé ou qui a placé les premières minutes de son film si hautes que les passages plus intimistes ne peuvent être aussi efficaces. 

Lors de ces longueurs, Natalie Portman est alors en mode automatique mais confirme malgré tout son talent et sa grâce. Elle parvient avec son personnage fasciné, curieux et touchant (plutôt bien écrit et ficelé par rapport à la dramaturgie du personnage de Thor), a être le meilleur love interest de ces dernières années.

Natalie, on t'aime !

Ce croisement entre la Science-Fiction (la scientifique et ses idées...) et la Science-Fantasy (le monde du dieu nordique) est alors représenté par l'idylle naissante de ces deux là. Deux genres, deux personnes qui ne demandaient qu'à se rencontrer.

 

 

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Chris Hemsworth s'impose d'emblée, et est à Thor ce que Robert Downey Jr. était à Iron Man. Il EST littéralement le personnage, et personne d'autre n'aurait pu le remplacer. 

Mais la mise en scène et le scénario aidant sûrement, son frère ennemi, interprété par Tom Hiddleston, pourrait presque lui voler la vedette. Loin de faire de lui un simple bad guy, le dramaturge Branagh appuie la « tragédie » à chacune de ses apparitions et porte donc le film à gros budget vers cette profondeur insoupçonnée. 

Bien qu’elle soit discrète à la première écoute, la musique de Patrick Doyle, fidèle collaborateur du metteur en scène, accompagne délicieusement les passages épiques.

 

Une dernière remarque tout de même sur ces fameux passages sur Terre, qui prouve la maîtrise totale de Branagh sur le sujet :Si vous observez bien, les personnages sont souvent filmés de haut lors de leurs apparitions sur la planète bleue. Ces extrêmes plongées sont-elles là pour nous rappeler que les Dieux regardent attentivement l'avancée de la quête de notre héros et son entourage ?

Tous les Dieux ? Un en particulier : Le narrateur de l'histoire, celui qui débute ce récit épique en voix off ; interprété brillamment par Anthony Hopkins, son œil avisé et sage est-il métaphoriquement celui d'un metteur en scène et/ou d'un scénariste lui-même brillant ? Kenneth Branagh prouve décidément tout son talent par ce film encore une fois surprenant...

 

"Les actions de ton père ont toujours un objectif."

 

La 3D, quant à elle, est oubliable, sauf pour certains plans dont la plupart sont à Asgard. L'immersion est totale, et les plans aériens donnent le vertige. Le relief est aussi un gros plus... POUR CE PUTAIN DE GENERIQUE DE FIN !

 

 

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Cette rencontre métaphorique entre la Science-fiction et la Fantasy est une réussite.

Malgré quelques longueurs terriennes, vite gommées par la cohérence et la maîtrise artistique générale, Thor est un film à voir absolument, car il confirme qu'un auteur à la tête d'un blockbuster est la clé d'un spectacle qui vous prendra aux trip(e)s (vouais, jeu de mot inside) !

La dernière décennie avait déjà lancé l'idée : Les "Blockb-Austeurs" vont ils être les grands films de demain ?

On sent en tout cas la volonté de contraster le simple film de superhéros et de faire voyager ce sous genre vers des contrées inédites.

A l'image de cette ultime minute où Jane regarde le ciel en sachant enfin ce qu'elle cherche. Et cet ultime regard échangé avec Thor, connexion infinie entre ces deux mondes. Le présent maintenant vécu, nous voilà tourné vers un avenir prometteur...

 

PS: la marque de fabrique des Marvel, restez après le générique !

 

 

William Mondello

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:14

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Si personne ne se souvient de Tron, premier du nom, « a epic sci-fi adventure film », datant de 1982, c’est parce que l’œuvre de Steve Lisberger avait été un véritable four à sa sortie.

C’est donc normal. Et puis de toute façon, je n’étais pas né !

Par contre, si personne ne s’est aperçu que Tron est entré dans la pop-culture et a largement influencé les artistes intéressés par le design futuriste et fluorescent (non je ne parlerai pas de mon t-shirt jaune poussin, qui n’a strictement rien à voir avec le sujet), c’est que vous avez de la merde digitale dans les yeux.

Cessons les insultes Ctrl+C, voulez-vous, et penchons nous sur ce sujet.

En quoi la suite de Tron, « Legacy » (ou « L’Héritage » en français, mais la VO c’est toujours plus classe), cette fois mise en boite par Joseph Kosinski, est attendue au tournant ? En quoi cet univers ne peut faire partie de la science fantasy classique, à la vue de son influence notable depuis près de 30 ans dans nos vies culturelles ? Et puis en quoi ce film, réalisé par un ancien architecte, vu les questions qu’il va soulever, ne peut se contenter d’être seulement un blockbuster cool ?

La pression est énorme, mais « l’Héritage » aussi. Vite, une critique TRONitruante !

 

"Pourquoi il faut aller voir… Tron Legacy"

(et écouter la BO du film en boucle) (et être le pigeon du marketing pour nous faire acheter les produits dérivés) (et faire atTRONtion aux mauvais jeux de mots)

 

Quand Tron, premier du nom est sorti, les critiques ne furent pas tendres.

Ce véritable OVNI cinématographique, produit par Disney (qui cherchait alors son Star Wars), contait l’aventure d’un programmateur de génie, Kevin Flynn (Jeff Bridges), licencié par un Apple-like, puis téléporté (littéralement) dans un jeu vidéo géant, correspondant aux méandres du réseau de son ex-extreprise.

 

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Fascinant hein ? Raconté comme ça, le pitch annonce un film véritablement excitant, et en 1982, Tron fut le premier long-métrage à exploiter les CGI (Computer Generated Images, soit en français, Images de synthèse), appuyant l’avance de ce film sur son temps.

Mais en 1982, les geeks n’existaient pas.

Les miracles non plus (toujours pas d’ailleurs !).

Souffrant d’un manque évident de clarté scénaristique (quid d’un programme exécutant l’opération du MCP correspondant à la carte mère, d’un programme d’un sous dossier 01 à XPeifhùmamf méf…), le public néophyte était largué. Mais les petits garçons, alors joueurs de Super Mario, commençaient déjà à rêver. Et si nous devenions les héros d’un jeu vidéo ?

Au fil du temps, alors que Tron aurait pu se faire oublier, l’œuvre de Lisberger, véritable passionné d’informatique (et par conséquence, grand visionnaire), est devenu un film culte.

Si culte, que la pop culture s’en est inspiré : Lumières fluorescentes de boites de nuit, rétro-éclairage, et enfin, et surtout, musique élecTRONique. La pop, avant la culture, s’en emparait si bien, qu’aujourd’hui, Tronc n’a jamais si bien porté son nom (pour ce jeu de mot débile, j’aurai droit de me priver de hamburgers pendant une semaine).

 

 

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Mais rendons à César ce qui appartient à César :

S’il y a bien un groupe musical qui rendait hommage dignement au film de Lisberger, c’était bien DAFT PUNK.

Costumes scintillants, lumières dansantes, traits luminescents, et larsen élecTRONique en pagaille. Ces mecs venaient d’un jeu vidéo. Ces mecs venaient de la Grille !

 

 

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L’opportunité pour le groupe. Composer la musique du film qui leur était destinée. La boucle est bouclée.

Entre les sons des vaisseaux, des basses faisant passer les murs de la salle pour des atteints de Parkinson, le VROOOOOM des motos, les élecTRONs libres français mélangent leurs sons abruptes et mélancoliques avec du violon en appuyant les hommages aux John Williams, Jerry Goldsmith et consors.

Du puissant « The Game Has Changed » au dansant « Derezzed », ils explorent toutes les possibilités d’un tel monde : Celles où le joueur devient un héros en s’amusant. Le triomphe de « Flynn Lives » au synthétique « End Credits », tout est complet. Musicalement.

La profondeur de certaines pistes se marient parfaitement avec le visuel ultra léché du film (de quoi nous faire pigeonner dans les produits dérivés évidemment) qu’il est à se demander pourquoi on y avait pas pensé plus tôt.

 

L’influence a été digérée, modernisée, l’Héritage est là. La musique est bonne (bonne bonne bonne booooooonne). Alors que faire ? La pression est énorme.

Tron Legacy est alors obligé d’aller bien plus loin que l’original.

Nous sommes en 2011. Internet est une deuxième planète (le monde 2.0, j’aime l’analogie made in moi), ou presque. Facebook nous virtualise. Nous sommes tous joueurs de jeux vidéo, d’une façon ou d’une autre, et nous nous esclaffons devant la beauté des produits Apple (la mode du brillant et du reflet). La technologie est partout, et nous avons tous un double numérique. Tron gagne alors la possibilité d’enfin toucher tout le monde, mais surtout, d’enfin humaniser son univers, dopé au XXIème siècle. La pression et l’attente sont fortes.

 

C’est donc l’histoire de Sam Flynn (Garrett Hedlund), qui part à la recherche de son père, ancien programmateur de génie et à la tête d’une multinationale informatique.

Dans un jeu vidéo géant où il a joué à Dieu, Flynn Père se fait enfermer par lui-même : CLU 2.0 (une copie numérique, notez la très forte métaphore). Sam, p’tit con à ses heures perdues, casse-cou et la gâchette verbale facile, pénètre alors dans le monde virtuel créé par son père, monde dont celui-ci lui parlait tant quand il était encore près de lui. Il y rencontre toute une galerie de personnages amusants (dont Olivia Wilde), devient gladiateur numérique lors de jeux spectaculaires (avant de se faire sauver par Olivia Wilde), et retrouve son père pour jouer un peu à Œdipe (sous l’œil avisé d’Olivia Wilde).

 

 

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Legacy aborde alors de grands thèmes : d’un côté, la dépendance affective via la recherche d’un père, d’un idéal. Et de l’autre, la dépendance au pouvoir via la quête infinie de la perfection d’un monde qu’on a le pouvoir de dessiner.

Le fils. Le père. Amen.

De ce thème principal, qu’aurait adoré Sigmund Freud, découle une multitude de sujets que le film va peu à peu aborder. Sur des problématiques personnelles, l’ancien architecte (tiens donc, la quête de la perfection est-elle la quête de tout architecte ?) Joe Kosinski va toucher des sujets plus vastes mais terriblement contemporains. Et si nous avions le pouvoir de redessiner notre vie ? Et si nous avions le pouvoir ABSOLU de créer un monde à notre image, qu’on contrôlerait, de bout en bout ? Et si cette infinie succession de pouvoirs, de possibilités, finirait par nous faire devenir quelqu’un d’autre ?

S’enfermer dans son monde (le monde de la Grille). Dans un mutisme (son double, CLU 2.0, qui reprend le pouvoir sur nous même). Une fois au sommet, après tout, que faire d’autre ?

 

 

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Tout tourne autour du personnage du « parfait » Jeff Bridges et de son double numérique qu’il a créé pour « l’assister » (comme un profil Facebook qu’on s’amuserait à contrôler ? Comme un avatar numérique d’un jeu vidéo ?) dans la construction du monde idéal.

Virtuel, mais idéal. Puissant, n’est ce pas ?

Mais l’imprévu s’immisce toujours dans le programme (jeu de mot numéro 2, bonsoir), et c’est là qu’intervient la fameuse part d’humanité que le film veut mettre en valeur.

 

 

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Pour appuyer la profondeur d’un scénario qui part pourtant sur un classicisme forcené, je vous invite à bien faire attention à la séquence d’ouverture (impressionnante), qui par sa force visuelle, raconterait presque tout le film :

Une ligne se dessine, puis se courbe, puis se multiplie (comme un fœtus ?), grandit pour laisser apparaître la droiture PARFAITE de gratte-ciels rangés les uns derrières les autres. Mais au delà du monde de Tron, au delà de ce titre que la technologie cinématographique nous permet de traverser, il existe l’imprévu, l’irrémédiable, l’humain. Le rêve d’un petit garçon, émerveillé par la vision de son modèle qui disparaît trop tôt.

Et finalement… Quelques années plus tard… Cet imprévu va devenir la solution. L’éclair de lumière dans les ténèbres. L’idée qui fera sortir ce mauvais monde du côté obscur. Tout se joue alors dans ce dernier regard échangé entre un père et son fils…

Kosinski touche parce que lui même est touché. Sa caméra se ballade, se pose et cherche la symétrie parfaite, à l’instar du personnage de Jeff Bridges.

 

Au milieu de cette quête de l’utopique, il y a la fougue et la coolitude d’un personnage principal qui n’était alors qu’un joueur occasionnel, davantage concentré sur la quête d’un idéal affectif : Son père.

Tron Legacy est un film sur l’idéal, sur la droiture parfaite de notre monde, et le chaos total des pensées humaines. Et de ce choc permanent naît la véritable aventure.

 

J’ai choisi délibérément le vocabulaire de ce paragraphe. Legacy joue en permanence sur la différence de ces deux mondes, dont la frontière est, de nos jours, devenue si fine, que la schizophrénie d’un personnage ne suffit plus.

Voilà pourquoi, et malheureusement, le film se perd un peu dans les sujets qu’il aborde. Les thèmes que j’ai énoncé, ne sont jamais plus approfondis alors que le film aurait largement pu se poser comme un portrait « connecté » de notre société, avec de bonnes idées (« Le Magicien d’Oz » a sa suite moderne : Le monde réel en 2D et le monde de la Grille en 3D. Il fallait y penser !) et des séquences d’action dantesques (les Light Cycles !). Mais les réponses manquent, certains personnages sont sous-exploités (Olivia Wilde, Michael Sheen… et Olivia Wilde !) et le manque clair d’enjeux nuisent à l’expérience qu’offre le film, dont le relief est pourtant savamment utilisé. Les effets spéciaux sont à la pointe, et crédibilisent le film dans sa marche technologique. Dans ce domaine, le visage rajeuni de Jeff Bridges en CLU 2.0 est une prouesse. La chose reste perfectible, mais ne pas oublier que les séquences CGI du premier Tron, en 1982, étaient programmées sur des documents Texte (et la souris n'était pas encore utilisée) !

L’ennui guète parfois, même si l’univers est assez riche pour pouvoir nous occuper et passer un bon moment pop-corn.

 

 

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Le film hésite, on sent qu’il veut pourtant aller au-delà. Par peur de perdre des spectateurs peut être. Finalement, il ne parvient pas à aller plus loin de ce que le film original avait planté et l’Héritage qu’il avait laissé. Il fonctionne aussi bien que son prédécesseur, et même un peu mieux, mais la déception reste de mise vis-à-vis du potentiel établi et aux objectifs qu’il s’était inconsciemment fixé.

 

Et l’influence Matrix ? Après tout, le film des frères (enfin frère et sœur, pardon) Wachowski faisait parti de l’Héritage du Tron-iverse. Je comparerais plus le film de Kosinski avec Star Wars (dont les clins d’œil sont criants, tout comme ceux faits à 2001 L'Odyssée de l'Espace : Observez l'appartement de Flynn Senior et comparez-le à celui de la fin du film de Kubrick !!!) ou même plutôt… Avatar.

Tron n’est pas plus classique qu’Avatar. Au contraire. Il peine surtout à conter son histoire et à en extirper les meilleures parties.

Il n’empêche qu’Avatar était plus efficace alors que le scénario est bien moins complet que Tron. Il faut croire que malgré tous les efforts et les objectifs fixés, personne n’a le talent du storytelling de Cameron (sa pièce maitresse à lui, oui, c'est Titanic, le seul film dont on connaît parfaitement la fin, mais qu'on parvient à oublier -et même regretter- pendant près de deux heures sur trois).

 

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Un univers magnifique, aux possibilités qui feraient même rêver le moins geek d’entre nous.

Une bande son digne, navigatrice dans ce voyage ambitieux ; les grands thèmes d’une société qui se cherche dans le 2.0, étant au programme (ouh ! Jeu de mot !). Hélas, l’histoire, pourtant basique, n’exploite pas l’immense potentiel des sujets qu’elle aborde et des grandes questions qu’elle pose. Néanmoins, dans cette confusion, l’expérience parvient tout de même à fonctionner par une mise en scène (parfois un peu froide) et un casting impeccable (impérial Jeff Bridges).

Un film cool, eighties, incomplet, mais à vivre impérativement en salle.

 


William Mondello

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