13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 19:12

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les cinéphiles, votre attention s’il vous plait !

 

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Vous l’aurez sans doute remarqué ces derniers temps, le blog cinéma WTF n’a pas eu l’occasion de partager ses points de vues cinématographiques.

 

Malgré un été d’argent qui aurait nécessité plus d’un commentaire, entre la réussite toute en nuances de « Star Trek Into Darkness », le survol de « Man of Steel » ou les dernières annonces sur « Star Wars Episode VII », il y avait de quoi faire.

Pourtant le contenu du site ne s’est guère plus étoffé et a omis d’analyser plusieurs grosses productions et ce pour une raison bien précise, que vous aurez sans doute remarqué : le glissement de la ligne éditoriale vers des enjeux de plus en plus marketing et n’impliquant plus seulement le Septième Art.

 

C’est pourquoi, par souci de lisibilité ET visibilité, il a été décidé de changer totalement d’identité et d’opter pour un blog davantage personnel mais aussi aux sujets plus étendus.

 

MONDELLOVISION.com, accessible dès maintenant, balaye ainsi tout le système hollywoodien et explore tous les supports possibles et imaginables qu’il utilise pour décliner ses produits-films : au cinéma bien entendu, mais aussi dans les parcs d’attractions ou dans les live shows entertainment.

Ce nouveau blog proposera des analyses poussées en marketing, stratégie et cherchera à définir quel angle artistique peut être défini dans de tels mouvements à fortiori de plus en plus financiers.

Hollywood, machine à cash, mais comment et pourquoi ?

Mondellovision.com proposera également à terme des émissions YouTube sur des films précis ayant marqué leur époque sur le plan artistique comme commercial.

Alors ne cherchez plus, suivez dès maintenant le fil Twitter de Mondellovision et ajoutez le site à vos favoris !

 

Le contenu du Blog Cinéma WTF restera accessible indéfiniment mais l’url www.whatthefuckisthat.fr cessera d’émettre à partir du 25 janvier 2014. Le compte Facebook ne sera, quant à lui, plus alimenté. 

 

 

A tout de suite, donc, sur Mondellovision !

 

 

Cinématographiquement votre,

 

WM

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 16:37

Cet été 2013 des films a été l’un des moins engageants de ces dix dernières années.

 

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Voilà c’est dit.

Je ne veux pas jouer les cassandre pour ce premier édito de l’année (ou premier édito tout court), mais le cinéma « pop » comme populaire n’a jamais été aussi peu inspirant depuis les été 2001 ou 2002.

 

Point de grand frisson sur grand écran cet été. Point de révélation stupéfiante. Point de surprise. Point de film qui vous donne la banane en sortant de la salle ou vous donnerait l’idée de changer le monde.

 

Cet été fut clairement déprimant, et pourtant il avait très bien commencé.

 

Lorsque « Iron Man 3 » ouvrait le bal fin avril, il lançait la promesse cachée qu’on allait s’amuser de ce sentiment nostalgique qui nous abime depuis quelques temps déjà. Le « back to basics », les reboots en pagaille de ces derniers temps ont fini par achever cette sensation de redite en consacrant des sujets anciens dans un nouveau cadre, moderne celui-ci, et en les réinventant complètement, de leurs origines à leurs déboires humains post-11 septembre. « Star Trek Into Darkness » était l’écho de « Star Trek 2, la Colère de Khan » de 1982. « Gatsby le Magnifique » était une énième relecture, aussi bonne soit elle. Même les (quasi) originaux « Elysium » et « Lone Ranger » reprennent le chemin tracé par leurs ainés.

« Iron Man 3 » du génial Shane Black (scénariste de « L’Arme Fatale » et réalisateur de l’incroyable « Kiss Kiss Bang Bang ») ressuscitait  le Buddy movie des années 1980, et s’amusait de sa situation super-héroïque entre deux coups de feu et trois répliques, en s’évertuant à démonter un mythe des comics pour mieux s’en moquer. Ce « Mandarin Twist » restera dans les annales comme étant l’une des réinventions les plus osées de ces dernières années, quitte à frustrer les fans du matériel d’origine.

Oui. Car la réinvention montrait qu’elle avait encore des couilles, même si elle n’était qu’un produit consommable qu’on oubliait un peu vite.

 

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Oui, je sais je critique. Oui je sais, je l'attends autant que vous !!! Mais...

 

Quand « Batman Begins » sortait à l’été 2005, il faisait face au dernier épisode (pensait-on) de « Star Wars » et quelques films originaux (ou adaptant des best-sellers). Cette relecture complète de Batman dépassait toutes les prédictions. Artistiques d’abord, en remettant sur pied un personnage qui avait sombré dans le parodie avec « Batman & Robin » sorti sept ans plus tôt. Financières, ensuite, car Warner tenait là une nouvelle franchise lucrative, qu’elle allait décliner dans deux suites, toujours réalisées par l’auteur de la surprise de l’été 2010, « Inception », Christopher Nolan qu’on ne présente plus.

Depuis ce temps, Hollywood s’évertue à repenser ses mythes anciens et délaisse le produit 100% original, jugé trop risqué par les financiers. Suites en pagailles, remakes, reboots, les prochains calendriers  d’été montrent une disparition quasi totale du film original pour correspondre aux nouveaux business models montés par le milliardaire et fun « Avengers » sorti l’année dernière : un film réunissant l’univers et le concept, décliné en spin-offs et suites annuelles.

 

Lorsque « Man of Steel », déclinaison de Superman dans un univers Dark Knightesque, sort, l’enjeu est multiple pour Warner : l’Homme d’Acier ne porte pas que son seul film sur ses épaules, mais toutes les autres suites potentielles, à savoir « Man of Steel 2 », le prochain reboot de « Batman », un futur « Green Lantern » ou « Wonder Woman » et le cross-over les réunissant tous, « Justice League ».

Ce système pérenne permet à Hollywood de structurer son modèle économique et de le mettre en mode automatique, où tout risque inutile est effacé.

 

« Man of Steel », au lieu d’inventer, fini alors comme suiveur : il calque la structure scénaristique de « Batman Begins », mime la destruction de masse d’« Avengers » sans jamais se demander s’il fonce dans la bonne direction. Les images ne suivent alors plus le texte et Superman écope d’un carton rouge chez la moitié du public conscient du hors sujet.

Mais la machine a embrayé. La suite de « MOS » verra l’apparition du nouveau Batman qui sera incarné, vous n’y aurez pas échappé, par Ben Affleck.

La toile s’enflamme, les médias en parlent, Warner jubile.

 

Mais que Ben « Argo-fuck-yourself » Affleck soit un bon ou mauvais choix, que faut-il retenir de cette réaction mondiale plus enflammée que le débat Syrien ?

 

Le contrôle. L’interactivité. La prise en considération.

Les fans s’expriment sur les blogs, les gens commentent sur Twitter et likent sur Facebook. Et achètent ou piratent le film pour le regarder quand ils ont envie, où ils ont envie.

 

 

 

 

C’était tout le débat lancé par Kevin Spacey sur l’avenir de la Télévision et des contenus fictionnels lors d’une conférence en Ecosse.

Le public veut (re)prendre le contrôle. Et en subir toutes les surprises.

 

Le public veut pouvoir suivre une intrigue, quitte à ce qu’elle dure 10, 13 heures d’affilées. Et la vivre comme elle lirait un livre. Au bord de la plage. Dans sa chambre. Dans son salon.

 

Le Cinéma offre toujours la grandeur, la sensation, le dispositif technique qui va permettre une immersion totale. Mais les Home Cinema le permettent aussi, et de plus en plus. Et à défaut de trouver une bonne histoire, même dans le gigantisme (le surestimé « Pacific Rim »), le public détourne le regard et va là où il est réellement considéré.

La prise de risque paie. Cet été, mes grands frissons se sont résumés à trois œuvres :

« Homeland », « The Newsroom » et « House of Cards ».

 

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Trois œuvres non cinématographiques. Trois œuvres qui ouvraient des portes. Trois œuvres qui laissaient un ressentiment à chaque fin de visionnage, tantôt optimiste, tantôt pessimiste, tantôt idéaliste. Trois œuvres avec lesquelles j’ai véritablement vibré. Trois œuvres qui m’ont secoué en allant de surprise en découverte. Trois œuvres qui m’ont fait frissonner et m’ont ému.

Trois œuvres sur lesquelles j’avais un contrôle. Celui de pouvoir les vivre, de fond en comble, n’importe où et n’importe quand.

 

Trois œuvres nouvelles, qui ont tenté d’aller au delà de mes attentes pour en créer de nouvelles, entre deux émotions fortes.

 

 


C’est ce qui me faisait aimer le cinéma version GRAND écran. C’est ce qui me l’a fait détester cet été.

Pourquoi la Télévision est-elle capable de surprendre et le Cinéma être aussi prévisible et dirigé ?

 

La seule chose que je souhaite c'est sortir de la salle ébahi. Non par le nombre de plans truqués. Non par le nouveau tour de poitrine de Megan Fox. Non par l'effet de caméra sympa que machin vient d'inventer. Mais par une histoire et des personnages qui m'inspirent et provoquent une telle sensation que je sors de la salle bouchée bée, les poils encore hérissés par une telle mise en scène et écriture qui m'a parlé au plus profond de mon être et m'a transporté dans ce rêve en Cinémascope... Que je transporte maintenant en dehors de la salle.

 

Un espoir pour 2014, toutefois, où de nombreux films originaux sortiront au milieu de quelques nouvelles suites. Le public répondra-t-il présent comme il ne l’a pas fait pour les quelques produits originaux produits cette année ?

 

La grande question demeure, car l’année suivante, c’est tout l’inverse qui arrivera, 2015 étant l’année des suites en pagaille et de cet Hollywood des marques.

 

« World War Z » est en tout cas un bon espoir pour Paramount comme évoqué dans la précédente émission, nouveau format d’expression pour ce blog et qui devrait revenir sous peu.

 

 

 

 

Alors le Grand Frisson cinématographique en plein été, c’est définitivement mort et enterré ?

Réponse, l’année prochaine.

 

 

Je suis William Mondello, cinéphile exigeant en mal d'émotions fortes et de merveilleux en grand large, et je vous souhaite une bonne rentrée !

 

 

WM

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 11:26

Première émission de WTFCiné sur YouTube !

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=n7WiS-8QG_U 

 

Pour son arrivée sur YouTube, WTF analyse "World War Z" :

Sa production calamiteuse, son importance financière pour Paramount Pictures encerclé par une concurrence féroce, et sa fin alternative, abandonnée il y a peu de temps.

 

Paramount a donc relancé la production à la dernière minute, peu importe le coût supplémentaire que cela a représenté (le budget s'est envolé) car l'enjeu était trop gros. A l'heure des films-marques, Hollywood cherche impérativement ses produits "vache à lait" et ce, peu importe le prix. C'est ce qu'on appelle un investissement.

 

Et toi public, qu'as-tu pensé de ce film aux trous vaguement comblés ?

 

 

Enjoy !

 

"World War Z" de Marc Forster.

Avec Brad Pitt, Mireille Enos, Daniella Kertesz et Fana Mokoena.

Actuellement au cinéma.

 

WM

 

Crédits : Paramount Pictures

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 22:16

Ecrasé par ses propres ambitions, presque schizophrénique, « Man of Steel » ne décolle pas.

 

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Man of Steel : le survol de Superman

 

 

JOR-EL

Goodbye, my son. Our hopes and dreams travel with you.

(au revoir mon fils. Nos espoirs et nos rêves partent avec toi.)


LARA LOR-VAN

He will be an outcast. They'll kill him.

(Il sera un paria. Ils le tueront.)


JOR-EL

How? He'll be a god to them.

(Comment ? Il sera un Dieu pour eux.)

 

 

C’est un peu l’attente qu’on a de ce film.

C’est un peu l’attente qu’on a d’un film qui se positionne comme étant un des plus gros succès de l’année, touchant par son ambition, étonnant par son spectacle et émouvant par son message.

« Man of Steel » allait être BIG. Mais pas énorme par le nombre de ses effets spéciaux, mais plutôt parce qu’il allait faire renaître Superman sur Grand Ecran, avec tout ce que ça implique.

Et puis commencer un film avec un tel dialogue, c’est qu’il doit amener bien des choses en sa conclusion…

 

Alors ces deux bonnes heures pleines d’espérance ?


Je crois que cela faisait un moment que je n’étais pas sorti aussi énervé d’une salle de cinéma.

 

« Man of Steel » est peut être bien l'un des pires films que j'ai vu cette année.

 

"Des choix malheureux empêchent de profiter du spectacle" énonce Mad Movies. "Tiré dans plusieurs directions, le film n'est jamais satisfaisant" précise le Los Angeles Times. "Abrutissant, énervant, fatigant" hurle l'Express. "Fait par des gens qui n'ont pas dépassé la puberté" dit The New York Observer. "Nul acier" titrait Libération.

Pas loin.

 

Bien sûr, Hollywood nous pond des navets par dizaine chaque année, bien sûr, de vagues films peinent à se faire remarquer en positif. Bien sûr il y a pire que ça. Bien bien bien bien pire.

 Mais je crois qu’ici jamais ma déception ne fut aussi grande. 

 

Pourquoi « Man of Steel », malgré son visuel époustouflant et son casting parfait, ne parvient pas à faire décoller Superman et dépasser les attentes suscitées par ce qui fut sûrement la meilleure bande-annonce de l’année…

 

 

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SuperMarketing

 

Superman.

 

Parmi les premiers super-héros transposés au cinéma. Probablement LE premier super-héros d'envergure adapté par le Hollywood moderne (post-1977), en l’occurrence par Richard Donner en 1978.

Le premier vol de l’homme d’acier en avait étonné plus d’un. A vrai dire, c’était souvent l’un des meilleurs premiers souvenirs de cinéphile de toute une génération.

Quand Bryan Singer relança la machine en 2006, pour rendre hommage à cette époque disparue avec « Superman Returns » il assumait alors tous les codes kitschs du héros au slip rouge. Quelques années après la mort de Christopher Reeves, Superman renaissait de ses cendres. Le réalisateur américain parvint même à réintégrer Marlon Brando dans son film, avec des scènes coupées datant de « Superman II ».

 

Après le Box-Office timide de « Returns » en 2006, Warner Bros. mit la suite entre parenthèses. Un an auparavant, « Batman Begins », son autre héros DC Comics avait cassé la baraque et était parvenu à réunir la critique et le public alors même que le Cape Crusader était lui aussi en perte de vitesse quelques années plus tôt.

 

Qu’à cela ne tienne, le prochain Superman épousera la forme du reboot de « Batman ». Il fallait non plus reprendre ce qu’avait établi Donner à la fin des années 70, mais repartir à zéro, avec une nouvelle direction, différente. Fraîche.

Moderne.

 

Pas de problème.

Sa trilogie Batman quasiment terminée, Christopher Nolan est appelé à la rescousse dans ce projet à priori casse-gueule. Le slip rouge sera-t-il suffisamment réaliste pour le réalisateur britannique ? Nolan décline la proposition. A moitié.

Il ne réalisera pas. Mais produira.

Autrement dit, avec son acolyte David S. Goyer qui a scénarisé « Batman Begins », il allait délimiter le nouveau terrain de jeu de Superman.

Ca sera donc une approche semi-réaliste, avec du sombre.

Beaucoup de sombre.

Mais Goyer sans Nolan n’est pas le Goyer de « Batman Begins ». Et ce soir, c’est sûrement un des nombreux problèmes de ce « Man of Steel » qui se titre de la même façon que « The Dark Knight », en contournant le nom en –Man, pour faire plus réaliste.

 

Zack Snyder est appelé à la barre. Il sera le metteur en scène de ces nouvelles aventures de l’Homme d’Acier.

Snyder dont j’ai moi-même longtemps dit beaucoup de mal pour finalement apprécier quasiment tous ses films. Snyder c’est un gosse. Mais un gosse foutrement doué.

Il a le sens des images. Il a même une patte. Il y a une imagerie Snyder.

En quelques films, le réalisateur a su s’imposer : son jouissif « 300 » a marqué beaucoup de monde. Quant à « Watchmen », j’en discute encore. Pas pour le scénario néanmoins.

Une force visuelle inébranlable. Et une valeur sûre, en contrat avec Warner qui se fait toujours plus challenger par son rival, Disney, qui s’est positionné à son niveau en rachetant Marvel (DC Comics appartient à Warner Bros depuis les années 1960).

 

 

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Marvel qui a établi un véritable business model : des films solos, puis un cross-over, où tous les héros se réunissent pour l’ultime baston.

Un business model qui a fait ses preuves. 1,5 milliards de $ pour « Avengers » et à ce jour, 1,2 milliards de $ pour « Iron Man 3 ».

Et un succès critique et public estimable.

 

Alors comment Warner pouvait faire pour rattraper son retard et ainsi enfin lancer la production de son arlésienne « Justice League » (la Ligue des Justiciers, en français), son « Avengers » à elle ?

Nolan fait non de la tête, ça ne sera pas avec sa trilogie « The Dark Knight ».

Tous les espoirs sont donc portés sur ce « Man of Steel » au marketing saisissant.

Une dizaine de bandes-annonces, des tapis rouges partout dans le monde, des avants-premières avec les fans, des tie-ins en pagaille (ces partenariats que vous voyez à la télé ou dans votre bus), une campagne d’affichage lourde et mondiale… « Man of Steel » est plus qu’un seul film à marketer. C’est en réalité plusieurs films que Warner Bros. markete là, avec cette promesse en tête : les chiffres de « Man of Steel » donneront le feu vert pour « Justice League » et tous les films dérivés qui pourront en découler (La Ligue étant composée de plusieurs héros, et donc d’autant de nouveaux films potentiels : un nouveau Green Lantern, un film Wonder-Woman, et même un nouveau reboot de Batman).

 

« Man of Steel » porte donc plusieurs personnes sur ces épaules, et autant d’espoirs avec lui.

 

Dont le miens.


 

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Le premier survol de Superman

 

Puisque j’attendais de ce nouvel épisode de « Superman » d’égaler la qualité (qu’on peut toujours discuter) de son grand frère et apparemment modèle (cité par le réalisateur), à savoir « Batman Begins ».

« Batman Begins » était parvenu, 8 ans plus tôt, à revenir aux origines de Bruce Wayne, alors inexplorées au cinéma, et de lui coller à la peau avec un tout autre genre en tête : entre le film noir et le policier pour sa suite, « The Dark Knight ».

Sans le savoir, « Begins » réinventait un genre qui n’existait pas réellement. En exécutant différemment l’histoire des origines du héros, ou plutôt, en s’aventurant dans une telle description, « Begins » était nouveau. Le style Nolan faisant le reste, Batman redevenait vrai. On y croyait. Et le « suspension of disbelief » fonctionnait correctement.

 

« Man of Steel » s’imposait donc cet objectif : revenir à l’essence de Superman, redéfinir ce qu’il est et ce qu’il représente. Expliciter pourquoi il est là, comment, et surtout, pour quelle raison.

Le principe des reboots de ces dernières années était de ramener le public à être (de nouveau) témoin de tous les événements précédemment vaguement décrits dans les films qu’il remakait. Aller aux origines de l’histoire pour mieux en comprendre les aboutissants et ainsi vivre l’émotion au plus près en renouant avec les personnages.

 

Mais « Man of Steel » échoue lamentablement à cet objectif jusqu'à son climax excessif et imbécile.

Le film échoue, car il fait d'abord le choix d’une narration en flashbacks qui coupe toute possibilité de s’accrocher aux notions réalistes qu’il cherche tant à démontrer rien que dans sa plastique (et son marketing savamment dosé, même dans le film puisque Seven Eleven apparait partout et l'Armée a bien payé ses placements produits).

 

 

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Le genre de plan qui ne sert en rien à l'histoire (qui part déjà dans tous les sens), spécialement conçu pour apparaître dans la bande-annonce afin d'attirer le public féminin (ou autre)

 

 

C’était aussi un des buts de cette entreprise : faire un Superman sombre et réaliste.

 

Après tout, pourquoi pas ? Même si l’univers alien de Sup’ ne s’y prêtait pas forcément, Snyder parvient à insuffler une dose de réalisme avec ses nombreuses caméras à l’épaule, avec ses gros plans dans les fameux flashbacks dessinant de vagues souvenirs à la photographie saturée (quelle photo dégueulasse, parlons-en).

Terrence Malick en devient d’ailleurs la référence évidente. Chose qui transparaissait dans les premières bandes-annonces qui vantaient ce virage réaliste comme étant en même temps poétique.

 

Mais ici, point de poésie. Ici, c’est une avalanche d’images synthétiques. De fausseries invraisemblables, largement éventées déjà par « Avengers » que le film semble vouloir surpasser, en vain, car il manque tout dès le départ. Afin d'éviter une prévisibilité de son intrigue, il se complique sans arrêt la tâche en s'aventurant dans des explications mal amenées  et plonge alors dans des délires nullissimes mêlant écologie, mauvaise science-fiction et vague intrigue politique dont tout le monde se fout dès sa mise en abyme.

Et quand le métrage accumule autant d'incohérences, de "plot-holes" (comment cela est-ce possible ?) et de moments si WTF (dans le mauvais sens), on ne peut qu'être navré par ce que l'on voit. Et que dire de ces milliers de tonnes de débris qui cachent des cadavres qu'un super-héros ne sauve même pas ! (c'est ce qu'on imagine, vu le ton du film)

 

On a parfois l’impression de voir ce « Man of Steel » s’éparpiller.

Pire, il fait le choix d’une structure désordonnée dans son storytelling qui nous perd davantage alors qu’il aurait fallu quelque chose de clair pour un début. Un premier acte, d’exposition, une deuxième acte, de péripéties, et un troisième, LE final. Au lieu de ça, le récit vogue de souvenir en souvenir et se met parfois à emmêler le présent avec le passé, apportant toujours plus de confusion de ces vues d’ensemble.

Que cherche à dire « Man of Steel » ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi ? L’histoire n’aborde en fait aucun thème, car elle n’en prend jamais le temps : sûrement fainéante ou ayant peur de trop en dire... Quand elle ne prend pas les gens pour des abrutis (cette histoire incompréhensible de codex, Russell Crowe qui envoit son fils sur Terre pour plusieurs raisons inutiles et qui se contredisent elle-même, Laurence Fishburne qui regarde par la fenêtre, hébété par cette invasion extraterrestre classique et ennuyeuse).

 

En ne laissant jamais au spectateur l’occasion de s’attacher aux choses, en survolant les événements à une vitesse incompréhensible, « Man of Steel » manque de nous emporter alors qu’il se donne sans cesse des élans de film d’auteur, attaché à l’émotion.

On croirait parfois être devant une télévision, en train de zapper entre différentes chaines, ici représentées sous forme de souvenirs.

Le film donne de beaux rôles, mais ne les remplit jamais : Lois Lane est ainsi occupée à travailler davantage que ce qu’elle n’est censée faire, pour se finalement se faire largement oublier dans le climax, ; Jonathan Kent conduit Clark Kent vers son destin, en bonne figure du père qu’il est, mais se dissipe largement au fil de ses souvenirs… Quant à cette mauvaise enfance passée par Clark Kent elle attriste dans l'excès, jusqu'à oublier l'esprit lumineux du mec qui porte le symbole du "S", alors supposé représenter la notion de "Hope", soit espoir en français...

 

 

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L'enfant qui est en vous, traumatisé

 


Et pour appuyer ces séquences souvent nauséabondes, Hans Zimmer force la musique, pourtant agréable à l'écoute hors de la salle, jusqu'à ce qu'on entende plus rien.

 

Entre deux inepties, « MOS » fait des choix discutables dans sa narration. Et passe régulièrement à côté. Et quand il s’attarde, c’est aussi sur des éléments superficiels comme les prérogatives de cette Armée complètement aveugle pour ne pas dire stupide…

 

Ces passages manqués, « Man of Steel » loupe alors tout devoir d’empathie entre ses personnages et le public, qui ne finit qu’assister aux scènes alors qu’il demanderait davantage à trembler autrement que par le nombre de pixels qu’il est forcé à contempler dans un final explosif frôlant le grand guignol (que seul du second degré aurait pu sauver) et tuant littéralement des milliers de gens (oui on voit les cadavres)... Toujours dans un film de super-héros proclamé (en mode "origins story" qui plus est)...

 

 

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Le genre d'image incompréhensible que vous verrez dans le final, au milieu d'une centaine d'autres qui ne disent rien

 

 

Dans ce final bruyant et violent, qui n'est rien d'autre qu'une vitrine pour ILM ou Weta, Superman s'enfonce dans une brutalité qu'on ne lui aurait guère soupçonné, jusqu'à choquer en le voyant sauver personne et tenter des coups étranges avec des soldats qui font l'antithèse d'un 11 septembre bien mal digéré.


A côté, le propos ne suit toujours pas les images. « Man of Steel » se permet même de surligner l’aspect divin, messianique, avec cette scène dans une église qui plonge le récit dans le ridicule. La finesse s’évapore et deux virages plus tard, notre attention aussi.

 

 

 

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Le point commun entre Star Wars, Terrence Malick et Transformers

 

Car le film finit par se contredire.

Il fait jouer ses personnages dans un univers réaliste pour finalement les lâcher dans un déluge sans queue ni tête. Jusqu’à ce que même l’écran devienne blanc pendant plus de 3 secondes, comme pour rappeler au spectateur qu’il n’est que devant un film, et pas une réinterprétation d’un mythe.

En jouant sur différents registres, le film nous perd. Il cite « Star Wars : l’Attaque des Clones » (pas une référence) en prologue, « Matrix » dans ses explications scientifiques, pour faire du Malick 15 minutes plus tard, et qu’enfin, dans sa dernière heure il vire à l’extrême par nécessité de montrer que oui, c’est un blockbuster qui en a une grosse, en singeant les débilités de « Transformers 3 ».

Le tout en se prenant toujours autant au sérieux.

 

"Boom" "BAM" "Boom"

Au milieu de tous ces tambours, Superman est à l'image du rythme du film, comme un déséquilibré, qui tape dans tous les coins pour se faire remarquer.

 

Dans ce registre dantesque, pour ne pas dire apocalyptique, les combats Superman Vs. Zod Vs. Autre Vs. INSEREZ UN NOM, certes, émoustillent la rétine mais se perdent, encore et encore dans toute cette masse qui tape plus fort que ce qu’elle ne devrait.

 

 

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Michael Shannon énervé par ce script imbuvable 

 

 

Pourquoi « Avengers », en s’aventurant dans la même galère dans sa dernière heure, parvenait à nous faire décoller ?

Parce que justement il avait le mérite de rester « fun » et d’assumer ce qu’il était réellement dès le départ.

 

Pourquoi « Batman Begins », avec son histoire abracabrantesque de micro-ondes portable, parvenait toujours à soutenir son rythme ?

Parce que justement il avait le mérite de rester dans la même cour du début à la fin.

 

Quand enfin le film décolle, il plonge dans des espérances crétines en virevoltant toujours entre les registres. Il ne prend jamais le temps. Jamais le soin.

Ecrasé par sa propre ambition, financière et artistique, « Man of Steel » n’entre pas dans le cœur des choses. Il vire de bord dès que ce qu’il décrit est établi. Il survole les choses, les énonce vaguement en espérant que le public les connaisse déjà. Il ne donne aucune consistance à ce qu’il filme.

Mais c’est pourtant ce que j’étais venu voir. J’ai accepté ce nouveau vol de « Superman » pour qu’il m’emporte dans tous ces grands moments de vie, que j’y assiste comme si c’était vrai. Que je les comprenne directement à la source.

 

 

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Quand Superman fonce dans le mur 

 

 

C’était la promesse de cette vision réaliste, à l’image du pouvoir de Superman : voir au travers des événements, aller au-delà et transporter le public.

 

Mais le film emporte avec lui ces promesses et les annihile quand seulement cinq secondes après le passage le plus émouvant du film il reprend son montage descriptif, loin d’un langage sincère, et calculé au millimètre pour que le long-métrage ne le soit pas trop afin d’avoir plus de séances par jour et donc plus de dollars.


 

 

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Ne pas oublier que le but ultime de ce genre d'entreprises est de vendre ça

 


L’émotion ne prend pas. L’humour est inexistant. Et le spectacle ne l’est pas, car aucune connexion avec les personnages ne s’est faite comme si un téléchargement avait été coupé trop tôt pour arrivé à son terme.

Ce n’est donc qu’un déluge. Qu’on subit en regardant alors ce film devenu trop long, malgré ses bons moments, ses trouvailles visuelles et son casting, absolument impeccable de bout en bout.

 

 

JOR-EL

You will give the people an ideal to strive towards. They will race behind you, they will stumble, they will fall. But in time, they will join you in the sun. In time, you will help them accomplish wonders.

 

 

On se demande bien comment Kal-El aura aidé les terriens à "accomplir des merveilles" quand on voit le cataclysme phénoménal dont il est en partie grandement responsable à la fin du métrage. Le discours de son père se contredit tout au long de ces deux heures et demi, et celui de son père adoptif ("cache toi mon fils") aura été discrédité pendant près de 50 minutes de foutoir total.

 

Jamais le film ne répond aux questions qu’il pose dans son ambition artistique : qui est Superman ? Qui est Clark Kent ?

Il le fait vaguement en trois répliques sur le « Pourquoi ». Mais ne s’évertue jamais à montrer comment… Quid du héros auquel on aimerait s'identifier ? 

On sort de la salle avec ce goût amer : celui de ne même pas se souvenir de ce qu'à raconté le film... Alors qu'on aimerait être surtout inspiré.

 

Peut-être suis-je dans l’ombre du « Superman » de Donner, que je n’ai pourtant pas revu depuis des années.

Mais ce vol avait quelque chose de magique. De fantastique. Plein de romantisme. De beauté.

Et ça j’aimais y croire.

 

Ici, alors même que la technique a largement évolué, je n’y ai pas cru une seconde. Je n'en avais pas non plus envie. D’ailleurs j’en suis sorti avec une certaine impression.

Comment ont-ils pu réussir à échouer avec autant de bonnes choses en main ?

 

 

 

« Man of Steel » de Zack Snyder. Produit par Christopher Nolan. Scénario de David S. Goyer.

Avec Henry Cavill, Amy Adams, Russell Crowe, Michael Shannon, Kevin Costune, Diane Lane et Laurence Fishburne.

 

 

William Mondello

 

PS : Quant à cette 3D épouvantable, j’avais souvent l’impression de regarder un screener…

 

Crédits : Warner Bros. 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 20:12

Disney vient d'envoyer une liste de descriptions aux agents des acteurs et actrices anglais et américains.

 

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Voilà qui va donner du grain à moudre à tous les fans de la saga initiée par George Lucas en 1977 et reprise de plus belle par Disney aujourd'hui.

 

Prévu pour une sortie en 2015 sur les écrans du monde entier, "Star Wars Episode VII" se promet d'être le grand rendez-vous des cinéphiles un temps soit peu geek.

 

Mais quid des personnages ? Le scénario de Michael Ardnt est resté encore bien mystérieux, bien que quelques éléments ont fuité, comme la présence des personnages de la trilogie originale (dont le casting rempilera, en entier) et la présence ultime de la lutte entre le bien et le mal, avec de grandes conséquences à la clé...

 

La liste envoyée aux agents des acteurs/actrices par April Webster, Alyssa Weisberg, Nina Gold via Disney, les directeurs de casting du film, donne de nouveaux éléments, et non des moindres.

 

Enjoy :

 

- Un jeune homme de 20 à 25 ans, plein d'esprit et intelligent, physiquement convenable mais pas nécessairement beau.


- Homme petite trentaine, physiquement convenable, mais celui-ci est beau et sûr de lui.


- Jeune fille en fin d'adolescence indépendante, avec un bon sens de l'humour, et elle aussi… physiquement convenable.


- Deuxième jeune fille, aussi en fin d'adolescence, forte, intelligente et physiquement convenable.


- Homme quadragénaire, au physique à priori convenable, de type militaire.


- Homme d'une trentaine d'années, type intellectuel.


- Homme agé d'environ 70 ans fort, sage et aux grandes opinions.

 

Alors, adaptation d'une nouvelle déjà existante de l'univers étendu ou scénario original ?

 

A vos claviers !

 

"Star Wars Episode VII" de JJ Abrams. Scénario de Michael Ardnt.

Avec Harrison Ford, Mark Hamill et Carrie Fisher.

Sortie en 2015.

 

Ne manquez pas nos galeries photos "Star Wars" sur la page Facebook de WTF !


 

WM

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 12:58

Alors ce saut spatial dans les ténèbres ? "To Boldly Go" ou plutôt "Home Sweet Home" ?

Présenté par logo

 

Star-Trek-Into-Darkness.jpg

 

Star Trek Into Darkness :

huis-clos familial dans l’espace

 

Sorti en 2009, « Star Trek » de JJ Abrams avait fait grand bruit.

 

Trahison pour les trekkies purs ou véritable spectacle jouissif et humain pour une plus large partie du public, ce dernier épisode de la franchise « Star Trek », créée une cinquantaine d’années plus tôt à la télévision pour Gene Roddenberry, repartait à zéro : exit la nouvelle génération, au revoir discours scientifique authentique et bonjour rythme effréné, personnages davantage clichés et divertissement hollywoodien moderne.

 

La formule pop-corn avait bien prise du fait de ses équipes créatives, mais JJ Abrams peut-il réitérer un tel exploit pour cette suite prévue pour le 12 juin en France ?

 

En attendant « Star Wars Episode VII », saga concurrente mais différente (à quel point ?), « Star Trek Into Darkness » tient-il toutes ses promesses ?

 

 

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Voyage stellaire dans les Ténèbres

 

Difficile de ne pas frissonner avec l’apparition sonore de ces cuivres, jouant ce motif en solo comme dans le premier film.

 

Le reboot de la franchise « Star Trek » en 2009 avait déjà été l’établissement d’une invention. Ou plutôt d’une réinvention.

 

D’une série télé et une série de films qui, avec le temps, avaient fini par prendre la poussière malgré tout ce qu’on pouvait en dire. A force, « Star Trek » avait mis de côté le grand public (notamment européen) et partait toujours plus loin aux confins de l’univers avec un équipage (nous) qui se réduisait d’année en année.

Mais à l’arrivée de JJ Abrams et ses équipes de Bad Robot dans l’Enterprise, le voyage devenait alors plus punchy, moins cérébral (hélas ?), plus dans l’action pure et le rythme effréné d’un épisode de série ne durant que 40 minutes (le triple pour le premier film).

De ce souvenir cinématographique, donc, subsiste un effet « série télé » : des personnages forts, creusés, définis précisément à partir de vastes clichés. Un peu comme dans l’excellente série « Lost » créée alors 5 ans plus tôt par le nouveau maître du divertissement. « Star Trek » onzième du nom, ou plutôt, nouveau premier du nom faisait un « back to basics », aujourd’hui à la mode un peu partout.

Revenir aux bases : les personnages. L’histoire. L’univers.

Faisant table rase sur un intelligent twist incorporant la timeline de l’ancienne franchise, JJ Abrams rebootait au sens propre la franchise « Star Trek ».

 

« Star Trek » repartait vers ces mondes inexplorés, en dépassant de nouveau l’ultime frontière, avec une énergie folle et optimiste, comme la série de Gene Roddenberry, sortie en pleine Guerre Froide pour illuminer l’imagination de millions de rêveurs et alors admirateurs de la course vers l’espace.

Ce dernier film boursoufflait presque les rapports d’un équipage haut en couleur, où chacun avait sa place, et où une cohésion et une énergie transpirait à chaque plan.

 

JJ Abrams insufflait une émotion supplémentaire en incorporant ses thèmes forts personnels proches de Spielberg : l’importance de la famille, l’ombre du père, la détermination de la poursuite des rêves, et la notion de destin.

 

Dans « Star Trek Into Darkness », suite du film de 2009, Abrams repart à l’abordage sur les mêmes notes que Michael Giacchino. Mais dès le départ, en plongeant d’autant plus dans l’action, sur un zoom frénétique et intuitivement moderne.

Les attentes sont énormes. Paramount n’a fait qu’exposer pendant des mois un penchant « The Dark Knight » pour sa nouvelle franchise étalon. Le film de Christopher Nolan de 2008 a clairement marqué les esprits et le tout Hollywood s’empresse de réitérer un tel exploit commercial, artistique, et public.

 

Seulement, est-ce que « Star Trek Into Darkness » se prête à une pareille ré-ré-réinvention ?

 

La séquence d’ouverture est en cela impressionnante. Mêlant phase d’exploration d’un nouveau monde, rappelant la série télévisée des années 1960, et action purement moderne, elle expose les personnages à la fin d’un troisième acte d’un autre film qu’on n’aurait alors pas encore vu. Un peu à la façon d’un « Aventuriers de l’Arche Perdue » ou d’un « Indiana Jones et le Temple Maudit », jadis réinventeur d’un tel principe scénaristique (merci à Lawrence Kasdan, futur collaborateur de JJ Abrams, mais nous y reviendront).

Les personnages sont réexposés à tous ceux qui aimeraient les découvrir pour la première fois.

Chacun a son rôle dans un quasi cliché, mais tous les comédiens se dépassent pour le transcender en même temps qu’Abrams joue avec sa mise en scène : McCoy (Karl Urban) grogne. Uhura (Zoe Saldana) sensualise ses passages. Scotty (Simon Pegg) hurle avec son accent unique. Spock (Zachary Quinto) raisonne mathématiquement en ne prenant pas le soin de parler avec son cœur au moment venu.

Et Kirk (Chris Pine) désobéi et ne tire plus seulement la couverture sur lui mais plutôt sur tout l’équipage : sa vraie famille.

 

Et c’est le thème clair de cet épisode : jusqu’à quel point iriez-vous pour protéger votre famille ?

 

 

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Huis-clos familial

 

Lors de la séquence suivante, quasiment muette et seulement portée par la musique de Michael Giacchino (un peu comme la fin de certains épisodes de « Lost »), Abrams présente l’enjeu de cet épisode.

Un problème, vital.

Une famille, déchirée.

Un deal, malheureux.

Une fin, heureuse.

Et un méchant, déterminé : Benedict Cumberbatch, dont le seul regard sur un seul et unique plan fixe d’une poignée de secondes le définit pour tout le reste du film !

 

Cette séquence va alors servir de base à tout le film car un tel enjeu va être amené à être répété de façon monumentale pendant près d’une heure et demie. Jusqu’à quel point Jim Kirk, orphelin dans cet univers, peut-il compter sur sa famille, pourquoi, et comment.

Et que peut-il faire pour la protéger ?

 

Cette focalisation sur le personnage de Kirk et ses acolytes Spock, Uhura, McCoy et Scotty est alors presque regrettable : quid de Sulu et Chekov amenés au second plan ? La cohésion de l’équipe survolée dans « Star Trek » disparaît au profit d’une simple confirmation, amenée elle par une étonnante proximité…

 

C’est là que la réalisation de JJ Abrams devient intéressante. Car elle n’est plus seulement pensée pour le spectacle, le rythme (dont on pourra discuter sur la première heure du film), mais est définie par l’histoire même du long-métrage et les questions qu’elle aborde.

Abrams insiste donc sur les gros plans et dégaine même un cadrage ahurissant en plein milieu du film, spectaculaire… émotionnellement.

 

Ainsi, de la fin de ces deux séquences d’ouverture au climax, JJ Abrams se sert de ses plateaux pour enfermer ses personnages en quasi non-stop.

 

La tension montante, le ton de cet épisode chercher à froncer les yeux et à ne jamais sortir d’un cockpit, d’un vaisseau, d’un pièce, et la moindre sortie dans l’espace est prétexte à enfermer des personnages dans des combinaisons étouffantes (logique me direz-vous).  Mais des combinaisons qui protègent du danger qui est extérieur.

 

Abrams renforce l’idée de cocon familial, ou d’un proche qu’on serre fort pour ne pas le laisser disparaître.

Le vaisseau USS Enterprise devient donc une maison. Une « Home » en anglais, confronté à une autre, cinq fois plus grande, et prête à avaler quiconque passera au travers de son passage.

 

Car le mot « Home » en anglais comporte un double sens qui ici prend tout son sens. « Home » sous entend « famille », et c’est exactement la dualité qui est exposée au fil de cet épisode spécial. Une maison contre une autre. Une famille contre une autre.

Une dualité qui représente aussi deux choix possible : celui de la raison et du cœur.

 

Un choix que le Némésis de cet épisode aura déjà fait, emporté dans sa tristesse d’avoir  déjà perdu sa famille ; soit le parfait antagoniste de Kirk d’alors, déjà orphelin, et dont le seul réconfort est d’être emmitouflé avec la sienne dans sa « Home », qu’il doit protéger, en chef de clan qu’il est (Capitaine), contre l’autre.

 

Une « Home » des ténèbres menaçante, prête à s’écraser, avec tout le poids effroyable qu’elle comporte : de la culpabilité au sentiment déréglementé de vengeance.

Et une « Home » à protéger, pourtant prête à s’écrouler à tout moment, notamment sur l’autre « Home » de nos héros : la Terre.

 

Les scénaristes Alex Kurtzman, Roberto Orci et Damon Lindelof représentent d'ailleurs ce combat, ce duel par le danger de la destabilisation des montures (les vaisseaux) de chaque famille. Le danger est de fait la mise à terre (le syndrome de la chute) par son ennemi au travers d'un balet de menaces explosives.

 

Ces menaces, ces tensions et cette volonté d’enfermer les personnages rendent le film étouffant et lui permet de densifier à chaque fois un peu plus ses séquences d’action-aventure, toujours plus spectaculaire et dont chaque effet spécial, visuel et sonore (merci Ben Burtt) est un régal pour tout cinéphile qui se respecte.

Des séquences pourtant à l’air libre, mais dont chaque issue est d’enfermer le personnage qui s’en sort dans une nouvelle prison, ou plutôt, une nouvelle unité de lieu.

 

 

Star Trek 2

 

Unité d’une équipe, unité de lieu, unité de temps

 

Et c’est une des nouveautés de cet épisode.

Contrairement au précédent, qui faisait des sauts dans le temps assez large et dont l’action principale se déroulait à plusieurs endroits sur plusieurs jours, « Star Trek Into Darkness » s’aventure que dans de rares lieux différents, la plupart du temps, restant les occupants de l’Enterprise restant enfermés dans le vaisseau pour n’en sortir qu’en cas d’extrême besoin (quand ils ne sont pas eux-mêmes catapultés suite à une explosion).

 

Plus encore, « Into Darkness » privilégie l’action non pas en multipliant les séquences spectaculaire, mais plutôt en jouant la carte John « Die Hard » McTiernan de l’unité de temps : le récit se déroule ainsi sur un seul jour (ou deux).

 

Cette frénésie temporelle emporte alors le film sur un rythme efficace mais perturbant, et qui efface malheureusement certains personnages au profit d’un tout action et d’une focalisation sur les personnages cités précédemment.

 

Un rythme, sans cesse relancé par de nouveaux mini-enjeux digne d’une sérié télévisée, dont l’un des plus inventifs découle du précédent épisode ; à savoir SPOILERS SPOILERS SPOILERS l’existence d’un deuxième Spock plus âgé, venu de l’univers parallèle, et dont la connaissance des événements précédents rendra le climat encore plus oppressant.

 

FIN DU SPOILER

 

C’est peut-être là que le bas blesse et cette suite de « Star Trek » est peut être moins punchy.

Car là où le premier épisode était un condensé de plusieurs épisodes de vies des personnages, celui-ci se présente davantage comme un super épisode aux mises plus limitées, et appelant donc moins à une suite substantielle.

Une chose loin d’être désagréable, mais qui laisse une impression paradoxale de produit non fini, qui nous laisse sur notre faim (en cela nous remercierons Paramount d’avoir montré tout le matériel spectaculaire dans les bandes-annonces).

 

L’unité de l’équipe est mise à mal car c’est le chef de famille qui est ici remis en question, sur une unité de temps et une unité de lieu.

« Star Trek Into Darkness » peut ainsi aussi être vu comme un film sur l’unité et dont le cœur, le véritable climax, n’est pas l’action mais plutôt bien l’émotion.

 

Restent en tête ces incroyables images dont seul JJ Abrams a le secret et dont clairement, la véritable force est la caractérisation des personnages et leur humanisation au milieu de cette débauche d’effets spéciaux, tous aussi incroyables les uns que les autres et à voir uniquement sur Grand Ecran. Et une chose importante : le film reste "fun" en toutes circonstances, relance l'humour, la légèreté quand il le faut.

 

De quoi être rassuré sur le lancement d’un nouveau voyage dans une galaxie lointaine, très lointaine ?

Que la Force soit avec lui !

 

 

 

Master Class de JJ Abrams, enregistrée après la projection du film du vendredi 26 avril 2013 au Pathé IMAX Quai d'Ivry. Avancez à 13:30.

 

 

"Star Trek Into Darkness" de JJ Abrams. Avec Chris Pine, Zachary Quinto, Karl Urban, Zoe Saldana, Simon Pegg, John Cho, Alice Eve, Anton Yelchin, Peter Weller et Benedict Cumberbatch.

Au cinéma le 12 juin.

 

 

William Mondello

 

Crédit : Paramount Pictures

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 19:54

Le nouveau film du réalisateur de « Tron, l'Héritage » est-il le film de "l'oubli" ?

 

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Oblivion : la Science-Fiction, miroir de l’âme ?

 

Initialement prévu chez Disney et écrit par William Monahan, oscarisé pour le scénario des « Infiltrés » de Martin Scorsese, « Oblivion », qui signifie « oubli », aura finalement été produit chez Universal.

Attaché au projet depuis assez longtemps, Tom Cruise, carriériste dans l’âme et rare acteur hollywoodien à être resté bankable pendant près de trois décennies, convaincu par l’efficacité du script et du talent de metteur en scène de Joseph Kosinski, a mis les bouchées doubles.

Rarement on aura vu un film aussi « nouveau » être fait aussi rapidement dans cet Hollywood habitué aux remakes, reboots, suites et spin-offs (ça arrive, ne vous en faîtes pas) à gogo.

 

Et pourquoi ?

Peut-être parce qu’à défaut d’être un excellent film, « Oblivion » est une très belle œuvre de science-fiction.

 

Un mash-up « Oblivion » ?

 

 

 

 

« J’ai vu des choses que vous ne sauriez imaginer… »

 

 

ROY BATTY

« I’ve seen things you people wouldn’t believe… »

 

 

Si dans son dernier souffle d’androïde, Rutger Hauer, le dernier réplicant à vivre, glace autant le spectateur, ce n’est pas par le bruit de ses mécanismes, mais plutôt par le discours sous jacent de son humanité acquise.

L'humanité d'un auteur visionaire qui partage sa vision ?

 

Dans le chef d’œuvre de Ridley Scott « Blade Runner », cet androïde s’attache à l’interrogation du sens de la vie, se sachant condamné. Il évoque une "mort" et non une simple "déconnexion", car il pense, rêve, croit comme un homme. A-t-il ainsi une âme ?


Pourquoi vit-il ? Quel est le sens de la création ? Pourquoi a-t-il été créé ? Quelle est sa condition d’être vivant ?

 

La science-fiction, depuis des décennies se rapporte aux grandes questions.

La condition humaine.

Le libre arbitre.

Le sens des réalités.

L’appétit de la découverte.

La définition de la création.

Le poids de l’âme.

 

Pour ce faire, le genre utilise pléthore d’inventions. Imagine ce que notre présent sera. Le pousse jusque dans ses derniers retranchements. L’explore pour l’étendre.

Jusqu’à l’infini.

 

Elle exagère nos réalités, en se servant de la technologie comme d’un moyen pour se justifier et nous faire croire à ce qu’elle nous montre.

 

Un œil nous surveille sous des aspects sécuritaires pour mieux nous contrôler, le voyage aux confins de l’univers sert à nous perdre, la conquête spatiale nous pousse à nous interroger sur le sens de la vie, une réalité est superposée sur notre définition du réel pour nous utiliser, la création d’un robot nous rend imparfait, l’information devient instantanée pour mieux nous traquer…

 

De « 1984 » de George Orwell à « Minority Report » de Steven Spielberg (qui adapte Philip K. Dick), chacun s’est entaché à donner corps à un risque, un avertissement, ou même un espoir.

 

Et si parmi toutes les possibilités évoquées dans ces milliers de livres, ces centaines et centaines de films, allant jusqu’au space opéra ou revenant vers la pure anticipation, et si la Science-Fiction servait à donner de l’espoir à l’Homme ?

 

 

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La Science Fiction sert-elle à donner de l’espoir à l’Homme ?

 

 

Dans « Oblivion », Joseph Kosinski, réalisateur talentueux de « Tron l’Héritage », et accessoirement ancien architecte, s’amuse à revisiter (plagier ?) bon nombre de ses classiques SF.

Dans ce monde qui oublie son passé, l’ironie veut que le spectateur se remémore toutes ces références, plus ou moins cachées, d’anciens classiques de SF.

On pense à « 2001, l’Odyssée de l’Espace », « Matrix », « Independence Day », « Soleil Vert » ou même certains chapitres de la « Quatrième Dimension » dont ce film ressemble fortement à un épisode version longue.

On pense aussi, un peu, aux limites que dépasse la série suédoise « Real Humans » actuellement diffusée sur Arte. C’est se demander si chaque œuvre de science-fiction ne se fait pas du pied pour se challenger à chaque fois davantage.

 

De twist en twist, Kosinski pose sa caméra pour créer une véritable imagerie ; des plans qui restent en tête.

Un objectif qu’il fait danser de symétrie à plan épuré dans les séquences plus dynamiques.

Avec la musique de M83, mélancolique, il créé un ton. Une ambiance.

Son casting habite alors chaque plan et rattrape les défauts d’une réalisation parfois belle mais creuse. Andrea Riseborough émeut. Olga Kurylenko attendrit.

Et les voix équivoques de Morgan Freeman et Melissa Leo, en parfaite opposition (le jeu des symétries, cher à Kosinski), habille l’univers du film.

 

La direction artistique est soignée jusqu’au moindre détail.

De l’écran titre qui laisse apparaître le scintillement d’une bague, au choix d’un décor vierge, grandiose de beauté. La générosité en idées passe aussi par tout cet ensemble.

Une direction artistique peaufinée pour exister. A l’instar de ce personnage principal incarné par un Tom Cruise à chaque fois plus impeccable.

 

Un homme au destin tracé dans l’oubli. Mais que le conflit intérieur entre déterminisme et libre arbitre va libérer.

 

Le libre arbitre, c’est le choix. La liberté. En l’occurrence, la liberté de se souvenir. La liberté d’aimer. La liberté de partager. Partager une âme avec celle qu’on aime. Une émotion qui, elle, ne s’oublie pas.

 

« Oblivion » appelle donc aux grandes questions quand il ne s’évertue par à nous étonner dans son storytelling réussi mais aux actions pas toujours bien amenées.

 

Ce film original (ou presque), dans la pure tradition de SF, se référence aux questions des premiers philosophes. S’interroge sur la condition humaine. Sur qu’est ce que la création. Qu’est ce que la destruction.

Mais aussi, et c’est sans doute l’une des plus belles nouveautés glissées par le film, que retiens notre âme d’un amour partagé.

 

 

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Le souvenir d’un amour perdu, miroir de l’âme

 

 

La science-fiction appelle à l’interrogation. Le genre nous pousse à revisiter nous même nos différentes croyances et tout ce que nous avions pensé auparavant.

 

La SF est une porte ouverte vers un autre monde pas si lointain du notre en nous rapportant aux questions que l’Humanité se pose encore.

 

Et si demain je construisais un robot, pourrais-je le considérer en tant qu’être vivant ? Pourrait-il être mon enfant ?

  

Et si demain, j’étais réveillé après 60 ans de sommeil. Comment pourrais-je revoir mes proches ?

 

Et si demain, j’apprenais que je ne suis que l’esclave de l’entité qui m’a créé ?

 

« Oblivion » c’est un peu tout ça à la fois.

Beaucoup de références, pas toujours digérées. Beaucoup d’idées, pas toujours bien amenées. Beaucoup de décollages, pas toujours bien négociés.

Mais quel régal…  Visuel. Sonore. Un film épique et spectaculaire, plutôt bien dosé.

 

Et quel régal, aussi, de sortir d’une salle de cinéma, et s’éprendre à s’interroger de nouveau. De s’aventurer à passer toutes ces nouvelles portes qui viennent d’être ouvertes.

 

Car de la bonne SF, c’est celle qui pousse à regarder au delà du miroir.

Au-delà du miroir de l’âme.

 

 

 

« Oblivion » de Joseph Kosinski.

Avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Morgan Freeman, Andrea Riseborough et Nikolaj -LANNISTER!- Coster-Waldau.

Musique de M83.

Actuellement au cinéma.

 

William Mondello

 

Crédit : Universal Pictures

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 11:39

Lumières, lens flares, caméra, ACTION !

 

Star-Trek-Into-Darkness-goes-Action.jpg

 

Star Trek Into Darkness,

une marque Paramount / BadRobot

 

 

"Lumières, lens flares, caméra, ACTION !"

 En retirant la mention des lens flare, c'est clairement ce que l'on pourrait se dire en regardant de plus près cette nouvelle affiche ainsi que ce nouveau trailer du méga-blockbuster à venir : "Star Trek Into Darkness".

 

 

 

 

 

Star Trek en mode Actioner

 

Réalisé par JJ Abrams, futur metteur en scène de "Star Wars Episode VII" (dont on soupçonne une date repoussée à 2016), ce nouvel épisode, suite du reboot réussi de la série, semble surligner ces scènes d'action, au grand dam des trekkies de la première heure (où est McCoy ????).

 

Une affiche qui montre une partie de l'équipage de l'Enterprise (vaisseau d'exploration spatiale), flingue à la main, un trailer qui ponctue ses images fortes par des explosions entre deux punchlines, dualité vengeresse rappelant le "dark realism" à la mode (merci "The Dark Knight")...

 

Et Alice Eve... A moitié à poil au milieu de la bande-annonce... C'est agréable, je ne dis pas le contraire, mais... Qu'est ce que ça vient faire là ????

"Star Trek", c'est aussi l'exploration de mondes inconnus, quelque chose de scientifiquement crédible (fut-il). Certes le précédent opus de JJ Abrams lorgnait déjà dans le film d'aventure simplifié (et quel ne fut pas notre plaisir !) avec des notions de destin (!) et de voyage du héros... Mais ici "A Hero Will Rise" ("un héros va se soulever")... Vraiment ? On simplifie autant à l'extrême ?

 

Ce qu'il faut comprendre ici (et voir pour cela les impressions à chaud de ceux qui ont vu les 30 premières minutes du film ; je n'ai pas pu m'y rendre :( ), c'est que le marketing cherche à ratisser large.


Jamais un épisode de "Star Trek" n'avait connu un tel engouement dans le monde. On soupçonne même cet épisode d'être un des milliardaires du Box-Office cette année (ce qui arrive de plus en plus souvent certes, mais à une poignée d'élus annuels) et largement un millionaire d'entrées en France, c'est dire ! (ce qui n'est jamais arrivé pour un "Star Trek", le record est de plus de 800 000 entrées pour "Star Trek" 2009).

Je ne suis pas en train de dire que ce "Star Trek" va être un film de pure action, puisque ça restera vraisemblablement de la science-fiction selon les premiers échos, mais il est évident ici que Paramount cherche à rentabiliser au maximum sa nouvelle franchise... vache-à-lait.

 

A l'heure des films-marques, c'est devenu incontournable. Comment ne plus s'empêcher de voir Hollywood se transformer en pur distributeur de gammes de produits bien packagés et ultra-ciblés ?

 


 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3d/Matrice_BCG.jpg

 

 

Les franchises = marques


Le but, c'est de se distinguer. Trop de films sortent chaque semaine. Il faut alors avoir des produits identifiables.

A l'heure des "Twilight" contre "Expendables" (public teenagers féminin contre public plus âgé masculin), Hollywood cherche à faire émerger des marques.

Disney a Marvel.

Warner a DC Comics.

Sony a "Men In Black".

Fox a "Die Hard".

Paramount a "Star Trek".

 

Chaque major cherche à avancer son pion le plus puissant sur l'échiquier géant du Box Office mondial.

Chaque major, cherche aussi à créer des films univers, suffisamment larges, pour toucher le maximum de monde (à côté de productions ultra ciblées), vendre des produits dérivés (le merchandising, lancé en 1977 par un certain George Lucas), voir préparer des spin-offs ("Star Wars Episode VII" suivra l'histoire de "Star Wars", mais des films dédiés à des personnages devraient voir le jour, comme celui de la jeunesse de Han Solo), qui pourrait être une grande mode d'ici quelques années...

 

Et la multiplication du nombre d'écrans (cinéma, télévision, ordinateurs, téléphones, tablettes) va peut être même pousser les executives à songer à multiplier les productions satellites ("Avengers" a mis au monde un court métrage internet et s'apprête à avoir une série dérivée : "S.H.I.E.L.D.", qui sera diffusée sur la chaîne du groupe Disney, ABC, dès la rentrée).

 

Et ces vaches à lait, ces "vaisseaux mères", seront exploités à leur maximum.

Il n'y a plus que les équipes (JJ Abrams, un vrai talent) pour leur donner du goût, de la saveur... Ou devenir des marques eux-mêmes (Christopher Nolan, Clint Eastwood).

 

La guerre des marques n'est plus que dans l'agro-alimentaire. Elle n'en a pas fini avec toi, public.

Alors... ACTION !

 

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Bande de cochons, va ! 

 

"Star Trek Into Darkness" de JJ Abrams.

Avec Chris Pine, Zachary Quinto, Zoé Saldana et Benedict Cumberbatch.

En salles le 12 juin.

 

William Mondello

 

Crédit : Paramount Pictures

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 20:06

La mode est aux contes revisités. Rien que ce mois-ci, nous en aurons trois ! Mais que donne le film du réalisateur de « Spider-Man » ? Un conte personnel !

 

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Le Monde Fantastique d’Oz :

l’histoire cachée d’un magicien grand et puissant

 

Dans les années 1990, je découvrais lors d’un après-midi de jour férié un monument du Cinéma, mais ça, je ne le savais pas encore du haut de mes six ans.

Passé du noir et blanc à la couleur, venant tout droit du Kansas, Dorothy ne le savait pas plus, et pourtant, elle était l’ambassadrice d’une magie intemporelle qui allait toucher plusieurs générations.

« Le Magicien d’Oz » de Victor Fleming a su se faire une place dans le cœur de nombreux cinéastes au fil des années.

 

L’un d’eux : Sam Raimi.

Grand cinéphile, il fut, à l’image de Dorothy ; un ambassadeur d’une autre magie dans les années 1980, à l’hémoglobine plus poussée : le genre horrifique fantastique brillait de mille feux à ce moment là. « Evil Dead », ce pur OVNI cinématographique, scella ainsi la carrière du réalisateur.

 

Une quinzaine d’années plus tard, Sony Pictures choisissait son goût pour le désuet charmant pour l’adaptation de « Spider-Man ».

Après trois réussites artistiques et commerciales (plus discutable pour « Spider-Man 3 »), Sam Raimi fut remercié.

Le cas « Spider-Man 4 » est presque un cas d’école : pré-production houleuse, différends artistiques, ambitions financières démesurées pour chacune des parties (production, réalisateur, acteurs). Bref, ce quatrième épisode des aventures de Peter Parker ne pouvait plus se faire avec Sam Raimi.

Sony Pictures claque ainsi la porte au réalisateur américain et le met définitivement dehors pour rebooter (un peu trop vite à mon goût) la saga « Spider-Man » afin d’en conserver les droits (« The Amazing Spider-Man », cette grande réussite).

 

Après un « Jusqu’en Enfer » personnel, Sam Raimi est repêché par Disney et envoyé sur le champ de bataille.

« Alice au Pays des Merveilles », conte 3D revisité par Tim Burton (et discutable), a amassé plus d’un milliard de dollars de recettes à travers le monde en surfant sur la vague « Avatar », sorti 3 mois plus tôt.

Convaincus de tenir là un réceptacle à dollars, Disney relance l’opération : conte revisité, réalisateur reconnu et admiré, production surpuissante (remarquez toutes les productions semblables ces temps-ci : « Hansel & Gretel », « Jack le Chasseur de Géants »).

Joe Roth, ex-Président des Studios Disney dans les années 1990, revient à la production après « Alice » et « Blanche-Neige et le Chasseur », dévolu à Universal Pictures, pour mettre en boite ce nouveau succès.

 

Alors ? Boite à idées ou opportunisme en boite ?

 

Ce « Oz, The Great and Powerful » n’est sans doute pas le film de l’année, mais a plus d’un tour dans son sac !

 

Brève analyse et seconde lecture à venir !

Attention, c’est truffé de spoilers (si vous n’avez pas vu le film et ne voulez pas en savoir plus, PARTEZ !).

 

 

Oz1.jpg

 

« I don’t want to be a good man.

I want to be a great one ! »

 

Le film commence ainsi dans un tourbillon.

 

Passé le château logo de Disney, nous entrons dans un tourbillon d’idées, de « trucs » à rappeler le théâtre-studio de George Méliès, qui utilisait la profondeur de champs pour glisser des objets fantastiques.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/Melies%27s_Montreuil_studio.jpg


Et c’est un peu l’image que souhaite donner Raimi à son film.

Les effets spéciaux prennent tout leur relief grâce à la 3D, le scénario accumule les petites idées fantastiques pour étonner son spectateur, et Sam Raimi doit donc passer par le château de Cendrillon (allégorie de Disney) pour réaliser un rêve de gosse.

 

 

OZ

I don’t want to be a good man. I want to be a great one !

(je ne veux pas être un homme brave, je veux être un grand homme !)

 

 

Un rêve qui l’oblige à revisiter sa propre carrière et mettre en scène des personnages qu’il a rencontré tout au long de sa vie.

Ce n’est pas pour rien que Zach Braff devient le singe volant Finley. La petite handicapée (Joey King), vue dans la première partie du film en noir et blanc, devient elle, cette petite poupée de porcelaine réparable : China Girl.

 

Par ces nouvelles représentations de personnages déjà rencontrés, Raimi ne cherche pas à créer une confusion rêve/réalité, mais plutôt à mettre en évidence un lien entre ce que le personnage principal voit au pays d’Oz et a pu vivre par le passé.

« Le Monde Fantastique d’Oz » n’est donc plus un simple récit initiatique sur la quête d’identité, mais même plutôt la revisite de choses vécues, sublimées par ce que le recul de ces expériences à pu apporter.

 

Ainsi, le magazine MadMovies ne se trompe pas quand il indique que « Le Monde Fantastique d’Oz » est une métaphore de la carrière de Sam Raimi selon le modèle suivant :

 

- Sam Raimi = Le Magicien (James Franco)

- Agent de star = Theodora, sorcière équipe 1 (Mila Kunis)

- Productrice hollywoodienne = Evanora, sorcière équipe 1 (Rachel Weisz)

- Représentante de Disney = Glinda, sorcière équipe 2 (Michelle Williams)

 

L'équipe 1 = Sony Pictures, et l'équipe 2 = Disney.

 

Un magicien prestidigitateur interprété par James Franco (Sam Raimi) est catapulté dans un monde fantastique (Hollywood) où il espère devenir riche (la réussite hollywoodienne) et pourquoi pas Roi (consécration, avec les prix).

Il rencontre une ravissante jeune femme jouée par Mila Kunis (agent) qui espère bien qu’il est le Magicien d’Oz comme l’indique la prophétie (l’agent est faite pour ça).

Elle emmène le magicien (Raimi) à Rachel Weisz (une productrice hollywoodienne) qui lui promet gloire et fortune (le trésor) s’il tue la méchante sorcière (présumée), la ravissante Michelle Williams.

 

C’est là où je vais prendre volontairement de la distance avec ce qu’à écrit le magazine des films de genre.

 

 

Oz3.jpg

 

Une magie peut en cacher une autre

 

La sorcière présumée méchante et qui doit être tuée (Sony Pictures qui souhaite tuer Disney, son concurrent direct) est en fait gentille (Disney donne plus de libertés qu’on ne pense) et espère même que le magicien pourra l’aider pour tuer les autres sorcières qui sont en fait méchantes –l’agent va le devenir, après un bourrage de crane par la sorcière-productrice.

 

Si on suit alors le principe évoqué ci-dessus, l’équipe 1 de sorcières (possiblement Sony Pictures, ex-producteurs de Sam Raimi sur la trilogie « Spider-Man ») cherche à terrasser l’équipe 2 (la sorcière en réalité gentille : Disney) en la faisant passer pour la méchante par un jeu de manipulation.

 

Sauf que le magicien d’Oz est quelque peu candide (Sam Raimi et ses rêves de cinéaste) et aspire à plus de reconnaissance.

 

Il va donc aider la sorcière de l'équipe 2 : Michelle Williams / Disney.
Il prépare l'attaque contre l'équipe 1 en rassemblant une famille, une tribu, à priori inoffensive, mais qui lui garantira respect, peut être bien gloire et fortune.

Le parallèle ici est à faire avec les équipes créatrices de Disney, qu’on assimile à enfantines. Par extension, on peut les rapprocher au public familial visé par la major aux grandes oreilles et donc par la production de ce nouveau film pour Sam Raimi.

La famille est une cible à priori inoffensive, et pourtant, c’est celle qui aujourd’hui rapporte le plus d’argent à travers le monde… Réfléchissez-y bien : quels sont les films qui marchent le mieux ?

 

Un énième parallèle peut être fait avec cette sorcière blanche, qui a tout d’une mariée (et qui gagne avec le magicien, une fin pur vieil Hollywood avec ce baiser iconique rappelant « Autant en Emporte le Vent ») : elle peut être assimilée à Gillian Greene, actrice américaine (et donc faisant partie du système) et femme de Sam Raimi à la ville… depuis 1993 !

De quoi la mettre en scène comme un véritable soutien magique ?

 

La fin de l’histoire, quant à elle, est un pur délire de cinéaste.

Sam Raimi invoque Edison et George Méliès au travers de cette invention farfelue qu’est cette fumée blanche, où est projetée le visage du magicien… Oui, pas moins qu’un cinématographe.

 

Le cinéma, dans sa pure essence, vainc les affreuses sorcières de la machine hollywoodienne néfaste et fait briller le Royaume d’Oz de mille feux : Disneyland ou l’œuvre de Raimi ?

 

 

Oz5.jpg

 

Manège intemporel

 

Il est difficile de juger ainsi le film sur pièce. Car bien qu’il offre de tels niveaux de lecture, il reste très simpliste.

C’est sûr, on prend dix huit fois son pied dans ces montagnes russes numériques, infiniment plus réussies que la bouille digitale de Burton (« Alice au Pays des Merveilles ») et à la 3D réellement exploitée (les passages d’un format 1,33 noir et blanc à un format Cinémascope procure quelques frissons rappelant l’attraction « Cinémagique » à Disneyland !).

Le voir dans les conditions optimales (projection 4K et son Dolby ATMOS pour ma part) procure un certain plaisir. Et c’est aussi ce que recherche Sam Raimi en réalisant ce film : nous procurer du plaisir, comme sur une montagne russe.

 

A votre avis, pourquoi le film débute dans une fête foraine ?

Il ne faut pas se méprendre. Le Cinéma est aussi un art forain à l’origine…

 

Alors, ce « Monde Fantastique d’Oz » entrera-t-il dans l’Histoire comme l’avait fait « Le Magicien d’Oz » en 1939, ode technique et spectacle à apprécier encore aujourd’hui ?

J’aimerais répondre par la négative, mais cet attachement à l’art que prône Sam Raimi pendant 2h07 me pousse à une grande hésitation…

 

"It's all about Movie Magic."

Continuez donc de rêver les yeux grands ouverts !

 

 

 

 

« Le Monde Fantastique d’Oz » de Sam Raimi.

Avec James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams, Zach Braff et Joey King.
Musique de Danny Elfman.

Actuellement au cinéma.

 

William Mondello

 

Crédit photo : The Walt Disney Company

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 18:59

Finale ? Que ? Quoi ? Enjoy !

 

affiche Iron Man 3

 

Elle fuitait déjà hier sur le net, la voici aujourd'hui en VOST.

La nouvelle collaboration Shane Black / Robert Downey Jr. après "Kiss Kiss Bang Bang", et accessoirement suite directe de "Avengers" et "Iron Man 2", se pavane.

 

C'est un peu sombre, c'est fun, et ça donne foutrement envie :

 

 

Rappelons que Shane Black est aussi l'instigateur du buddy-movie typique des années 1980, "L'Arme Fatale". Les références ne sont pas forcément évidentes ici, mais il y a comme un parfum d'humour et d'action sous cette vendetta spectaculaire.

 

"Iron Man 3" de Shane Black. Avec Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Guy Pearce, Don Cheadle et Ben Kingsley dans le rôle du Mandarin.

Le 24 avril au cinéma.

 

William Mondello

 

Crédit photo : The Walt Disney Company

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