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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:32

Retour sur une année 2012, riche en super-héros, super-femmes et en chamboulements, aussi bien du Côté Clair, que du Côté Obscur !

 

2012-movie.jpg

 

2012, le Cinéma de l’Année

 

« 2012 » titrait Roland Emmerich il y a trois ans, pour son dernier film catastrophe (« 2012 » pas le machin sur William Shakespeare, voyons !).

 

Année de la fin du monde par excellence, elle allait se résumer à une succession d’événements malencontreux qui allaient changer la face du monde à jamais.

Le terminer tel qu’il était plus simplement… Pour qu’il recommence tout à zéro. A la manière d’un joli reboot : on écrase tout et on recommence.

 

Vrai ou faux ?

 

 

Montebourg-Harry-Potter-Lockhart.jpg 

  Le changement, c’est maintenant !

 

Une crise.

Des crises.

Des espoirs sur l’avenir réduits à néant.

Des politiques pour le court terme.

Des joies qui se dissipent.

Un avenir sombre, très sombre.

Une destruction totale, et on recommence ?

 

Le reboot, magnifique invention cinématographique et hollywoodienne pour conserver une franchise, une marque dans son giron (et donc conserver l’attention des spectateurs-consommateurs) pour l’exploiter jusqu’à la moelle. C’est encore mieux qu’une nouvelle suite, qui elle, prend le risque de ne pas suffisamment se renouveler par rapport au film original, et donc risque de lasser un public de plus en plus exigeant (ou en tout cas, qui fait mine de l’être).

 

Pas d’inquiétudes donc pour les grandes majors Hollywoodiennes. Rebootez votre franchise pour conserver les droits sur un personnage ou exploiter une œuvre jusqu’au bout, et le succès est à vous !

 

Vrai ou faux ?

 

Et bien en cette année catastrophique, il semblerait que la réponse soit FAUX !

 

Car si Hollywood est toujours aussi peu inspiré, il semblerait que cette année, il ait appris une chose essentielle : un public qui frissonne, une audience qui bouillonne, des gens qui éclatent de rire ou s’émeut devant le destin, parfois tragique, des personnages ; ce public là est prêt à payer sa place de cinéma.

 

La grande nouveauté purement originale au cinéma n’est donc pas prêt de revenir, mais les adaptations, suites, remakes ou reboots risquent à l’avenir d’être réellement inventifs.


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Le succès de la trilogie « The Dark Knight » de Christopher Nolan et son influence sur les autres films produits ne se démentent pas (le dernier Bond, « Skyfall »). Preuve en est cette cascade de films commerciaux pour l’été prochain qui prennent le ton sérieux-sombre-profond pour ses personnages.

« Star Trek Into Darkness » ; « Man of Steel » ; et même « The Lone Ranger » ou « Iron Man 3 », un film à priori « fun » joue sur la carte du tragique et force le Dark Realism (ou le réalisme obscur, voir ma chronique à ce sujet).


Pourquoi ? Car le public veut être au plus prêt des personnages qu’il aime. Il veut vibrer avec eux. S’émouvoir en même temps qu’eux. Et ultime (h)orifice, il veut rire avec eux !

 

A l’heure des réseaux sociaux, à l’heure où l’humanité s’est robotisée à l’extrême, à l’heure de l’instantané à tout bout de champs, les audiences du monde entier veulent applaudir le spectaculaire humain.

C’est une constatation que j’avais déjà pu faire l’année dernière, mais les succès de ces derniers temps ne se démentent pas.

L'explosion du nombre de films type "found footage" comme « Projet X», « Chronicle » ou « Paranormal Activity 4 » offre de nouvelles perspectives, où le Cinéma rejoint la Réalité.

Ou, parfois, l'inverse !

 

En ce qui concerne les projets plus originaux, comme l'excellent « Looper », ils proviennent d'un cinéma indépendant qui gagne paradoxalement en moyens, faute de pouvoir exister sous la bannière d'une marque ou d'une franchise.

Et que font les grandes majors hollywoodiennes de cette nouvelle génération de réalisateurs pleins d'idées ? A votre avis ? Elles les recrutent ! Positionnant donc de plus en plus leurs produits comme des "blockbusters d'auteur"... Si toutefois elles leur laissent carte blanche...

 

Autrement, les majors ont le cul entre deux chaises. Avec « Prometheus » , Fox s'offre une nouvelle marque, néanmoins issue d'une franchise existante (« Alien »), à mi-chemin entre le simple "prequel" et le "spin-off". Le film de Ridley Scott invente donc un tout genre de franchise : quasi spin-off d'une autre saga, mais avec une histoire originale qui se déroule dans le même univers.


L'autre possibilité est lorsque les grands studios avancent leurs pions pour prétendre aux Oscars et autres récompenses. On pense alors à des projets ambitieux, mais aux budgets limités, et peut-être un peu trop rares. Autant que « L'Odyssée de Pi » d'Ang Lee chez Fox, « Argo », de l'inattendu et extrêmement doué Ben Affleck, est d'ailleurs un des favoris pour les Oscars 2013.

Warner joue sur les deux cordes : le succès artistique, reconnu par ses pairs, et le succès financier, dédié par le grand public.


C'est justement là, la grande surprise. Parmi les films les plus rentables de cette année, on compte « Avengers », ôde grand angle aux superhéros où chaque superhéros est humanisé pendant la première heure, « The Dark Knight Rises » ou la reconquête d’un surhomme sur sa propre humanité, et « Skyfall », l’humanisation d’un icône en lui faisant affronter ses propres démons dans un pur délire freudien lors de la dernière heure.

 

Jamais le Cinéma pop-corn n’était allé aussi loin dans la « mise en réel » de ses propres icones.

 

 

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Le Monde d’après

 

La réinvention des mythes de jadis en figures humaines, semblables à nous, continue. La sortie prochaine des nouvelles visions de contes intemporels, plus réalistes et sans doute plus équivoques, nous le démontre et est évidente dès les premières images : « Jack le Tueur de Géants » en mars, « Les Mondes fantastiques d’Oz » en avril.

 

Cette année a montré que des visions simplistes, trop familiales, clichées, voir rétrogrades (ou pas assez bien emballées), n’avaient plus d’avenir dans ce monde hyper-mondialisé où l’information, la connaissance, devient accessible à tous.

Ainsi après des campagnes marketing désastreuses, non inspirées (parfois à juste titre) ou sabotées annonçaient des bides voir des accidents industriels.

 

Les flops successifs de « John Carter » pour Disney, « Battleship » pour Universal, « Dark Shadows » pour Warner, le remake de « Total Recall » pour Sony, ont sonné le glas d’une époque révolue.

Le space opéra simplet et trop distancé du public, c’est terminé.

Quant à l’Amérique surpuissante dans un scénario peu crédible adaptant un jeu de société pour enfants, c’est juste inaudible pour n’importe quel public du monde, à commencer par le public américain lui-même !

En ce qui concerne les films qui se définissent mal comme « Dark Shadows » du pourtant apprécié Tim Burton et avec le « bankable » Johnny Depp, ils montrent aussi qu’au milieu de dizaines d’autres produits, un long-métrage qui n’est pas clair avec ce qu’il offre, a très peu de chances de fonctionner (le projet était reconnu comme « unmarketable » par les équipes de Warner).

Un flop, plus relatif, serait aussi celui de « The Amazing Spider-Man » et ses chiffres décevants, montrant que le public ne se laisse pas si facilement avoir.

 

Mais la grande nouveauté de 2012 est plutôt une confirmation.

 

C’est la prise en compte d’un public autrefois ignoré par un Hollywood habitué aux super-productions viriles (on pense aux années 1990, avec les Bruce Willis, Stallone et Schwarzy) : LES FEMMES !

 

« The Hunger Games », « Rebelle », ou le succès de la fin de « Twilight » au cinéma et l’annonce de la future adaptation des « 50 Nuances de Grey » ont renforcé l’idée que tout un pan du public était en demande de considération et était bien plus dépensier que des hommes qui téléchargent.

Des œuvres aux qualités discutables (les deux dernières citées), mais qui ont des succès explicables, et que le système Hollywood semble méditer encore.

Le nombre de personnages principaux féminins se multiplient, de véritables aventures féministes font leur apparition, et les fameuses "rom-com" (comédies romantiques) ne sont plus les seuls produits filmiques proposés au beau sexe.

La femme est d'ailleurs de moins en moins transcendée en tant qu'objet filmique mais est davantage flattée au rang d'un personnage à part entière. Kathryn Bigelow avec son nouveau film sur la traque de Ben Laden, « Zero Dark Thirty » (qui sort en France en 2013 et qui est un des favoris des prochains Oscars), impose d'ailleurs un personnage féminin (interprété par la magnifique Jessica Chastain) en plein film militaire, univers à priori masculin !

Une audace déjà ressentie cette année sur « Rebelle », le dernier Pixar, rare film d'animation purement féminin, et l'un des seuls longs-métrages modernes à évoquer explicitement la relation mère-fille.

 

the-artist-photo

 

2012, le Cinéma de l’Année, c’est aussi une pluie de récompenses pour le Cinéma Français qui semble surfer sur une Nouvelle Vague.

Entre « Intouchables » et la consécration américaine de « The Artist » avec un Jean Dujardin méritant et déchainé, il s’offre de nouvelles perspectives, ambitieuses car détachées de la perversion de ceux qui s’autoproclament « la grande famille du cinéma français » pour davantage se rapprocher d’un public qui loue la proximité avec ce qu’il demande (un brillant hommage aux films hollywoodiens qu’il admire) ou ce qu’il est (généreux, tolérant, ouvert et qui n’oublie pas le sens de l’humour).

 

Mais 2012, c’était aussi et surtout l’événement cinémato-financier que personne n’attendait.

L’événement qui a bouleversé le monde du cinéma commercial et qui peut l’avoir changé à jamais.

Un événement qui permit, en l’espace d’une seule seconde, une seule, de transformer un projet totalement inattendu comme étant à la fois le film le plus craint et le plus inattendu de la décennie !

 

Le 21 décembre 2012 eut lieu un 30 octobre.

 

Cet événement, c’est le rachat de Lucasfilm par The Walt Disney Company.

Ce projet, c’est la production et la sortie de « Star Wars Episode VII » !

 

 

Disney-Lucasfilm.jpg

 

Que la Force soit avec Nous

 

C’est l’événement de cette année 2012.

 

Jamais un projet cinématographique n’eut tel retentissement médiatique.

Alors que George Lucas, le créateur de « Star Wars » annonçait la fin de la saga à la sortie de « La Revanche des Sith » en 2005, 2012 annonce qu’on repart de plus belle vers la galaxie merveilleuse de Luke, Han et Leïa avec la suite directe de leurs aventures sous la forme d’une toute nouvelle trilogie comptant de nombreux spin-offs à l’instar des « Avengers » que Disney semble vouloir reproduire (et ils ont toutes leurs chances).

 

Entre craintes et spéculations, nous savons déjà que le scénariste des excellents « Little Miss Sunshine » et « Toy Story 3 », Michael Arndt sera de la partie, avec Lawrence Kasdan (scénariste original de « L’Empire Contre Attaque ») sur les prochains épisodes.

Quant à Mark Hamill, Harrison Ford et même Ewan McGregor ou Samuel L. Jackson, ils ont évoqué leur enthousiasme dans la possibilité de revenir intégrer le casting.

Le premier d’entre eux, interprète de Luke Skywalker a d’ailleurs avoué avoir été mis au courant dès l’année dernière de ce nouveau projet.

Mais mieux encore, les spéculations vont bon train en ce qui concerne le nom du réalisateur.

 

Au jour d’aujourd’hui, Kathleen Kennedy, productrice de « Forrest Gump » et de nombreux succès de Steven Spielberg, a annoncé avoir déjà le nom de l’heureux élu, mais qu’il restera secret jusqu’à nouvel ordre.

Ce nom a de grandes chances d’être Matthew Vaughn, metteur en scène britannique de « Layer Cake », « Kick-Ass », « Stardust » et du superbe « X-Men : Le Commencement » qui ramena la franchise aux sommets.

 

C’est en tout cas une annonce qui aura suscité énormément de réactions à travers le monde.

« Star Wars » était incarné dans la pop-culture comme aucune autre franchise. La pop-culture s’est donc aussitôt emparé de la chose. Il n’y a qu’à voir le nombre impressionnant de parodies :

 

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De la main du Président de la Walt Disney Company, Bob Iger, Disney signe ici un gros deal (qui comprend également la franchise « Indiana Jones »).

La compagnie intègre le saint des saints de l’entertainment cinématographique moderne en son sein, et se promet des heures heureuses alors qu’ils n’en avaient peut être pas forcément besoin (« Avengers » est le plus gros succès de l’année avec $1,5 milliards de récoltés à travers le monde, et Iron Man et Thor reviennent dès l’année prochaine avec leurs propres suites !).

Car le flop de « John Carter » en mars a été rapidement avalé. C’est même se demander davantage, s’il n’y a pas eu sabotage volontaire de la campagne marketing pour le film quand on sait qu’un tel achat (Lucasfilm a été absorbé pour plus de $4 milliards), nécessite un travail en amont assez énorme.

Les deux franchises auraient eu le même public, elles se seraient cannibalisées.

 

2012LucasDisney.jpg


De plus la collaboration entre Disney et George Lucas a toujours été fructueuse et ce, depuis les années 1980, avec l’ouverture du premier « Star Tours » à Disneyland ou encore les différents projets dans les parcs à thèmes (comme « Captain EO » en 1986, avec Michael Jackson) et les différents produits Lucas distribués dans les parcs ou à la télévision (« Les Aventures du Jeune Indiana Jones » ont été diffusées sur ABC, chaine du groupe Disney).

 

 


Après ces collaborations fructueuses, en 2011, ouvrait l’update de « Star Tours » à Walt Disney World en Floride, « Star Tours : The Adventures Continue ». Quant à la version parisienne de l'attraction, elle en est restée à sa version "1.0", mais il faut savoir que le projet de « Star Wars Land » à Disneyland Paris est une arlésienne depuis au moins deux ans.

 

« John Carter » ferait partie des pommes empoisonnées laissées par les directions précédentes (Rich Ross a été limogé en avril) ?

L’histoire des grandes compagnies est décidemment passionnante.

 

Au moins autant que cette année 2012, qui n’a jamais autant ouvert l’avenir, comme pour contrer les effets du crise qui brisent les espoirs de long terme.

 

Le Cinéma plus fort que la réalité ?

 

Bonne année 2013 chers lecteurs (et lectrices !).

Que la Force soit avec Vous !

 

 

 

 

William Mondello

 

Crédit photo : Sony Pictures, Warner Bros., Metropolitan FilmExport, The Walt Disney Company, Lucasfilm Ltd.

 

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