26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 14:38

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Dans la famille McClane, après la femme (Piège de Cristal, 1988), le bon pote (Une Journée en Enfer, 1994), la fille (Retour en Enfer, 2007), je veux le fils, avec Die Hard : Belle Journée pour Mourir.

 

A Good Day to Die Hard reprend ainsi le personnage de John McClane dans une nouvelle course contre la montre aventure bad-ass.

Encore une fois, le génie des premiers épisodes (Die Hard 1 et 3), réalisés par John McTiernan ne semblent pas opérer de la même façon. Difficile en effet de retrouver le processus du 1 unité de temps = 1 unité de lieu qui faisait l'efficacité de ces films, en plus de la flegme légendaire de Bruce Willis dans son rôle le plus mythique.

 

Non, ici, Fox semble épouser le syndrome Taken (en plus d'ajouter quelques explosions).

Après son succès surprise en février 2008 à travers le monde, le film de Pierre Morel, incarné par un Liam Neeson aux méthodes peu orthodoxes et assez vintage (quand on y pense), semble avoir lancé une mode.

 

Un film avec un héros bad-ass, à une date de sortie inattendue (février) dans une ville étrangère (Paris pour Taken, Moscou pour ce Die Hard 5).

Il est dommage de se dire que le premier Die Hard était inventif et à lui-même lancé une façon de concevoir un actioner, alors que ce Die Hard 5 semble trop esssouflé pour faire autre chose que surfer sur une vague déjà existante.

 

Difficile à dire pour le moment si le film saura nous mettre en émoi. En attendant les premières images sont alléchantes et annoncent un film tout en action... Jusqu'à ce qu'on apprenne qu'un énième tacheron réalisera cette Belle Journée pour Mourir (John Moore, metteur en scène de ce chef d'oeuvre inoubliable qu'est Max Payne). Mais bon, on est jamais loin d'une surprise.

 

Allez, trève de plaisanterie, vous l'attendez tous, le trailer Taken-esque de Die Hard : Belle Journée pour Mourir :

 

 

 

A Good Day to Die Hard de John Moore. Avec Bruce Willis.

Le 20 février 2013 en France.

 

Crédit photo : Fox France

 

William Mondello

 

 

A découvrir sur le blog :

L'analyse de la séquence de l'opéra de QUANTUM OF SOLACE. Quand James Bond rencontre Tosca.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 16:24

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Et voilà, Disney/Marvel franchit le pas.

Les premières images de ce troisième Iron Man, toujours avec Robert Downey Jr., et cette fois-ci réalisé par le génial Shane Black, réalisateur de Kiss Kiss Bang Bang et scénariste de l'Arme Fatale, sont disponibles sur la toile.

 

Le choc scénaristique et financier Avengers est passé par là.

Plus gros, plus fort, plus consistant, plus riche et détaillé.

Plus drama aussi.

On compte évidemment sur Black, scénariste génial (et quasi inventeur du buddy movie, qui a fait tout l'âge d'or de la saga Arme Fatale), pour ajouter le fun qu'il faut, mais on est en tout cas bien loin -pour le moment- des divagations d'un Iron Man 2 sans intérêt, et surtout, sans scénario.

 

Je déclare la phase deux des Vengeurs ouverte !

 

A toi Tony !

 

 

 

Iron Man 3 de Shane Black.

Avec Robert Downey Jr. Gwyneth Paltrow, Don Cheadle, Guy Pearce (!) et Ben Kingsley (!!!).

Dans les salles françaises le 1er mai 2013.

 

William Mondello

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 18:10

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En attendant Skyfall, je vous propose de reprendre une séquence du tant décrié Quantum of Solace de Marc Forster, qui, il est vrai, nous avait laissé avec un Bond relativement moyen.

Quantum of Solace, qui pourrait se traduire par un Soupçon de Consolation, n’en manque justement pas. Malgré son manque d’inventivité scénaristique, il restait marquant pour la mise en scène de certaines de ses séquences dont celle de l’Opéra, où une tuerie Bondienne était mise en parallèle avec du Giaccomo Puccino : Tosca !

Retour sur ce long-métrage discutable et ce personnage atypique, qui a bercé l’enfance de plus d’un, époustouflé plus d’une ( ;-) ) et qui a su grandir comme nous autres.

 

 

1 – La tragédie de James Bond et son amour perdu

> Où en étions-nous, monsieur Bond ?

2 – The name is Bond, James Bond

> La production chaotique de Quantum of Solace

3 – Le Fantôme de l’Opéra

> Etude de la séquence de l'Opéra : quand James Bond rencontre Tosca

 

 

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La tragédie de James Bond et son amour perdu

 

Passé le maigre scénario, ce 22ème épisode des aventures de Bond, et la première suite directe de la saga (tous les autres épisodes sont indépendants les uns des autres) nous offrait quelques instants de bravoure. Je fais volontairement abstraction de cette mise en scène très Jason Bourne (caméra à l’épaule, montage vif et serré) qui provient de ces idées opportunistes qui ont tant suivies la franchise tout au long de son existence, alors que les premières critiques semblent louer au nouveau cru Skyfall une inventivité hors pair et une intégrité artistique bien méconnue chez Bond (merci Sam Mendes).

Je précise une chose : je n'ai rien contre les anciens Bond, bien au contraire. Je reste un fervent admirateur de l'époque Connery.

 

Car malgré la qualité de beaucoup d’épisodes de cette saga d’anthologie qui a fait mes heures heureuses et développé mon imagination infantile, il est bien de reconnaître que les James Bond ont toujours été ces films qui suivaient une tendance. Réalisés par des « yes man », ces réalisateurs qui injectent si peu de personnalité dans leurs films, se contentant de suivre les directives des producteurs qui ne souhaitent QUE profit à court, et parfois long terme.

 

Ainsi les James Bond ont pu être de véritables ambassadeurs de leurs époques respectives : Les Sean Connery se fondent alors dans les codes cinématographiques des années 1960, les Roger Moore frisaient parfois l’auto-parodie seventies et les Pierce Brosnan plongeaient un Bond dans le gigantisme-individualisme héroïque des années 1990 dont le summum du ridicule fut atteint avec le Moonraker des années 2000, le mal-nommé Meurs un autre Jour.

 

Cependant, le reboot de la franchise avec Casino Royale était une véritable réinvention.

Pourtant dirigé par un « yes man », Martin Campbell, a qui l’on doit un autre sommet Bondien, le très bien nommé GoldenEye, Daniel Craig ramenait 007 vers la stratosphère de la réussite, aussi bien artistique que financière.

Casino Royale était le James Bond par excellence. Il devenait, de par son histoire et ses personnages dépoussiérés, ce qu’on faisait de mieux pour le célèbre agent britannique du MI6, et de ce qu’on pouvait proposer en terme de renouveau du film espionnage 4 étoiles. Une alternative aux autres films d’infiltration post-11 septembre qui se perdaient dans les déserts d’Afghanistan.

 

Bond redevenait Bond, et ça n’avait jamais été aussi parfait.

 

Ainsi, dans l’enthousiasme, les producteurs Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont cherché, pour la première fois dans l’histoire de la franchise, à reprendre la suite des aventures de Bond là où Casino Royale les avaient arrêtées : sur l’émancipation d’un personnage, passant de la colère d’une trahison à la tristesse de la perte d’un être cher.

 

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The name is Bond, James Bond

 

Daniel Craig devenait ce nouveau James Bond, ambassadeur de notre époque.

Epoque où le héros doute. Où il devient faillible. Comme un monde dépassé, qui cherche à se réinventer. A comprendre pourquoi il a perdu sa gloire passée.

Cette humanité transparaissait tout au long d’un Casino Royale qui commençait brutal, à l’image de la carrure de son acteur principal, pour terminer fragile, sensible et incroyablement proche d’un spectateur qui avait pour la première fois un Bond dit « réaliste », à qui il pouvait VRAIMENT ressembler.

 

C’était la nouveauté inscrite par Casino Royale.

Un Bond qui n’était plus opportuniste, mais qui donnait alors le ton. En parallèle d’un Batman Begins (Christopher Nolan, auteur Bondien) qui faisait alors la même chose d’ailleurs. 

 

C’est ainsi que le réalisateur-auteur suisse Marc Forster avait été dépêché de son cinéma indépendant, et par déduction, plus intègre.

Le réalisateur de Neverland et Les cerf-volants de Kaboul devait diriger un Bond qui cherchait alors à être consolé pour une sortie programmée à l’automne 2008.

Après la perte de Vesper Lynd (interprétée par la magnifique Eva Green), l’idée était d’emmener l’agent du MI6 sur les traces de l’organisation qui avait « tué » son premier amour.

On passait alors d’un Bond triste, inconsolable, à un Bond en colère, façon Permis de Tuer avec Timothy Dalton.

 

Pourquoi pas, dites vous ?

Fallait bien avouer que c’était sacrément casse-gueule tout de même. Manque de bol, la grève des scénaristes arrive au mauvais moment :

Fin 2007, tous les scénaristes d’Hollywood se mettent en grève et sont soutenus par les britanniques. Ainsi, pas moyen, par obligation contractuelle, de retoucher un script mal fini, dont seul les séquences d’action ont été bien écrites.

Quantum of Solace va alors devoir jouer sur ses séquences, et Forster redoubler d’invention pour se faire comprendre.

 

On gagne ainsi un Bond extrêmement visuel, avec un personnage principal muet et des séquences de parlottes bancales, dont on se fiche. Dommage, car le potentiel était là, mais ça n’a pas loupé. Le manque d’autorité de Marc Forster sur le tournage (confirmé sur World War Z qui sortira en juin 2013), sorte de Jean-Marc Ayrault de la mise en scène, a freiné ses bonnes intentions.

Alors que la brèche pour voir un auteur diriger un Bond était là, ce Quantum of Solace se contentera d’être un énième épisode mais qui regorge de nombreuses bonnes idées.

 

Parmi elles, la séquence de l’Opéra qui est à mettre au Panthéon des séquences les plus spectaculaires de la saga. Non pas qu’elle soit une des plus violentes (quoique) ou qu’elle fasse appel à une équipe géniale et en surnombre (quoique ???), mais bien pour ce qu’elle dit, ce qu’elle montre et ce sur quoi elle joue.

 

Explications !

 

 

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Le Fantôme de l’Opéra

 

Le chagrin de Bond est omniprésent tout au long du film. Matérialisé par une forme de colère, de violence et d’action agressive, celle-ci est la conséquence de la perte d’un être cher : Vesper Lynd.

 

Eva Green a beau ne pas être présente au casting du film, son personnage est pourtant visible à chaque recoin, à chaque son, à chaque image du long-métrage de Forster.

Le film commence ainsi sur de longs plans sur le regard d’un homme perdu, aux yeux brillants. Celui d’un Bond que personne à part la violence de chocs routiers ne saura consoler.

L’alcool, est ainsi montré comme un remède autant que la désinvolture. Le rappel du cocktail « Vesper », à base de Vodka et de Martini -réalisé au shaker, pas à la cuillère-, est fait au milieu d’un film trop court, comme un point d’orgue. La James Bond girl du film est volontairement très effacée, et le méchant n’est qu’une ombre sur un tableau de cibles tuées les unes après les autres sans regret.

Pourtant le regret est un des thèmes phare de Quantum of Solace, faisant de Vesper un des personnages principaux, dont seul le nom est mentionné quelque fois.

 

C’est ainsi que cette séquence de l’Opéra est une des majeures du film, car elle est la mise en parallèle inattendue entre les aventures d’un agent secret et le classique de Giacomo Puccini : Tosca.

 

Première rencontre frontale entre Daniel Craig et un Mathieu Amalric (toujours aussi pathétique), elle se présente comme le châtiment que Bond souhaite donner à ce badguy, celui que lui-même reçoit dans une tragédie forcée et complètement incongrue.

Le parallèle entre l’œuvre de Puccini et Bond est explicite, et à tous les niveaux : musical, forcément, visuel (montage) et scénaristique.

 

Vesper est un fantôme, qui ne contrôle plus la passion de son amant déçu, énervé, et profondément triste. Forster fait alors de Casino Royale une véritable tragédie en la comparant à l’histoire de Tosca qui est la suivante :

 

La cantatrice Flora Tosca est l’amante cachée d’un peintre nommé Mario Cavaradossi, recherché par la police car il vient d’aider un ami à fuir un Rome contrôlé par les français.

Le chef de la police, Scarpia, dans un jeu de manipulations, va alors jouer sur la jalousie de la belle cantatrice Tosca pour piéger celui qu’il recherche.

Cavaradossi arrêté, Scarpia, séduit par la jeune femme, va alors lui lancer un ultimatum : qu’elle couche avec lui, et il laissera la vie sauve à Mario Cavaradossi.

Tosca finit alors par accepter ; Scarpia donne l’ordre de simuler l’exécution de Cavaradossi… Pour finalement donner un contrordre de manière que Tosca ne le sache pas.

 

Mais Tosca poignarde alors le chef de la police.

Cavaradossi, prêt à être exécuté, est rejoint par Tosca qui lui explique qu’il doit simuler sa mort, que les armes sont chargées à blanc. Le couple se promet alors à la paix et au repos amoureux. Au bonheur plus simplement.

 

Le peloton d’exécution s’approche alors de Cavaradossi et le « tue ».

Ignorant que Scarpia avait donné un contrordre à ses hommes, en leur demandant de finalement charger leurs armes avec des balles réelles, Tosca s’approche joyeusement du corps de son amant, pensant que leur liberté est désormais acquise.

C’est avec horreur qu’elle découvre alors un Cavaradossi sans vie. Son amour est mort et par trahison, sa passion perdue. A jamais.

En plein désespoir, elle finit alors par se suicider.

 

Tosca parle d’un amant perdu.

Tosca parle d’une histoire d’amour impossible.

Tosca parle d’un meurtre en public.

Tosca parle d’une passion entre deux amants.

Tosca parle d’un intérêt perdu.

 

Et si Quantum of Solace n’était tout simplement pas la volonté d’un James Bond souhaitant retrouver l’amour de son public autrefois déçu par les erreurs d’un Meurs un autre Jour ?

Et si Casino Royale ne l’avait tout simplement pas déjà fait ?

Et si Quantum of Solace n’était que l’ajout désespéré de séquences majestueuses à une œuvre qui l’est déjà ?

Enfin, une seule en particulier. 

 

 

 

Une tragédie en public

 

Difficile de ne pas faire le lien concret entre ces deux histoires. Le metteur en scène le souligne tout au long de la séquence.

Il y a deux possibilités :

 

La première, c’est que Vesper, prise dans une manipulation effectuée par l’organisation Quantum (décrite dans « Quantum of Solace ») et éprise du fameux algérien que l’on voit à la fin du film (évoqué à la fin de « Casino Royale »), est Tosca. L’algérien est Mario et l’organisation Quantum serait Scarpia. Le problème là est que l’algérien est de toute façon un traitre et manipule Vesper. Il ne peut donc être Mario.

 

La seconde interprétation, plus compliquée mais aussi pertinente, est celle où le rôle de Tosca serait toujours repris par Vesper et celui de Mario par le personnage de 007.

Vesper en rendant la mallette d’argent à la fin de Casino Royale à l’organisation terroriste paie sa dette envers elle, et se promet à un bel avenir avec James Bond (Mario).

L’algérien et l’organisation sont le chef de la police, Scarpia, qui promet à Vesper (Tosca) qu’elle sera libre pour sa passion avec Bond.

L’issue est pourtant différente ici : même si Vesper décide de se suicider, Bond parvient à survivre, le laissant seul avec ses doutes, son chagrin, mais aussi et surtout sa haine envers un coupable (Scarpia) qu’il doit encore trouver.

C’est là que la nécessité de faire une suite entre en jeu.

James Bond veut revoir l’issue de l’histoire. Revoir l’Opéra. Le remonter. Changer la tragédie.

Changer l’issue fatale pour la remplacer… par une autre.

 

Forster va alors cristalliser cette ambition dans cette magnifique séquence dont voici un découpage.

 

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Bond arrive sur la scène des futurs crimes. Au niveau de la direction d'acteur : sa démarche est droite et le regard fixe un point à l'horizon. Forster souligne ainsi sa tenacité. Sa fermeté.

 

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Les ennemis se fondent dans la masse. Ils sont d'ailleurs montrés faisant partie de la société mondaine. La présence de coupe de champagne peut être vue comme l'allégorie du "monde qui décide". Le monde des puissants. Le choix des costumes, quasi tous uniformes (smokings pour les hommes, robes noires pour les femmes) montrent que c'est ce petit monde est régit par des codes. Et qu'il se présente en supériorité ? Une critique sous jacente M. Forster ?

 

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Bond les observe. En hauteur. Montrant ainsi sa suprématie, il est au-dessus de ce monde. Ce plan montre également toute sa détermination.

 

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Je pense que Quick doit assurément faire partie de l'organisation Quantum.

 

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D'un air sûr de lui, Dominic Green s'asseoit sur son trone et insère son oreillette...


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... A l'image de 007, qui se met à son niveau. Les deux plans se succèdent, montrant alors que les deux personnages sont d'égal à égal.

 

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A la différence que la détermination de Bond est plus forte, plus violente...

 

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... Et brutale.

 

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L'Opéra commence.

Bond va alors le suivre, pas à pas.

 

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En se dissimulant sous l'oeil géant, représentant celui de Tosca (?) et donc de Vesper. Par extension, cet oeil est aussi le regard de la culpabilité, du chagrin et de la... Fatalité ?

 

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Depuis son oeil géant, James Bond observe de nouveau cette micro-société dans laquelle ses ennemis se fondent. Ils sont tous vétus de la même manière, mais parlent en fond sonore via les oreillettes.

Il les écoute attentivement.

 

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Le regard de Daniel Craig, légèrement penché et avec un air déterminé appuie sa force et sa suprématie sur cette réunion cachée. L'aigle va bientôt attaquer sa proie. Il est aux portes de sa vengeance.

 

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Bond et les émissaires de Quantum sont montrés face à face grâce à un champ contre champ. Les deux plans se succèdent comme si les deux parties s'observaient directement. En réalité non, bien sûr, mais c'est ce que le réalisateur souhaite nous montrer.

 

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Green (Amalric) ferme les poings pour montrer sa force et son pouvoir.

 

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Mais Bond (Craig) va casser cette assurance en utilisant sa désinvolture légendaire : il intervient dans la conversation, provoquant la fuite de ses ennemis assis dans le théâtre, et la révélation de leurs positions et identités.

 

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Retour à l'Opéra : Forster nous montre le peloton préparer l'exécution alors que l'oeil géant les observe toujours.

Contre-plongée. L'oeil domine la situation.

 

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Les tireurs sont en place. L'horreur va alors commencer. Ce qui va mener à la tragédie : Tosca va perdre son amant dans ce qu'elle croit être une simulation.

 

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La musique de Tosca monte en puissance.

Les hommes de Quantum fuient autant qu'ils peuvent.

 

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... Mais sont rattrappés par un Bond glacial qui prépare... l'autre éxécution.

"Ca va chier !"

 

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C'est le premier face à face direct entre les deux personnages.

 

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Bond lance un regard ailleurs. Quelque part, hors champ.

Un regard tourné vers Vesper peut-être ?

Il fait ainsi de cette éxécution une fatalité. Il indique le destin malheureux.

Mais l'issue de cette tragédie doit être revue.

Scarpia (Quantum) a survécu, mais pas Tosca (Vesper), qui s'est de toute façon suicidée. Il doit donc changer la donne... Espère-t-il, peut être, que cela fera revenir Tosca à la vie ? C'est sous-jacent, mais c'est là.

Vesper est présente ici.

 

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La violence entre en scène.

 

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Tout au long de l'éxecution, Forster et son monteur vont s'amuser à mettre les deux séquences en parallèle : la tuerie Bondienne dans le restaurant et la fin de l'Acte I de Tosca.

 

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Silence et musique.

C'est un peu comme si James Bond rejouait l'opéra dans sa tête. Le moindre son de la séquence est coupé. Nous n'entendons ni les coups de feu, ni les bruits de pas, ni les cris. Seul la musique de Tosca est jouée. En choeur. En coeur.

Tosca tue Scarpia. Vesper tue Quantum.

Et Mario survit.

Et Bond survit.

 

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Mais pour cela, Bond doit tacher sa chemise blanche.

Il sort alors le monstre qui est en lui et... Exécute.

 

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Bond (Mario) espérait-il mourir à la place de Vesper (Tosca) ?

C'est la question que l'on se pose à l'issue de cette séquence. Le sacrifice fait-il partie de cette tragédie ?

 

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La réalité le rattrappe. Le voilà en train de tenir entre ses mains la vie d'un membre de Quantum qu'il souhaite interroger pour ainsi remonter jusqu'à la tête de l'organisation. Sa détermination est totale. Sa haine, énorme.

L'interrogatoire est vif, violent. A vrai dire, Bond s'en fiche.

Ce qu'il veut, c'est Vesper.

 

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Ainsi, il laisse le membre de Quantum mourir (se suicider ?). Il se "jette" du haut d'un édifice... Soit de la même façon que Tosca choisit pour mourir.

 

Enfin, une chose importante ici est le cadre : l’exécution de l'opéra est assistée par un public… Tout comme la gunfight de Quantum of Solace. Elle est entièrement publique, et la tragédie est vécue par tous. Aussi bien par les spectateurs de l’opéra, que ceux assis au restaurant… Et nous-mêmes, spectateurs du film !

 

 

La nouvelle danse de 007

 

Si hélas le montage et la mise en scène de cette séquence ne sauvent pas le film de l’accident scénaristique, elle montre au moins à quel point un film peut puiser dans l’héritage culturel pour se retrouver, se rafraichir.

Marc Forster, dont les talents restent souvent discutables, montre aussi que Casino Royale pouvait toujours être magnifié.

 

C’est maintenant à vous Sam Mendes !

 

 

"Casino Royale" de Martin Campbell. Avec Daniel Craig et Eva Green.

Disponible en DVD, Blu-Ray.

"Quantum of Solace" de Marc Forster. Avec Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric.

Disponible en DVD, Blu-Ray.

"Skyfall" de Sam Mendes. Avec Daniel Craig, Bérénice Marlohe, Javier Bardem.

En salles le 26 octobre.

 

Crédit photo : Sony Pictures 

 

William Mondello

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 15:53

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Prochain film du réalisateur britannique oscarisé Tom Hooper (Le Discours d'un Roi) : LES MISERABLES.

L'adaptation du célèbre musical s'annonce en fanfare, avec ces premiers characters posters (affiche teaser ou faisant partie de la campagne promotionnelle, présentant un personnage du long-métrage), plus beaux les uns que les autres.

 

Le regard d'Anne Hathaway n'est pas trompeur. Cet immense spectacle s'annonce magnifique.

 

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Comment, vous ne connaissez pas Les Misérables ?

 

Maestro, musique !

 

 


Bien évidemment, le matériel original est l'oeuvre de Victor Hugo. Mais peut-être méconnaissez-vous une adaptation célèbre du chef-d'oeuvre de l'auteur : la comédie musicale de Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil, jouée au Palais des Sports de Paris dès 1980 avec Maurice Barrier et Jean Vallée dans les rôles titres.

 

Disparue aujourd'hui, l'adaptation française a traversé la manche en 1985 par l'intermédiaire de Cameron Mackintosh. Une version qui est toujours jouée à Londres aujourd'hui... et même ailleurs. 

Aux Etats-Unis, à Broadway, au Japon et bien d'autres pays...

 

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L'oeuvre et son succès (65 millions de spectateurs en 2009) sont indiscutables. Les références dans la pop-culture pleuvent ( How I Met Your Mother, where are you ?). Si bien qu'une adaptation cinématographique du musical (et non du livre) a été discutée pendant des années.


En 2011, Universal Pictures annonce le lancement de la pré-production du film, avec, à sa tête, le réalisateur britannique Tom Hooper, tout juste Oscarisé pour son Discours d'un Roi.

 

Les bonnes nouvelles se sont alors succédées.

Hugh Jackman, qui avait fait des étincelles musicales lors de sa présentation de la cérémonie des Oscars en février 2009, allait incarner Jean Valjean.

 

 

 

 

Anne Hathaway allait incarner Fantine et Amanda Seyfried, la célèbre Cosette.

 

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Plus exotique, et finalement pas si inconcevable, Russell Crowe allait apporter sa voix rauque, grave et forte au personnage de Javert.

 

 

 

Tout ce petit monde réunit, Hooper lance alors le tournage de son film en ce début d'année 2012 pour une sortie américaine programmée le jour de Noël, soit la fenêtre de tir parfaite pour candidater aux Oscars 2013 (les films doivent sortir avant le 31 décembre de l'année précédente pour espérer concourir).

 

Le film sortira en France le 20 février 2013. J'imagine qu'Universal panique à l'idée de promouvoir un film dont le contenu reste incompris par le public français. J'espère donc que ce décalage entre la sortie américaine, mondiale, et française saura porter ses fruits avec la promotion que le long-métrage mérite.


"Freedom is mine", "I dreamed a dream", "I am the Law", "Heart full of love". Ces taglines sont des titres de chansons prébiscitées. Appréciées pour leurs rythmes, mais aussi leurs fonds, ces chansons sont devenues des classiques. Car le coeur même de l'oeuvre de Hugo, critique fin d'une société décadente pas si éloignée de la notre, a été respecté ? Ou parce que la magie musicale fait frissonner le plus froid d'entre nous ?

Si vous n'avez pas le courage de prendre l'Eurostar pour contempler ce spectacle vivant incontournable, vous pourrez attendre l'année prochaine pour obtenir votre réponse.


Un film dont j'attends beaucoup, mais avec une équipe pareille, et une ambition démesurée (voir technique d'enregistrement en live), il y a de quoi être exigeant et espérer énormément !

 

 

 

Convaincus ?

Les Misérables de Tom Hooper. Avec Hugh Jackman, Anne Hathaway, Russell Crowe, Amanda Seyfried, ainsi que Helena Bonham Carter (yeah !) et Sacha Baron Cohen  (re-yeah !) dans le rôle des Thénardiers.

En salles le 20 février 2013.

 

William Mondello

 

Crédit photo : Universal Pictures

 

 

A découvrir sur le blog :

Le retour sauvage (et fracassant) d'Oliver Stone : Savages

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 10:42

Ca se passe de commentaire.

Enjoy :

 

 

 

Skyfall, réalisé par Sam Mendes, et avec Daniel Craig toujours dans le rôle titre sera un des plus longs films de la série avec 2h25 au compteur. Le film sort le 26 octobre en France.

Les premiers retours semblent très positifs. En tout cas à la hauteur de l'ambition que s'était fixé le réalisateur britannique, qui affichait déjà son adoration pour le célèbre agent au détour d'une réplique de son long-métrage oscarisé American Beauty.

Pour le reste : Joyeux anniversaire Monsieur Bond !

 

WM

 

 

A découvrir sur le blog :

- L'analyse de la séquence de l'opéra de QUANTUM OF SOLACE. Quand James Bond rencontre Tosca.

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 16:12

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L'automne-hiver est généralement la bonne période pour candidater son film aux prochains Oscars. C'est aussi, souvent, l'occasion pour les majors de révéler les premières images de leurs blockbusters de la prochaine saison d'été.

 

Après Warner et son Superman, Man of Steel, Disney passe à l'offensive en révélant les premières images du nouveau film de Gore Verbinski, réalisateur des trois premiers Pirates des Caraïbes : The Lone Ranger.

 

 

Une intrigue qui devrait donc jouer sur l'arrivée fatale d'un nouveau monde construit lui-même sur un nouveau monde. Le chemin de fer, moyen de communication et ralliement par excellence devrait donc succéder à l'impérialisme britannique menaçant nos chers pirates dans Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde, une masterpiece de mise en scène (beaucoup moins de scénario).

 

Au cas où vous doutez du talent de ce cher Verbinski, aussi réalisateur de l'excellent Rango, voilà de quoi vous distraire :

 

 

The Lone Ranger, c'est de Gore Verbinski, avec Johnny Depp et Armie Hammer et ça sort le 7 août 2013 en France.

 

WM

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 19:48

Avec le retour de Peter Jackson avec le premier volet de la trilogie Bilbo le Hobbit, c'est un des événements marquants de cette fin d'année cinématographique.

En pleine saison de candidature pour les futurs Oscars, sortira sur les écrans l'adaptation tant attendue de Life of Pi dont voici la dernière bande-annonce.

 

Un film qui aura connu une valse sans précédent de réalisateurs : M. Night Shyamalan (Sixième Sens), Alfonso Cuaron (Harry Potter 3, Children of Men) et même Jean-Pierre Jeunet (Amélie Poulain). Tous se sont attelés au projet avant de quitter le navire.

C'est finalement le réalisateur oscarisé pour Brokeback Mountain qui s'y est collé : Ang Lee. Et y'a de quoi être admiratif !

 

L'Odyssée de Pi de Ang Lee, c'est le 19 décembre au cinéma.

 

WM

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 21:33

Savages1.jpg

 

Livre à la main, je m’tiens droit comme un pic qu’on aurait enfoncé dans le crâne d’un de ces cabrones. Dans ce train qui fonce tout droit vers Paris, pas facile d’anticiper le moindre virage. Le conducteur ne faisant aucun effort de souplesse (et le matériel de la SNCF étant particulièrement pourave), j’ai parfois le sentiment de me trouver dans Space Mountain.

C’est ce que William se disait.

 

Ce soir, c’est la Big Night, pensait-it. Direction l’avant-première du nouveau film d’Oliver Stone : Savages.

 

 

Savages5.jpgC’est la crise pour tout le monde

 

Oh bien sûr, ça ne devrait plus être un événement en soit. Le réalisateur américain nous ayant gratifié de magnifiques ratages cinématographiques depuis quelques années. Du bancal Alexandre, à l’opportuniste Wall Street 2, sans parler de cet immonde World Trade Center.

 

Pourtant Oliver Stone c’est tout de même des films coup de poings : Platoon, JFK, Nixon, ou encore Tueurs Nés, écrit par un certain Quentin Tarantino, encore méconnu à l’époque.

Des films très politiques, mais qui avaient tendance à ne pas faire du bruit pour rien. Stone a du style. C’est même un grand. Allez, le mot est lâché.

Toujours est-il que le bonhomme a une réput’ à se refaire. Les studios ne veulent plus de lui, et il emmerde continuellement le système.

 

Ouais, William adore les gens comme ça, mais si c’est pour nous offrir des choses immondes comme ce Jésus Christ qui tend une bouteille d’eau au pompier enseveli sous les décombres d’une tour-symbole géante, ça sert à que dalle se disait-il.

 

QUE

DALLE

 

En plus cette soirée, c’était l’occasion de revoir une fille sympa, mais ça franchement on s’en branle, car ce n’est pas l’objet de cette critique écrite (oui c’est une tentative) avec le style de Don Winslow (et voilà une belle justification pour mon changement de narration).

 

Ah et oui…

 

Ce mec, c’est l’auteur d’un livre qui s’appelle… Je vous le donne, j’suis sympa : Savages.

 

Savages c’est une histoire d’un classicisme absolu. Celle de producteurs d’une marijuana surpuissante. Tellement qu’ils en sont las du système qui a fait d’eux des multimillionnaires.

¡LIBERTAD!

Liberté, liberté, liberté, comme un oiseau.

Manque de bol, au moment où ils souhaitent se retirer, un cartel mexicain mené par une femme de poigne va littéralement s’opposer à eux et faire imploser leurs idéaux.

 

Ca ne vous rappelle rien ?

On sent l’opportunité de faire un truc bien, un truc lié à l’actualité avec, je sais pas moi, la crise économique en toile de fond et la remise en question d’un système par exemple… Mais sur le papier, ça annonce quand même un magnifique air de déjà-vu.

 

Et pourtant…

 

Savages2.jpg

 

Fuckin’ Savages !

 

Winslow a un ton bien a lui.

Assez proche de Chuck Palahniuck pour ceux qui connaissent (l’auteur d’un certain Fight Club, devenu film culte via David Fincher), il enchaine les personnages, les situations rocambolesques, les références à la culture pop, l’humour et le trash à une vitesse qui permet de ne jamais perdre son lecteur. Une telle énergie se devait d’être transfigurée sur grand écran. Du moins, c’est exactement ce qu’Oliver Stone a pensé.

 

Et il l’a fait.

 

En achetant les droits du livre avant même qu’il sorte, et en incluant Winslow dans l’écriture du scénario, Stone s’est assuré de préparer au mieux son come-back.

Fracassant. Frais. Violent. Hurlant. Drôle. Et jouissif.

Son nouveau film, adaptation survitaminée d’un roman (que vous devez lire aussi), est ni plus ni moins qu’un des meilleurs films de cette année.

 

Winslow avait créé des personnages hauts en couleur. Supportant ses descriptions énergiques. Il a fait de clichés des situations réelles et des êtres humains qu’on déteste aimer… des êtres qu’on aime détester. En intégrant à leurs backgrounds respectifs des éléments d’actualité comme la guerre en Afghanistan ou ce début de crise économique (le roman date de 2010), il se promettait de belles choses.

Et plus que le sexy supposé.

 

C’est probablement ce que Stone a pensé en concevant son film à la lecture du pitch du roman. Pas moyen de passer à côté de ces personnages hors normes.

O.

Chon.

Ben.

Lado.

Dennis.

Elena.

 

TOUS.

D’une certaine façon, chacun représente une facette de l’Amérique frontalière.

Hypocrite. Grande. Superficielle. Démesurée. Droguée.

 

Après de vagues tentatives de provocations cinématographiques (qui laissaient penser qu’il s’ennuyait totalement) et assis sur un budget confortable (de 45 millions de dollars), mais qu’il a dû négocier (avec les français de Pathé), Stone revenait vers ce qu’il aimait vraiment.

Le film coup de poing.

 

Pour incarner ces personnages, il s’est entouré d’un casting solide : le grand John Travolta, le génialissime Benicio Del Toro, le méconnaissable Aaron « Kick-Ass » Johnson, la superbe Blake Lively, l’égal à lui-même Taylor « John Carter » Kitsch et… Salma Hayek.

Hayek, qui prend a bras le corps ce qui est sans doute le rôle de sa vie, embrase tout. Si tous les autres incarnent, chacun à sa sauce, une poudrière gouteuse, Hayek, elle, est l’allumette. Le film EXPLOSE littéralement à notre gueule de spectateur habitué aux productions devenues bien trop lisses dans ce genre.

 

Savages3.jpg

 

Stooooooone, le monde est Stooooooone

 

… Avec du shit, beu, weed, appelez-le comme vous le voulez, mais avec un nom pareil, de toute façon Stone était pré-destiné à vous embarquer dans un tel trip.

 

La tension monte de scène en scène. Le thrill est à son comble. Vous planez.

Et malgré quelques idées visuelles farfelues à nous sortir de l’intrigue, Stone emmène tout ce joli monde (et nous avec) dans une grimpée vers l’extrême.

 

L’adrénaline, de la pure baby !

 

Au milieu de l’action, les personnages s’affinent. O assume sa douceur sexuelle. Chon sa violence naturelle.

Elena marque son territoire au détour de punchlines bien trempées. Ben, homme aux bons principes, plonge de son côté dans une violence qu’il doit apprivoiser.

Les réunions s’achèvent parfois dans la douleur la plus féroce, au moins autant que le trash développé au moindre échange verbal.

 

De scène en scène, le réalisateur américain construit les chocs de ces fortes personnalités.

Les dialogues sont savoureux et la musique pioche dans tous les genres (mention spéciale, vraiment, car la sélection est génialissime).

 

 

 

 

Le final incompréhensible et sûrement téléphoné arrive alors trop vite.

Stone à l’extrême ?

 

On se met à regretter un film qu’on aurait adoré voir plus long. Avec moins de fantaisies peut-être et plus de temps consacré à certains personnages.

Mais l’équilibre demeure.

Un équilibre entre intrigue classique, personnages forts, trouvailles visuelles et sonores, percussions en rythme et fond critique.

 

Après tout Savages ce n’est sans doute que l’histoire d’un système contre un autre. Le gros contre le petit. La liberté contre le contrôlé. Les 99% contre 1%. L’utilisation d’une méthode contre une autre. Une sauvagerie contre une autre. Le changement d’un monde contre un autre.

 

« On ne change pas le monde. C’est le monde qui nous change. »

 

Et Savages c’est aussi, la crise de l’économie souterraine.

La remise en cause de bons principes. Ceux là même que l’Occident se vante d’avoir au-dessus des autres, plus petits.

C’est le Walmart/Carrefour du trafic de drogue, massif, qui se moque du petit producteur aux futilées amoureuses bien à lui.

Un plan à trois cache pourtant bien son jeu.

 

Puis le p’tit producteur, aussi bizarre soit-il dans ses méthodes, éclate la gueule du gros. Parce qu’il s’est empiffré de l’énergie qu’il lui fallait. Et l’a retourné contre celui qui se moquait.

Le fameux too big to fail ?

 

Finalement, Savages, c’est sauvagement politique.

C’est sa(va)gement Oliver Stone.

 

 

 

Savages d’Oliver Stone. Avec Taylor Kitsch, Aaron Johnson, Blake Lively, Benicio Del Toro, John Travolta et Salma Hayek.

Au cinéma le 26 septembre.

Le roman de Don Winslow, en librairie dès maintenant.

 

Crédit photo : Pathé Distribution / Universal Pictures

 

 

William Mondello

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:04

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Ce matin, à Paris, était présenté à la presse 30 minutes du prochain film d’animation des studios Disney : Les Mondes de Ralph.

Premières impressions… Sans spoilers (embargo oblige).

 

 

Plongée dans les mondes virtuels

 

Après l’incroyable bande-annonce postée sur le web la semaine dernière, c’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce projet atypique des studios aux grandes oreilles.

Même si l’incursion de Disney dans les jeux-vidéos a commencé très tôt avec Tron en 1982, jamais un film d’animation de cette envergure ne s’était aventuré dans les sphères vidéo-ludiques.

 

En prenant en compte le sentiment nostalgique, Clark Spencer, producteur du film et présent lors de cette présentation, a expliqué à quel point un tel environnement était un élément important à une HISTOIRE. Car bien que celle-ci s’annonce extrêmement classique, dans les faits, un véritable travail a été effectué sur le visuel du film, sa bande-son, mais aussi et surtout ses personnages.

 

Le film conte l’histoire de Ralph la Casse (doublé par l’excellent John C. Reilly en VO, François-Xavier Demaison en VF), méchant d’un jeu-vidéo d’arcade qui est las de jouer toujours au même rôle. Il décide alors de s’aventurer hors de son jeu vieux de 30 ans pour découvrir les facettes des autres mondes virtuels. .

Les extraits présentés montrent les différents environnements que le personnage va explorer. A noter : un soin particulier apporté aux mondes que Ralph va découvrir avec le spectateur.

Spencer a beaucoup insisté sur un élément important de ce nouveau long-métrage : chaque monde est unique. Par exemple, chacun a sa propre bande-son : l’électronique Skrillex, les très eighties Buckner & Garcia ou encore le groupe de 48 chanteuses j-pop AKB48. 

 

 

L’émotion au programme

 

Vous l'aurez remarqué dès la bandes-annonce, le graphisme est très enfantin. Mais noyé dans les caméos et les environnements virtuels connus, le spectateur adulte se perd alors dans ses meilleurs souvenirs. Et c'est semble-t-il un des objectifs de ce projet ! D’idée en idée, de personnage en personnage, le metteur en scène Rich Moore (un des premiers réalisateurs des Simpsons), nous envoie dans une autre réalité pourtant… famillière.

Le film promet de belles réactions : en connectant deux publics, l'enfant émerveillé et l'adulte nostalgique, il créé l'universalité de son histoire et la garantit.

Ainsi chez les plus grands, le rire s'entremêle avec les « AH OUI JE ME SOUVIENS ! » qui se bousculent dans nos têtes à force de références. Quant à l'émotion, elle arrive à grand pas : via ces personnages perdus dans ces mondes où le déterminisme est roi. Où leur volonté d’exister autrement, en étant libre, est forcément bafouée au profit du spectacle pré-programmé.

Le visuel n’est plus, la profondeur arrive.

 

Et c'est le ressentiment perçu après seulement 30 minutes d’extraits, dites vous bien !

 

En effet, comment ne pas se sentir tout petit et tout mielleux face à ce qui nous rappelle tant l’enfance ?

Comment ne pas fondre devant ces jeux auxquels on a participé plus jeune ? Et qui prennent vie autrement sur grand écran ?

 

 

La vie est un immense jeu universel

 

Disney a toujours été un peu tout cela à la fois.

La présence de thèmes comme la quête d’identité ou la mesure de la tolérance d’autrui appuient cette impression.

 

Quand Walt Disney avait conçu Disneyland, il expliquait qu’il avait souhaité créer un endroit où les enfants pouvaient s’amuser… Autant que leurs parents.

Et dans ce grand huit de pixels, impossible de ne pas penser à cette phrase qui a redéfini Disney depuis quelques années, après le rachat de Pixar (Raiponce).

Impossible aussi, de ne pas penser à toutes ces heures passées sur les machines d’arcade, à tenter d’obtenir le meilleur score, pour devenir soi-même un héros de jeu-vidéo (Street Fighter II, Pac-Man, Q-Bert).

C’est tout ce sentiment là, cette tendresse, qui transparait de ces extraits qui annoncent un long-métrage inspiré. L’amour d’un autre art sublimé par une histoire que seul le cinéma peut nous offrir… En nous touchant.

 

« Suffisamment pour que le public se souvienne de l’aventure que nous souhaitons lui offrir. Nous souhaitons que les spectateurs n'oublient jamais notre film, et pour cela, il faut les toucher avec des choses qui feront alors partie d’eux. La comédie est importante. Mais l’émotion est le cœur de tout » ajoute Clark Spencer, véritable vétéran chez Disney.

  

L'histoire d'une future réussite ? On ne manquera pas d’aller le vérifier dès le 21 novembre au Grand Rex et le 5 décembre partout ailleurs !

 

 

Les Mondes de Ralph de Rich Moore.

Le 5 décembre dans toutes les salles françaises.

 

William Mondello

 

 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 19:43

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Disney vient de révéler de nouvelles images de son hit de l'hiver : Les Mondes de Ralph.

 

A tous ceux qui ont des souvenirs d'enfance vidéoludique, voici le Nirvana :

 

 

 

 

 

Mis en scène par Rich Moore qui a déjà opéré sur moultes épisodes des cultissimesSimpsons et du génial FuturamaLes Mondes de Ralph conte le quotidien lassant du méchant d'un jeu d'arcade, Ralph.

 

L'originalité de ce projet réside bien sûr dans son concept, mais aussi, et surtout, de ses caméos : Zangrief de Street Fighter là, Bowser de Super Mario ici. De quoi être heureux qu'un studio grand public comme Disney s'attèle à rendre hommage à ce nouvel art qui a bercé beaucoup d'entres nous.

Trois mots : On est impatient !

 

Les Mondes de Ralph de Rich Moore. Avec, comme casting vocal original, John C. Reilly, Jack McBrayer, Sarah Silverman et Jane Lynch.

Le 5 décembre 2012 dans les salles.

 

WM

 

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