28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 13:18

large_542307.jpgA l’annonce de Kenneth Branagh au poste de réalisateur de Thor, film de superhéros à gros budget, le tout Hollywood (et ses meilleurs clients, dont moi) a poussé un grand soupir. Quoi ? De soulagement ? De perplexité ?… D’inattention ?

 

Comment un héros si peu connu de l’univers (énorme) Marvel a-t-il pu avoir son propre film et qu’est ce qui a pu séduire le réalisateur irlandais habitué aux adaptations profondes de William Shakespeare a préparer un tel… Popcorn-fun-blockbuster ? Comment une telle histoire dithyrambique, si peu « Marvel » finalement (Thor n'est techniquement pas un personnage auquel on peut s'identifier), peut faire rêver les spectateurs du monde entier ?! Ca sentait le foin… Et pourtant…

 

 

Depuis quelques années, Marvel Studios sort un film par an. La première semaine de Mai, celle qui ouvre la marche des blockbusters d’été, est occupée et balisée par les superhéros de Stan Lee. Métaphore du monde actuel, vous dites ?

Aujourd’hui (enfin hier, vu que je termine la rédaction de cet article en ce moment même), on attend et on se rend en salle voir le « dernier Marvel » comme autrefois je me rendais au cinéma tous les Noëls pour voir le dernier Disney. Ah mais oui, c’est vrai. Disney = Marvel. I AM A FOOL !

De ces dernières années, on retient un bilan mitigé : Certains sont tout juste corrects (Hulk), d’autres étaient d’excellentes surprises (Iron Man, Spider-Man 2), d’autres étaient franchement pas bons du tout (Wolverine, les 4 Fantastiques, Ghost Rider, la liste est plus longue d’un coup).

Pourtant, dans ce dessein, tous (ou presque tous) se destinent à une seule chose : Les voir se réunir dans un ultime cross-over qui sortira en 2012 : The Avengers, soit le film –supposé bordélique vu la galerie de personnages- le plus attendu par les fans de comics (et au casting déjà cinq étoiles accessoirement, donc) !

Cette logique d’hyper franchise hyper discutable laisse donc la part belle à une ligne de conduite générale franchement aléatoire. Est ce que le héros qui a son propre film assumera sa propre histoire ? Ou devra-t-il se faire écraser par l’arc narratif général « Avengers » qu’il doit forcément démontrer pour bien préparer le film de Joss Whedon ?

 

Thor, de Kenneth Branagh : Le BlockbAusteur Marvel

(le film qui pourrait donner Thor aux détracThors de BlockbAusteurs)

 

Mais revenons à nos moutons cosmiques voulez-vous, et pas n’importe lesquels. A vrai dire, il y a de cela un an, je n’attendais rien de l’adaptation cinématographique de Thor, énième film de superhéros Marvel, trop particulier qui plus est, car il s’agit ni plus ni moins que d’un Dieu ! Oui, A GOD !!! (esprits mal tournés, couchez-vous !... Oui… Bref…)

 

 

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Le pire était les premières photos des dieux en armures. On allait assister à un mauvais épisode des Chevaliers du Zodiaque !

Puis Paramount a peu à peu confirmé le potentiel « good Marvel » du film, tout au long de sa campagne marketing, via la mise en ligne des différentes bandes-annonces, qui rassuraient donc quelque peu.

 

Mais on était loin du compte, Branagh est non seulement l'homme de la situation, mais il signe sûrement le long métrage Marvel le plus maitrisé depuis le second Spider-Man !

 

Alors que cette cité fantasmagorique faisait à priori partie de nos plus grandes inquiétudes de spectateur moyen, il se trouve, à posteriori, qu'on aurait bien vu un film entier sur Asgard ! C'est somptueux, magique, tragique, complet. La mise en scène magnifie parfaitement l'existence de ces divinités et de leurs habitats. Branagh y croit dur comme fer et nous avec ! On voyage dans cet univers enchanté, où se croisent un brin de science-fiction (les voyages interplanétaires) et BEAUCOUP de Fantasy nous rappelant implicitement le monde d'un certain J.R.R. Tolkien voir peut être J.K. Rowling.

 

 

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Le moindre passage, le moindre objet, dialogue ou toutes ces scénettes dans le Bifröst (l'énorme trouvaille du film, la direction artistique gagne tous les points à ce moment là !) atteignent ce genre de délire visuel qu'on adore.

On offre de l'inédit, presque du jamais vu.


Kenneth Branagh s'éclate et parvient à suffisamment maitriser un tel univers pour le coller au lyrisme du sujet.

L'influence shakespearienne pimente donc l'histoire, qui sort alors le film de la simple histoire de superhéros, tout en permettant à un public moins avisé d'y adhérer. C'est puissant, ample, ça gronde de tous les côtés et en même temps, comme dans un bon Shakespeare, c'est très humain.

Le divin Thor suit sa quête humaine (à la recherche de soi, connaître son corps et ses émotions, thèmes Marvelesques !) le rapprochant de lui-même, et, pas à pas, d'un public alors touché par son périple, ses déceptions et ses joies. Public qui tremblera à ses côtés lors des séquences d'action dantesques (joli travail sur le son à ce sujet et effets spéciaux excellents), courses à travers l'espace ou de ces grandes scènes de trahisons familiales digne d'une cour royale. Et ce, jusqu'au dernier souffle du film ; Poétiques, belles, que ce soit dans ce monde ou dans l'autre, les dernières minutes, les derniers plans vont donneront la chair de poule !... "Can you see Jane ?"

 

Christopher Nolan avait proposé sa vision très personnelle de Batman ; Kenneth Branagh propose sa vision de Thor ! Et elle est titanesque ! Si les producteurs et studios pouvaient donner plus souvent de telles libertés et marges de manœuvres à tous les réalisateurs-auteurs assumés, le Cinéma Hollywodien (en Grandes Lettres) irait bien mieux...

 

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités."

Oncle Ben, Spider-Man

 

Malheureusement, si les passages dans la cité des dieux célestes sont extrêmement réussis, le film perd quelque peu son souffle (épique !) lorsque Thor arrive sur Terre.

L'humour (inattendu et excellent) sauve le tout, mais on sent un Branagh peut-être moins intéressé ou qui a placé les premières minutes de son film si hautes que les passages plus intimistes ne peuvent être aussi efficaces. 

Lors de ces longueurs, Natalie Portman est alors en mode automatique mais confirme malgré tout son talent et sa grâce. Elle parvient avec son personnage fasciné, curieux et touchant (plutôt bien écrit et ficelé par rapport à la dramaturgie du personnage de Thor), a être le meilleur love interest de ces dernières années.

Natalie, on t'aime !

Ce croisement entre la Science-Fiction (la scientifique et ses idées...) et la Science-Fantasy (le monde du dieu nordique) est alors représenté par l'idylle naissante de ces deux là. Deux genres, deux personnes qui ne demandaient qu'à se rencontrer.

 

 

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Chris Hemsworth s'impose d'emblée, et est à Thor ce que Robert Downey Jr. était à Iron Man. Il EST littéralement le personnage, et personne d'autre n'aurait pu le remplacer. 

Mais la mise en scène et le scénario aidant sûrement, son frère ennemi, interprété par Tom Hiddleston, pourrait presque lui voler la vedette. Loin de faire de lui un simple bad guy, le dramaturge Branagh appuie la « tragédie » à chacune de ses apparitions et porte donc le film à gros budget vers cette profondeur insoupçonnée. 

Bien qu’elle soit discrète à la première écoute, la musique de Patrick Doyle, fidèle collaborateur du metteur en scène, accompagne délicieusement les passages épiques.

 

Une dernière remarque tout de même sur ces fameux passages sur Terre, qui prouve la maîtrise totale de Branagh sur le sujet :Si vous observez bien, les personnages sont souvent filmés de haut lors de leurs apparitions sur la planète bleue. Ces extrêmes plongées sont-elles là pour nous rappeler que les Dieux regardent attentivement l'avancée de la quête de notre héros et son entourage ?

Tous les Dieux ? Un en particulier : Le narrateur de l'histoire, celui qui débute ce récit épique en voix off ; interprété brillamment par Anthony Hopkins, son œil avisé et sage est-il métaphoriquement celui d'un metteur en scène et/ou d'un scénariste lui-même brillant ? Kenneth Branagh prouve décidément tout son talent par ce film encore une fois surprenant...

 

"Les actions de ton père ont toujours un objectif."

 

La 3D, quant à elle, est oubliable, sauf pour certains plans dont la plupart sont à Asgard. L'immersion est totale, et les plans aériens donnent le vertige. Le relief est aussi un gros plus... POUR CE PUTAIN DE GENERIQUE DE FIN !

 

 

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Cette rencontre métaphorique entre la Science-fiction et la Fantasy est une réussite.

Malgré quelques longueurs terriennes, vite gommées par la cohérence et la maîtrise artistique générale, Thor est un film à voir absolument, car il confirme qu'un auteur à la tête d'un blockbuster est la clé d'un spectacle qui vous prendra aux trip(e)s (vouais, jeu de mot inside) !

La dernière décennie avait déjà lancé l'idée : Les "Blockb-Austeurs" vont ils être les grands films de demain ?

On sent en tout cas la volonté de contraster le simple film de superhéros et de faire voyager ce sous genre vers des contrées inédites.

A l'image de cette ultime minute où Jane regarde le ciel en sachant enfin ce qu'elle cherche. Et cet ultime regard échangé avec Thor, connexion infinie entre ces deux mondes. Le présent maintenant vécu, nous voilà tourné vers un avenir prometteur...

 

PS: la marque de fabrique des Marvel, restez après le générique !

 

 

William Mondello

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