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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:14

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Si personne ne se souvient de Tron, premier du nom, « a epic sci-fi adventure film », datant de 1982, c’est parce que l’œuvre de Steve Lisberger avait été un véritable four à sa sortie.

C’est donc normal. Et puis de toute façon, je n’étais pas né !

Par contre, si personne ne s’est aperçu que Tron est entré dans la pop-culture et a largement influencé les artistes intéressés par le design futuriste et fluorescent (non je ne parlerai pas de mon t-shirt jaune poussin, qui n’a strictement rien à voir avec le sujet), c’est que vous avez de la merde digitale dans les yeux.

Cessons les insultes Ctrl+C, voulez-vous, et penchons nous sur ce sujet.

En quoi la suite de Tron, « Legacy » (ou « L’Héritage » en français, mais la VO c’est toujours plus classe), cette fois mise en boite par Joseph Kosinski, est attendue au tournant ? En quoi cet univers ne peut faire partie de la science fantasy classique, à la vue de son influence notable depuis près de 30 ans dans nos vies culturelles ? Et puis en quoi ce film, réalisé par un ancien architecte, vu les questions qu’il va soulever, ne peut se contenter d’être seulement un blockbuster cool ?

La pression est énorme, mais « l’Héritage » aussi. Vite, une critique TRONitruante !

 

"Pourquoi il faut aller voir… Tron Legacy"

(et écouter la BO du film en boucle) (et être le pigeon du marketing pour nous faire acheter les produits dérivés) (et faire atTRONtion aux mauvais jeux de mots)

 

Quand Tron, premier du nom est sorti, les critiques ne furent pas tendres.

Ce véritable OVNI cinématographique, produit par Disney (qui cherchait alors son Star Wars), contait l’aventure d’un programmateur de génie, Kevin Flynn (Jeff Bridges), licencié par un Apple-like, puis téléporté (littéralement) dans un jeu vidéo géant, correspondant aux méandres du réseau de son ex-extreprise.

 

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Fascinant hein ? Raconté comme ça, le pitch annonce un film véritablement excitant, et en 1982, Tron fut le premier long-métrage à exploiter les CGI (Computer Generated Images, soit en français, Images de synthèse), appuyant l’avance de ce film sur son temps.

Mais en 1982, les geeks n’existaient pas.

Les miracles non plus (toujours pas d’ailleurs !).

Souffrant d’un manque évident de clarté scénaristique (quid d’un programme exécutant l’opération du MCP correspondant à la carte mère, d’un programme d’un sous dossier 01 à XPeifhùmamf méf…), le public néophyte était largué. Mais les petits garçons, alors joueurs de Super Mario, commençaient déjà à rêver. Et si nous devenions les héros d’un jeu vidéo ?

Au fil du temps, alors que Tron aurait pu se faire oublier, l’œuvre de Lisberger, véritable passionné d’informatique (et par conséquence, grand visionnaire), est devenu un film culte.

Si culte, que la pop culture s’en est inspiré : Lumières fluorescentes de boites de nuit, rétro-éclairage, et enfin, et surtout, musique élecTRONique. La pop, avant la culture, s’en emparait si bien, qu’aujourd’hui, Tronc n’a jamais si bien porté son nom (pour ce jeu de mot débile, j’aurai droit de me priver de hamburgers pendant une semaine).

 

 

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Mais rendons à César ce qui appartient à César :

S’il y a bien un groupe musical qui rendait hommage dignement au film de Lisberger, c’était bien DAFT PUNK.

Costumes scintillants, lumières dansantes, traits luminescents, et larsen élecTRONique en pagaille. Ces mecs venaient d’un jeu vidéo. Ces mecs venaient de la Grille !

 

 

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L’opportunité pour le groupe. Composer la musique du film qui leur était destinée. La boucle est bouclée.

Entre les sons des vaisseaux, des basses faisant passer les murs de la salle pour des atteints de Parkinson, le VROOOOOM des motos, les élecTRONs libres français mélangent leurs sons abruptes et mélancoliques avec du violon en appuyant les hommages aux John Williams, Jerry Goldsmith et consors.

Du puissant « The Game Has Changed » au dansant « Derezzed », ils explorent toutes les possibilités d’un tel monde : Celles où le joueur devient un héros en s’amusant. Le triomphe de « Flynn Lives » au synthétique « End Credits », tout est complet. Musicalement.

La profondeur de certaines pistes se marient parfaitement avec le visuel ultra léché du film (de quoi nous faire pigeonner dans les produits dérivés évidemment) qu’il est à se demander pourquoi on y avait pas pensé plus tôt.

 

L’influence a été digérée, modernisée, l’Héritage est là. La musique est bonne (bonne bonne bonne booooooonne). Alors que faire ? La pression est énorme.

Tron Legacy est alors obligé d’aller bien plus loin que l’original.

Nous sommes en 2011. Internet est une deuxième planète (le monde 2.0, j’aime l’analogie made in moi), ou presque. Facebook nous virtualise. Nous sommes tous joueurs de jeux vidéo, d’une façon ou d’une autre, et nous nous esclaffons devant la beauté des produits Apple (la mode du brillant et du reflet). La technologie est partout, et nous avons tous un double numérique. Tron gagne alors la possibilité d’enfin toucher tout le monde, mais surtout, d’enfin humaniser son univers, dopé au XXIème siècle. La pression et l’attente sont fortes.

 

C’est donc l’histoire de Sam Flynn (Garrett Hedlund), qui part à la recherche de son père, ancien programmateur de génie et à la tête d’une multinationale informatique.

Dans un jeu vidéo géant où il a joué à Dieu, Flynn Père se fait enfermer par lui-même : CLU 2.0 (une copie numérique, notez la très forte métaphore). Sam, p’tit con à ses heures perdues, casse-cou et la gâchette verbale facile, pénètre alors dans le monde virtuel créé par son père, monde dont celui-ci lui parlait tant quand il était encore près de lui. Il y rencontre toute une galerie de personnages amusants (dont Olivia Wilde), devient gladiateur numérique lors de jeux spectaculaires (avant de se faire sauver par Olivia Wilde), et retrouve son père pour jouer un peu à Œdipe (sous l’œil avisé d’Olivia Wilde).

 

 

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Legacy aborde alors de grands thèmes : d’un côté, la dépendance affective via la recherche d’un père, d’un idéal. Et de l’autre, la dépendance au pouvoir via la quête infinie de la perfection d’un monde qu’on a le pouvoir de dessiner.

Le fils. Le père. Amen.

De ce thème principal, qu’aurait adoré Sigmund Freud, découle une multitude de sujets que le film va peu à peu aborder. Sur des problématiques personnelles, l’ancien architecte (tiens donc, la quête de la perfection est-elle la quête de tout architecte ?) Joe Kosinski va toucher des sujets plus vastes mais terriblement contemporains. Et si nous avions le pouvoir de redessiner notre vie ? Et si nous avions le pouvoir ABSOLU de créer un monde à notre image, qu’on contrôlerait, de bout en bout ? Et si cette infinie succession de pouvoirs, de possibilités, finirait par nous faire devenir quelqu’un d’autre ?

S’enfermer dans son monde (le monde de la Grille). Dans un mutisme (son double, CLU 2.0, qui reprend le pouvoir sur nous même). Une fois au sommet, après tout, que faire d’autre ?

 

 

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Tout tourne autour du personnage du « parfait » Jeff Bridges et de son double numérique qu’il a créé pour « l’assister » (comme un profil Facebook qu’on s’amuserait à contrôler ? Comme un avatar numérique d’un jeu vidéo ?) dans la construction du monde idéal.

Virtuel, mais idéal. Puissant, n’est ce pas ?

Mais l’imprévu s’immisce toujours dans le programme (jeu de mot numéro 2, bonsoir), et c’est là qu’intervient la fameuse part d’humanité que le film veut mettre en valeur.

 

 

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Pour appuyer la profondeur d’un scénario qui part pourtant sur un classicisme forcené, je vous invite à bien faire attention à la séquence d’ouverture (impressionnante), qui par sa force visuelle, raconterait presque tout le film :

Une ligne se dessine, puis se courbe, puis se multiplie (comme un fœtus ?), grandit pour laisser apparaître la droiture PARFAITE de gratte-ciels rangés les uns derrières les autres. Mais au delà du monde de Tron, au delà de ce titre que la technologie cinématographique nous permet de traverser, il existe l’imprévu, l’irrémédiable, l’humain. Le rêve d’un petit garçon, émerveillé par la vision de son modèle qui disparaît trop tôt.

Et finalement… Quelques années plus tard… Cet imprévu va devenir la solution. L’éclair de lumière dans les ténèbres. L’idée qui fera sortir ce mauvais monde du côté obscur. Tout se joue alors dans ce dernier regard échangé entre un père et son fils…

Kosinski touche parce que lui même est touché. Sa caméra se ballade, se pose et cherche la symétrie parfaite, à l’instar du personnage de Jeff Bridges.

 

Au milieu de cette quête de l’utopique, il y a la fougue et la coolitude d’un personnage principal qui n’était alors qu’un joueur occasionnel, davantage concentré sur la quête d’un idéal affectif : Son père.

Tron Legacy est un film sur l’idéal, sur la droiture parfaite de notre monde, et le chaos total des pensées humaines. Et de ce choc permanent naît la véritable aventure.

 

J’ai choisi délibérément le vocabulaire de ce paragraphe. Legacy joue en permanence sur la différence de ces deux mondes, dont la frontière est, de nos jours, devenue si fine, que la schizophrénie d’un personnage ne suffit plus.

Voilà pourquoi, et malheureusement, le film se perd un peu dans les sujets qu’il aborde. Les thèmes que j’ai énoncé, ne sont jamais plus approfondis alors que le film aurait largement pu se poser comme un portrait « connecté » de notre société, avec de bonnes idées (« Le Magicien d’Oz » a sa suite moderne : Le monde réel en 2D et le monde de la Grille en 3D. Il fallait y penser !) et des séquences d’action dantesques (les Light Cycles !). Mais les réponses manquent, certains personnages sont sous-exploités (Olivia Wilde, Michael Sheen… et Olivia Wilde !) et le manque clair d’enjeux nuisent à l’expérience qu’offre le film, dont le relief est pourtant savamment utilisé. Les effets spéciaux sont à la pointe, et crédibilisent le film dans sa marche technologique. Dans ce domaine, le visage rajeuni de Jeff Bridges en CLU 2.0 est une prouesse. La chose reste perfectible, mais ne pas oublier que les séquences CGI du premier Tron, en 1982, étaient programmées sur des documents Texte (et la souris n'était pas encore utilisée) !

L’ennui guète parfois, même si l’univers est assez riche pour pouvoir nous occuper et passer un bon moment pop-corn.

 

 

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Le film hésite, on sent qu’il veut pourtant aller au-delà. Par peur de perdre des spectateurs peut être. Finalement, il ne parvient pas à aller plus loin de ce que le film original avait planté et l’Héritage qu’il avait laissé. Il fonctionne aussi bien que son prédécesseur, et même un peu mieux, mais la déception reste de mise vis-à-vis du potentiel établi et aux objectifs qu’il s’était inconsciemment fixé.

 

Et l’influence Matrix ? Après tout, le film des frères (enfin frère et sœur, pardon) Wachowski faisait parti de l’Héritage du Tron-iverse. Je comparerais plus le film de Kosinski avec Star Wars (dont les clins d’œil sont criants, tout comme ceux faits à 2001 L'Odyssée de l'Espace : Observez l'appartement de Flynn Senior et comparez-le à celui de la fin du film de Kubrick !!!) ou même plutôt… Avatar.

Tron n’est pas plus classique qu’Avatar. Au contraire. Il peine surtout à conter son histoire et à en extirper les meilleures parties.

Il n’empêche qu’Avatar était plus efficace alors que le scénario est bien moins complet que Tron. Il faut croire que malgré tous les efforts et les objectifs fixés, personne n’a le talent du storytelling de Cameron (sa pièce maitresse à lui, oui, c'est Titanic, le seul film dont on connaît parfaitement la fin, mais qu'on parvient à oublier -et même regretter- pendant près de deux heures sur trois).

 

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Un univers magnifique, aux possibilités qui feraient même rêver le moins geek d’entre nous.

Une bande son digne, navigatrice dans ce voyage ambitieux ; les grands thèmes d’une société qui se cherche dans le 2.0, étant au programme (ouh ! Jeu de mot !). Hélas, l’histoire, pourtant basique, n’exploite pas l’immense potentiel des sujets qu’elle aborde et des grandes questions qu’elle pose. Néanmoins, dans cette confusion, l’expérience parvient tout de même à fonctionner par une mise en scène (parfois un peu froide) et un casting impeccable (impérial Jeff Bridges).

Un film cool, eighties, incomplet, mais à vivre impérativement en salle.

 


William Mondello

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