Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 15:14

screenshot-lrg-01--3-.png

 

 

Le Voyage du Héros au Cinéma

d'après "Le héros aux mille et un visages" de Joseph Campbell

 

 

Il y a des films qui ne font pas l’unanimité.

 


Je me disais ça l’autre jour en sortant d’une salle de cinéma bondée. Un film qui avait fortement déplu. A moi aussi, je dois dire. 

J’écoutais les commentaires des autres spectateurs déçus. Je rejoignais souvent leurs avis respectifs.

Mais il y aussi des films qui enflamment le cœur du public dans sa totalité. C’est rare, mais ça arrive.

Parce qu’ils sont universels. Parce qu’ils sont objectivement (techniquement ?) réussis. Parce qu’ils nous touchent profondément.

 

Alors je me suis posé cette question. Je l’adresse aujourd’hui à vous :

Qu’est ce que vous reprochez aux films en général ?

 

- N’est pas assez bon (« ce film est une vraie bouse »)

- Ce n’est pas crédible (« c’est totalement incohérent, n’importe quoi »)

- C’est stupide (« les scénaristes sont pire que des fonctionnaires »)

- C’est incompréhensible (« encore un film de bobos »)

- Manque de proximité (« ça ne me parle pas »)

- C’est classique (« C’est toujours le même scénario »)

 

« C’est toujours le même scénario »

 

Celle ci revient très très souvent...

Quels films alors ?

Avatar, Star Wars, Pirates des Caraïbes, Spiderman, Harry Potter, plus récemment John Carter

Et bien d’autres…

 

Les longs-métrages que j’ai cité ont connu un certain succès public (et parfois critique). Donc, ok, ces films ont une histoire prévisible, qu’on peut presque soi-même inventer. Certes…

Mais savez-vous pourquoi est-il si simple d’inventer une pareille histoire ?

Savez-vous quelles sont les étapes EXACTES de cette histoire ?

Savez-vous que cette structure a un nom ?

Savez-vous que c’est une recette qu’on utilise depuis la nuit des temps ?

Savez-vous que ces étapes sont permanentes, universelles et peuvent presque s’appliquer à nos propres vies ?

 

 

Le Voyage du Héros au Cinéma

D’après « Le héros aux mille et un visages » de Joseph Campbell (1949)

 

 

1ère partie : L’essai de Campbell

- Comment Campbell en est arrivé à se poser cette question ?

- L’essai sorti en 1949

- Les 12 étapes

- Les 5 étapes simplifiées

2e partie : Le Héros au Cinéma

- 1977

- La recette toujours utilisée

- Version simplifiée

3e partie : Pourquoi ça marche ?

- L’universalité et la proximité

- Version simplifiée, donnée aux enfants

 

 

1ère PARTIE :

L’ESSAI DE CAMPBELL - Le Héros aux Mille et un Visages

 

- Qui est Joseph Campbell ?


Joseph Campbell est :

- Professeur

- Anthropologue

- Mythologue

- Ecrivain

- Orateur

- Américain

- Jeune

- Beau

- Mort.

 

Joseph_Campbell.jpgPour la jouer plus sérieux (quoique…) :

Joseph Campbell, né à New York en 1904 et mort en 1987, est un professeur, écrivain, orateur, anthropologue et mythologue de renom.

 

Le petit Joseph est un génie.

Un génie qui doit probablement son talent à sa curiosité.

 

Un jour de son enfance, un vieil homme – qui n’est autre que son père- lui proposa de l’emmener au muséum d’histoire naturelle américain.

Le petit Joseph –qui n’était pas charpentier-, préférant jouer au tournoi des Jeux Olympiques pour enfants avec ses petits amis new-yorkais, refusa (il devenu athlète bien plus tard) .

Il avait bien d’autres choses à faire comme par exemple impressionner la petite Jean Erdman (qui n’était pas née au moment des faits, mais il me la faut pour mon histoire) avec ses performances d’athlète, afin de pouvoir lui soutirer quelques bonbons (et pas que).

 

Mais patatra, la petite Jean Erdman déménagea.

Le petit Joseph Campbell se retrouva seul, sans amis et n’avait plus que ses yeux d’enfant pour pleurer.

 

Alors son père revint à la charge. Il était persuadé du potentiel de son fils (cet article n’est pas une publicité pour Acadomia). Que l’ouvrir à la culture, à l’Histoire avec un grand H, à ces mondes extraordinaires montrés dans le muséum d’histoire naturelle américain allait le faire accéder aux strates de la connaissance, ou du moins lui montrer le chemin à emprunter pour y accéder.

 

Il le prit par la main et le traina jusqu’au muséum d’histoire naturelle.

Le petit Joseph n’avait plus qu’à accepter. De toute façon, qu’avait-il d’autre ?

 

De couloir en couloir, d’exposition en exposition, la curiosité du petit Joseph ne cessait de croître. Son imagination était alors en ébullition.

 

Bien plus tard, le petit Joseph, devenu grand, s'était forgé une passion pour les mythes, légendes et contes. Cette visite au muséum enfant, l’avait façonné. L’avait ouvert à davantage.

 

amazon-hercule-copie-1.jpg


Au fil de ses études, gagnant à chaque fois un nouveau diplôme en mathématique, en littérature médiévale, anglaise, ou en sciences humaines, il découvrit que parmi toutes ces histoires qu’il aimait tant, il y avait des traits communs.

Des personnages semblables, des situations déjà vues, des scènes similaires mais surtout, des messages ou morales à chaque fois plus pertinentes.

 

Mais c’est son étude approfondie de Carl Jung, éminent psychiatre suisse, qui lui permit de dresser ses premières conclusions.

Carl Jung, qui n’est autre que « l’inventeur » de l’archétype dans le récit.

 

L’archétype ? Qu’est ce qu’un archétype ?

 

Prenons la définition du dictionnaire :

 

Archétype : n.m. (gr arkhetupon, modèle primitif)

1 - Modèles sur lequel sont construits un ouvrage, une œuvre.

2 - PHILOS. a. Idée, forme du monde intelligible sur laquelle sont construits les objets du monde sensible chez Platon. b. Idée qui sert de modèle à une autre po… pfff f »X3’(§’8. ;nfo « f!!@@ ON S’EN FOUT !

 

3 - PSYCHAN. Chez Jung et ses disciples, structure de l’inconscient collectif qui apparaît dans les productions culturelles d’un peuple, dans l’imaginaire d’un sujet.

 

 

Et qu’est ce que l’inconscient collectif ?

 

Inconscient collectif : inconscient identique chez tous les individus et fait de la stratification des expériences millénaires de l’humanité.

 

Donc en gros, un archétype est une figure –en l’occurrence un personnage- générique, que tout le monde va reconnaître car il est issu d’un univers familier. Les valeurs de ce personnage sont proches des nôtres, les décisions de ce personnage nous sont compréhensibles, etc. Ceci en tout cas dans sa version positive.

 

Joseph Campbell, du haut de son intelligence et esprit de synthèse stratosphérique, fait vite le lien.

Le mythe (en l’occurrence) fait appel aux archétypes ou du moins forme ce qu’il raconte sur des archétypes afin de toucher le plus grand nombre et se promettre à une certaine universalité.

Le message n’en est que mieux passé !

 

Détenant alors la sagesse et la connaissance, Campbell s’élance dans le partage de son savoir pour le bien de l’humanité.

 

 

- Le Héros aux Mille et un Visages (1949)

 

le-heros-aux-mille-et-un-visages.jpg


Son essai paraît aux Etats-Unis en 1949. Savamment intitulé « Le Héros aux Milles et Un Visages », l’ouvrage expose la théorie de Campbell dite du monomythe.

Le mythe serait constitué de figures archétypales puisées dans l’inconscient collectif (ou servant l’inconscient collectif).

Tous les héros seraient donc appelés à l’aventure, une aventure loin du monde dans lequel ils vivent. Ils passeraient tous un premier obstacle, un « seuil », avec l’aide d’un sage, un guide ou un mentor pour atteindre un monde différent du leur qui est généralement représenté par une forêt, un désert, une grotte ou même une île mystérieuse. Ils reviendraient de ce voyage initiatique avec un savoir, un élixir apportant quelque chose de nouveau à leur monde.

 

Ce schéma s’imbrique dans la structure classique d’une intrigue :

Acte I : Introduction, exposition.

Acte II : Nœud de l’histoire (élément perturbateur et péripéties).

Acte III : Dénouement, résolution (climax).


« Le Héros aux mille et un visages » a été traduit en plus de vingt langues et s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde entier. Il est toujours l’objet de rééditions.

 

Au jour d’aujourd’hui on ne compte plus le nombre d'auteurs qui se réclament être influencés par cette théorie qui s’applique à tous les genres.

Même si les étapes décrites par le monomythe campbellien ne sont pas toutes respectées à la lettre, on retrouve régulièrement, ici et là, des similitudes ou des emprunts directs à cette structure (« l’appel à l’aventure » est l’étape la plus reprise).

 

D’ailleurs, je ne veux pas me vanter, mais aviez-vous remarqué que j’ai usé (et abusé) de cette formule pour vous conter l’histoire de Joseph Campbell il y a quelques instants ?

La preuve, peut-être, qu’elle se retrouve partout et qu’elle est belle et bien intégrée à l’inconscient collectif.

 


- Les 12 étapes du Voyage du Héros

 

 

 

Appuyez sur PLAY et continuez la lecture

 


Vous les attendiez tous : voici les 12 étapes du Voyage du Héros (selon Wikipédia) :

 

1 - Le héros dans un monde ordinaire :il s'agit d'une introduction qui fera mieux ressortir le caractère exceptionnel des aventures qui suivront.


2 - L'appel à l'aventure qui se présente comme un problème ou un défi à relever.


3 - La réticence du héros, car il a peur de l'inconnu.


4 - L'encouragement d'un mentor, ou un vieux sage. Quelquefois, le mentor donnera une arme magique, mais il n'accompagnera pas le héros car lui seul doit affronter les épreuves.


5 - Le héros passe le seuil de l'aventure : il entre dans un monde extraordinaire, et ne peut plus faire demi-tour.


6 - Le héros subit des épreuves : il rencontre des alliés et des ennemis.


7 - Le héros atteinte l'endroit le plus dangereux (le climax ?), souvent en profondeur (en lui-même ?), où l'objet de sa quête est caché.


8 - Le héros subit l'épreuve suprême : il affronte la mort (ou bien la Mort).


9 - Le héros s'empare de l'objet de sa quête : l'élixir.


10 - Le chemin du retour, où parfois il s'agit d'échapper à la vengeance de ceux à qui l'objet a été volé.


11 - Lé héros revient du monde extraordinaire où il s'était aventuré, transformé par l'expérience.


12 - Le retour dans le monde ordinaire et l'utilisation de l'objet de la quête pour améliorer le monde, donnant ainsi un sens à cette aventure.

 

Ca devient un peu chiant là, non ?

 

Très bien !

Sachez donc, pour les plus impatients, qu’une version simplifiée existe !

 

- Les 5 étapes du Voyage du Héros (version simplifiée et universelle)

 

1) L'appel à l'aventure, que le héros accepte ou refuse dans un premier temps

2 - Une série d'épreuve

3 - L'atteinte d'un objectif, qui donne au héros un savoir important

4 - Le retour dans le monde ordinaire

5 - L'utilisation du savoir acquis pour améliorer le monde.

 

Voici un humble exemple :


Appel-a-l-aventure.jpg

 

 

 

Epreuves.jpg

 

Atteinte-objectif.jpg

 

Retour-Monde-ordinaire.jpg

 

Ameliorer-le-monde.jpg

 

 

Maintenant que c’est plus clair, êtes-vous prêt à voyager dans le temps ?

(oui ceci est un appel à l’aventure)

 

 

Je prends ça pour un OUI !

 

 

2ème PARTIE :

LE HEROS AU CINEMA


- 1977

 

Le 25 mai 1977.

Hollywood Boulevard, Los Angeles.

 

hollywood-sign.jpg


La file d’attente du Grauman’s Chinese Theatre déborde sur le Walk of Fame.

Personne ne l’avait vu venir et pourtant, le film projeté dès ce jour dans la célèbre salle va changer à tout jamais l’Histoire du Cinéma.

Aujourd’hui source d’influence assumée, Star Wars d’un certain George Lucas, est l’aube d’un genre nouveau de films. Jamais pareille fantaisie, pareil voyage fantastique n’aura été aussi réel pour le public du monde entier.

 

chinesetheatre.jpg


Jamais la science-fiction n’aura été aussi crédible, jamais un tel monde extraordinaire n’aura été aussi immersif.

 

Et pourtant… Au-delà des effets spéciaux révolutionnaires pour l’époque, au-delà de ce casting excellent ou des idées foisonnantes de Lucas, Star Wars n’est n’y plus ni moins que le meilleur ambassadeur de Joseph Campbell.

L’intrigue même de Star Wars, qui je l’espère, vous connaissez, est la représentation parfaite du monomythe de Campbell.

La recette aura été si parfaite que la structure campbellienne du voyage du héros sera 100 fois plus reprise à la suite de la sortie du film - phénomène.

 

Star Wars c’est quand même :

- Le plus grand succès de l’année 1977

- Un film intergénérationnel

- Qui change la face du Cinéma

- Lance les produits dérivés

- $775,398,007 WorldWide (à ce jour)

- 6 films

- 35 ans plus tard, toujours une machine à cash

- 35 ans plus tard, des millions (milliards ?) de fans à travers le monde

 

empire.pngGeorge Lucas a toujours assumé avoir constitué son « approche de la narration » grâce aux ouvrages de Joseph Campbell.

Et c’est totalement évident pour Star Wars.

La "Force" est d'ailleurs présentée comme une valeur, une philosophie à apprendre (confirmée dans les deux films qui suivront).

Chaque personnage suit sa propre trajectoire, évidemment. Nous prendrons donc ici le point de vue de Luke Skywalker, futur chevalier Jedi et héros voyageur le plus évident du film (et finalement de la saga si nous devons étaler son voyage sur les trois films où il apparaît).

 

Voici les 12 étapes suivies par ce cher bouseux :

 

1 - Le monde ordinaire : Luke Skywalker est un jeune fermer vivant sur la planète Tatooïne avec son oncle et sa tante. Il rêve de partir jouer au pilote avec ses amis, mais sa famille l’en empêche par peur qu’il finisse par trop ressembler à son père, mort au combat lorsqu’il était jeune. Luke a été conditionné toute sa vie et n’a jamais vécu ailleurs que dans les déserts de la planète aux deux soleils.

 

2 - L’appel à l’aventure : Deux droïdes, nommés R2D2 et C3PO, sont achetés par son oncle. Les deux droïdes disent appartenir à l’Alliance Rebelle qui combat l’austérité de l’infâme Empire Galactique détenu par des seigneurs noirs. R2D2 cache un message caché d’une mystérieuse princesse qui réclame l’aide d’un certain Obi-Wan Kenobi. R2D2 s’échappe de la ferme de Luke pour retrouver Obi-Wan Kenobi. Obi-Wan Kenobi est retrouvé et se dit beaucoup trop vieux pour partir à l’aventure (secourir la princesse) : Il propose à Luke.

 

screenshot-lrg-10--1-.png

 

3 - Le refus : Luke refuse. Il ne peut pas. Il a peur. Il prétexte qu’il doit encore être là pour la prochaine moisson. Il rentre chez lui et apprend la mort de son oncle et sa tante, tué par l’Empire dévastateur, qui cherche les droïdes.

 

4 - Les encouragements du mentor : Obi-Wan encadre Luke qui a donc pris sa décision, il partira à l’aventure. Mais Obi Wan est trop vieux, donc il sera son Maître Jedi (le vieux sage devient le mentor) et apprendra à Luke tous ce qu’un Jedi doit savoir.

 

5 - Le seuil : Luke passe le fameux seuil de l’aventure. Obi Wan, C3PO, R2D2 et lui se rendent à Mos Eisley, spatioport où toutes les vermines de la galaxie grouillent. Ils souhaitent quitter Tatooïne pour fuir l’Empire et se rendre à Alderaan où est censé se trouver la Princesse.

 

screenshot-lrg-17--3-.png

 

6 - Les épreuves, rencontre des alliés et ennemis : Luke rencontre ses futurs puissants alliés Han Solo et Chewbacca, équipage du Faucon Millénium. Ils fuient Tatooïne, poursuivis par leur ennemi, l’Empire.

 

7 - L’endroit le plus dangereux : Luke et ses amis pénètrent dans l’Etoile Noire, le destructeur de planète de l’Empire. La super-station spatiale de combat grouille de gardes ennemis mais garde en son cœur… La Princesse, alors à libérer (l’endroit le plus profond est représenté par le compacteur).

 

screenshot-lrg-29--1-.png

 

8 - L’épreuve suprême : La Princesse est libérée, mais tout l’équipage du Faucon Millenium doit maintenant fuir l’Etoile Noire pour aller remettre les plans de la station aux Rebelles pour qu’ils la détruisent. La mort rode. Obi Wan décide alors d’affronter Dark Vador et se laisser mourir devant les yeux de Luke (d’une certaine façon Luke affronte la mort en voyant son mentor disparaître).

 

screenshot-lrg-28--1-.png

 

9 - L’objet de la quête : Les plans sont remis aux Rebelles sur Yavin. Grâce à l’exploitation de ces données, Luke se prépare à détruire l’Etoile Noire lors d’une bataille spatiale hyper spectaculaire.

 

10 - Le chemin du retour et vengeance de l’ennemi : L’Empire cherche à détruire la base rebelle sur Yavin (la vengeance), alors que la flotte rebelle virevolte à la surface de l’Etoile Noire afin de la détruire. Le suspens est à son comble.

 

screenshot-lrg-35--2-.png

 

11 - Le retour du monde extraordinaire et utilisation du savoir acquis : Luke utilise ses facultés de Jedi apprises de son mentor et lors de son voyage. « Luke, fais appel à la Force ». Luke détruit l’Etoile Noire à l’aide de Han Solo et chasse Dark Vador.

 

12 - Amélioration du monde, dénouement et épilogue :La Princesse récompense Luke, Han Solo et Chewbacca. L’Empire subit une lourde perte et les Rebelles sont triomphants de cette bataille gagnée.

 

screenshot-lrg-40.png

 

 

- Une recette toujours utilisée

 

Je vous laisse vous interroger : quels films, que vous auriez vu, même récemment, ont utilisé la totalité ou une partie des éléments de la structure du Voyage du Héros.

 

J’ai quelques exemples pour vous.

Et, soyons fous, utilisons directement la version du Voyage en 5 étapes :

 

1 - L’appel à l’aventure :

 

screenshot-lrg-01--19-.png

 

a) Matrix. Néo face à son PC « suit le lapin blanc », puis plus tard, lorsqu’il doit quitter l’immeuble de son bureau, il finit par refuser car il a peur du vide, de tomber (mmmh jolie métaphore là dedans). Il se fait attraper par les Agents, qui lui font peur et décident de le tracer. Mais finalement son « mentor » Morpheus, via Trinity, revient à lui et lui repropose de tomber dans le « terrier du lapin blanc » en lui tendant le choix de deux pilules.

 

b) Lost, les disparus. John Locke dit à Jack Shepherd qu’ils doivent retourner sur l’île. Mais Jack refuse, sombre dans l’alcool après que Kate l’ait quitté et a de nouveau des hallucinations en apercevant son père dans son cabinet. John Locke se fait assassiner. Jack apprend la nouvelle et ne sait plus quoi faire. Finalement, il rencontre Ben qui reprend le rôle de John Locke (le mentor qui pousse les gens à faire ce qu’ils doivent faire) qui lui explique ce qui est nécessaire pour retourner sur l’île.

 

c) Iron Man (et tous les films de superhéros au passage). Tony Stark, à la suite de son expérience afghane, ne supporte plus de voir sa propre entreprise Stark Industries vendre des armes. Il tente d’arrêter la production de ce produit mais est rattrapé par ses actionnaires et les têtes bien pensantes de sa compagnie. Il décide alors de remodeler son armure et devenir Iron Man.

 

d) Men In Black. L’agent J, interprété par Will Smith, après avoir subit des épreuves loufoques pour son recrutement par le MIB est littéralement appelé à l’aventure par l’agent K. « Est-ce que ça vaut le coup ? » « Bien sûr que ça vaut le coup… Si tu es assez solide ! » S’en suite une magnifique scène de doute, réflexion de la part de J sur les docks new-yorkais.

 

 

2 - Une série d’épreuves :

 

indiana-jones-and-the-last-crusade-1989-copie-1.jpg


a) Black Swan. Nina Sayers plonge dans la paranoïa et se dépasse pour ressembler à Lily. Elle s’enferme dans une réalité en épousant littéralement le tourment de son personnage de cygne blanc. Elle quitte son environnement ordinaire (chez elle avec sa mère) et même, le repousse pour suffisamment se corrompre et devenir le cygne noir.

 

b) Indy 3. Indiana Jones, dans sa Dernière Croisade, doit passer trois épreuves pour obtenir le Saint Graal et sauver son père d’une morte certaine. Il est jugé sur son humilité (« Le pénitent est humble et s’agenouille devant Dieu »), son intelligence (« Dieu s’écrit avec un I ! ») et sa foi (« Mais c’est impossible »). Une quatrième épreuve le juge sur sa perspicacité (« C’était la coupe d’un charpentier »).

 

c) Fight Club. Tyler Durden se lance une série d’exercices et étendre sa philosophie nihiliste.

 

d) Kill Bill. The Bride tue une à une les agents de Bill (à savoir que Kill Bill, volumes 1 et 2 sont probablement un voyage du héros renversé).

 

 

3 - L’atteinte de l’objectif, qui donne au héros un savoir important :

 

screenshot-lrg-15--2-.png


a) Retour vers le Futur. Marty McFly a appris à connaître ses parents.

 

b) Harry Potter à l’école des Sorciers. Harry est devenu un sorcier.

 

c) Casino Royale. Le membre de l’organisation qui a « tué » Vesper retrouvé, James Bond assume qui il est.

 

 

4 - Le retour dans le monde ordinaire :

 

screenshot-lrg-34--4--copie-1.png

 

a) Black Swan. Nina Sayers a livré une performance absolument incroyable (et orgasmique) du Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Elle est « parfaite ». Elle a atteint le nirvana.

 

b) Harry Potter et la Chambre des Secrets. Harry Potter supporte sa famille d’accueil car il s’éprend à rêver de ses meilleures années.

 

c) Le Retour du Roi. Les hobbits retrouvent la Comté.

 

comte.jpg

Est-ce que je risque d'être condamné pour "Crimes contre l'humanité" après une blague pareille ?


 

 

5 - L’utilisation du savoir acquis pour améliorer le monde :

 

screenshot-lrg-35--3-.png

 

a) Pirates des Caraïbes. William Turner est un Pirate. Elizabeth Swan aime les Pirates. Ils sont donc de toute évidence faits pour être ensemble. Quant à Jack Sparrow, il reprend la barre du Black Pearl.

 

b) Avatar. Jake Sully a chassé les humains de Pandora et prouvé l’existence de l’âme d’Eywa. Les Na’Vis transfèrent l’âme du héros de son corps humain handicapé à son corps d’avatar Na’Vi.

 

c) Indy 2. Indiana Jones a libéré les enfants du Temple Maudit. Indy ramène les pierres de Sankarat au village comme il l’avait promis. Les ressources de celui-ci sont donc assurées ; les familles sont réunies. Cette aventure a transfiguré notre héros : « Oui, maintenant je crois en sa magie. »

 

d) Le Retour du Roi. Sam raconte son histoire et celle de l’anneau dans « Le Seigneur des Anneaux » qu’il écrit.

 

 

- Vidéo de Plinkett (version simplifiée et très Spielbergienne)

 

Ce cher Mister Plinkett, dont les critiques déconstructives des Episodes I, II et III de Star Wars ont fait des étincelles (sans parler de celle d’Indiana Jones 4), aborde le point de vue très… Spielbergien de ce voyage.

Steven Spielberg, cinéaste de l’enfance, de l’inner child, a en effet influencé toute une génération de réalisateurs. La décennie 1980 au cinéma hollywoodien a été teintée du schéma du Voyage du Héros, du fait de la sortie de Star Wars à la fin des années 1970.

Mais les succès des films de Steven Spielberg à l’époque (Rencontres du Troisième Type, Les Indiana Jones, E.T.) et son influence grandissante, ont orienté, précisé cette structure en quelque chose lié à l’initiation, l’apprentissage de la vie.

L’ajout –et non des moindres- de cette version là est l’arrivée marquante d’un love interest (compagnon ou compagne voulue par le personnage principal) comme objectif supplémentaire (toujours réalisé indirectement).

Pour être plus pertinent, je vous propose de découvrir une poignée de personnages décrits dans cette vidéo. Ils sont tous beaux, jeunes et ont été chez un bon coiffeur.

 

Et ils ont comme point commun… D’être de grands enfants, que l’aventure va transformer en adultes responsables et soucieux de protéger le petit garçon/petite fille en eux.

 

 

Allez de 2:00 à 4:32

 

 

Marty Mcfly, John McLane, Billy Pepster, Sarah Connor, Neo, Charlie Bucket, Peter Parker, Cliff Secord, Johnny Ricco, Rocky Balboa…

Des personnages dans lesquels on va s'identifier, qui accumulent les bourdes, les problèmes et qui sont appelés à l'aventure à un moment ou à un autre. Une aventure qui va les transfigurer, les faire littéralement grandir et leur permettre de finalement réaliser un de leurs rêves.

Des aventures aux grandes valeurs humaines : le courage, la persévérance, la foi, l'amitié, l'amour.

Bien sûr, tous ne suivent pas les étapes à la lettre, mais ça peut vous donner de bonnes pistes pour en trouver bien d’autres…

 

Et bien sûr, il embrasse la fille à la fin !

 

Evidemment !!!

 

 

 

3e PARTIE :

POURQUOI CA MARCHE ?


- L’universalité et la proximité

 

400.jpg


Le mythe moderne se ferait-il de nos jours au Cinéma ?

Autrefois, il avait pour vocation d’éduquer les populations.

En utilisant des archétypes et une structure « inconsciente » à chaque fois similaire, le mythe joue sur le souvenir du lecteur et cherche à ce qu’il se reconnaisse dans l’histoire afin d’obtenir son adhésion voir même sa participation (qui n’a jamais tenté de « jouer au héros ? »).

 

Le Cinéma est un Art universel qui est presque la somme de tous les autres (ou qui bouffe à tous les râteliers, c’est à chacun de voir). C’est aussi un média de masse.

 

L’addition des deux est donc un produit très épicé.

Hollywood a très rapidement compris que pour assurer le succès de ses films (et gagner du fric, plein de fric-fric-fric !), il devait s’adresser au plus grand nombre et donc user de subterfuges.

La dernière décennie a été marquée par les super héros et leurs zones d’ombre bien humaines. La prochaine sera probablement un retour vers l’archétype du monsieur-tout-le-monde dont un talent est à exploiter.

 

Le Voyage du Héros est une recette intemporelle qui s’adresse à tout le monde.

 

Quelque part on peut même se demander si le Voyage du Héros n’est pas le rêve américain avant le rêve américain.


En tout cas, je n’ai toujours pas abordé un modèle de films, qui pourtant utilise cette structure depuis bien longtemps, sans pour autant le savoir, et que vous connaissez bien. Forcément.

Ce sont les films d’animation Disney.

Cherchant à s’adresser au plus grand nombre, ayant une vocation éducative voire moraliste, Disney ne pouvait évidemment y échapper…


- La version Disney


Quelque part, pour faire suite à la version Spielbergienne (ou précédent), voici une vidéo résumant les idées (ou valeurs) montrées dans un Disney via la structure du monomythe de Campbell.

 

 


 A voir si vous le souhaitez.

 

 

Néanmoins, une chose est à préciser : Depuis Bernard & Bianca (puis La Petite Sirène, la Belle et la Bête, Aladdin, le Roi Lion, Tarzan, Atlantide), les scénaristes de Disney (dont certains sont devenus de très grands réalisateurs/scénaristes aujourd’hui comme Brad Bird, John Lasseter, Joss Whedon, Jon Musker, Ron Clements, Gary Trousdale, Kirk Wise, Terry Rossio, Ted Elliots, la liste est très longue) se sont revendiqués comme héritiers de la méthode Campbell, influencé par la réussite Star Wars.

 

 

 

Appuyez sur PLAY et continuez la lecture

 


A noter que cet élan de réussite scénaristique a été notamment accompli lors de ce qu’on appelé le « second âge d’or des Studios Disney » avec le retour des contes princiers (modernisés) au début des années 1990 (la trilogie officieuse Petite Sirène / Belle et la Bête / Aladdin).

Et dire que je n’aborde même pas les Pixar…

 

 

CONCLUSION


Ah ben c’est pas trop tôt !


Un voyage omniprésent. Au Cinéma, même à faible dose. Dans les histoires contées dans les chansons. Même dans les publicités.

C’est la façon dont la recette est utilisé qui va rendre unique le film. Mais c’est surtout votre prédisposition personnelle qui vous fera adhérer, ou non, au récit que vous voulez bien entendre.

Bien sûr, il y a la règle générale de l'évolution du personnage : Un bon film (récit) est généralement celui dont le ou les personnages partent d'un point A pour arriver à un point B et que l'aventure aura changé, transfiguré, transformé. En bien ou en mal d'ailleurs.

Mais la structure précise du Voyage du Héros est une formule. Inconsciente ou non, elle est devenue omnipotente. Universelle. Intemporelle (je commence à radoter, ce n'est pas bon !).

 

"Remember, concentre on the moment. Feel, don't think. Use your instincts."

(la seule réplique intéressante de Star Wars Episode I méritait d'être citée)


En fin de compte, le Héros est le personnage dans lequel on se reconnaît le plus car on a tous à apprendre de lui, ne serait-ce qu’un peu. Il est un peu nous. La mythologie en faisant des exemples et utilisaient ce genre de « contes » comme de grandes leçons de vie données au peuple.

On peut donc s’interroger : Le Cinéma, dans un tout autre genre, et de différentes façons, le ferait aussi, mais comment ? Peut-il nous atteindre, nous influencer à ce point là ? Le Cinéma est un récit filmé, mais pas que...

Le Voyage du Héros est donc essentiellement intérieur. C’est l’apprentissage, la quête de la vérité, de la connaissance. Ou de la vie plus simplement.

 

Alors… J’ai une dernière question. Et celle-ci est profondément pour vous…

 

Quel a été, ou quel sera votre appel à l’aventure ?

 

Que la Force soit avec vous !

 

 

William Mondello

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Timekeeper 09/02/2012 19:52

Je me sens obligé de préciser que les dessins Paint ne sont pas de moi.

WTF-whatthefuckisthat.fr-le-blog-des-films-pop-corn-qui-mar.png

 

Le blog des films pop-corn qui marquent leur époque !

 

Actus, previews et analyses filmiques des anciens et futurs classiques !

Page d'accueil Contact Partager ce blog

facebook WTFtwitter WTF

Recherche

Nos partenaires

logo

cinemadroide-copie-1.png