2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 10:14

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"C’est quoi cette m... ?"

 

C’était sûrement votre réaction lorsque vous avez croisé ces affiches placardées ici et là dans Paris. Ces affiches où un type est entouré de deux monstres numériques ridicules rappelant les pires moments de L’Attaque des Clones.

Un titre simple, en jaune, qui manque cruellement d’imagination.

 

Et pourtant…

 

Quand Disney a annoncé le projet « John Carter », mes attentes étaient hautes.

Enfin nous allions voir transposées sur grand écran les aventures spatiales de ce héros de la guerre de sécession, qui ont inspiré des générations de réalisateurs de space opéra comme George Lucas ou même James Cameron avec Avatar (à la différence que ce dernier a TOUT pompé pour le scénario de son dernier film qui ressemblait déjà à un post-it).

 

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Qui à la barre ? Andrew Stanton.

Le réalisateur du « Monde de Némo » et « Wall-E », alors habitué aux films d’animation, passe à la prise de vue réelle, pour réaliser son rêve d’enfant : Rendre palpable les aventures de John Carter, contées dès 1912 par Edgar Rice Burroughs (déjà auteur de Tarzan), dans les 11 tomes du « Cycle de Mars », l'un des premiers (si ce n'est LE premier) space opera de l'Histoire.

 

Seulement, les premières images n’ont pas toutes rassuré. Même si une première bande annonce (sur l’incroyable reprise de « My Body is a Cage » par Peter Gabriel) annonçait une œuvre profonde, à la fois iconique et mélancolique, les suivantes ont détruit toute cette ambition.

 

 

 


Quel est cet ersatz de prélogie Star Wars (dont nous connaissons tous les « qualités ») ? Qu’est ce que ce bourrinage mal placé ? Quelle est cette bouillie numérique ignoble ?

 

Les mots « merde », « nul à chier » et autres délicieuses déjections reviennent souvent dans la bouche des spectateurs, qui découvrent cette campagne marketing ratée et totalement injuste.

 

Injuste ?

Car oui.

Non seulement « John Carter » est une réussite, mais il pourrait bien marquer plus d’un esprit.

 


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Histoire, maestro !

 

« L’ancien capitaine John Carter, las de la guerre civile qui ravage les États-Unis en cette fin de XIXe siècle, se retrouve mystérieusement envoyé sur la planète Barsoom, où il se laisse entraîner malgré lui dans un terrible conflit entre Tars Tarkas et la fascinante princesse Dejah Thoris. Dans un monde au bord du gouffre, Carter redécouvre son humanité en prenant conscience que la survie de cette planète et de ses habitants est entre ses mains. »

 

Guerre Civile ? Barsoom ? Aventure ? Tars Tarkas ? Princesse ? Dejah Thoris ?

A vos souhaits !

 

Si le film manque parfois de souffle, c’est n’est pas parce qu’il n’est pas consistant, c’est tout simplement... Qu’il l’est beaucoup trop !

 

Quel univers riche ! Quelle incroyable imagination ! Un monde au moins aussi immense que celui de Harry Potter ; et je pèse mes mots !

2h20 d’avalanche d’informations. D’un truc complet. Epique. Très peu de contemplation (à opposer aux films Harry Potter justement et heureusement).

A l’image du personnage principal, on plonge tête la première dans ces royaumes cachés de la planète Barsoom. On pense parfois à Stargate ou même à Lawrence d'Arabie, mais l'ensemble est très fort. On ne nous pose aucune question, les choses sont là, elles existent.

 

Elles existent car finalement si Stanton ne s’est pas totalement lâché pour les séquences d’action qui passent bien trop rapidement, il l’a fait pour ses personnages. Il déploie continuellement leur humanité, transcende leurs histoires respectives et appuie sans cesse leur charisme. Le créateur du Monde de Némo concocte une fraîcheur. Quelque chose d'inédit depuis bien longtemps.

Vous pourrez détester le physique ingrat et reconnaître les pixels du personnage de Sola en photo : Vous l’adorerez dans le film. Et je ne parle pas du side-kick Woola, dont je vous laisse apprécier la saveur.

Mais ce n’est rien à côté du personnage de Carter.

 

 

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L’ancien et le nouveau Voyage du Héros Campbellien

 

Si le Voyage du Héros (dont je décris tout dans cet article que je vous oblige à lire si vous ne l’avez toujours pas fait) est posé et finalement parfaitement répété dans sa forme, Stanton, qui dirige un Taylor Kitsch qui porte décidément mal son nom, laisse vivre son personnage comme un être humain à part entière.

On dépasse l’archétype, la simple « figure » principale du film. John Carter est à la fois touchant, amusant et passionnant car il a ce quelque chose inexplicable qui fait qu’on aimerait tous un peu lui ressembler.

 

C’est sûrement une des plus grandes réussites de ce film. Avoir réussi là où Avatar a échoué.

Avatar déployait un univers riche, curieux, mais ne construisait aucune histoire de façon à ce que l’univers bouffe toute la part d’intérêt du film. Le but était ni plus ni moins d’en mettre plein la vue.

John Carter prend les choses différemment et semble éviter ce qui a été également le plus gros problème de Star Wars Episode I et II : des intrigues bidons, des personnages superficiels au profit d’effets spéciaux hallucinants.

« John Carter », c’est l’histoire d’un personnage, perdu dans les normes d’une société qui fut et qui est encore la notre, qui sera transporté malgré lui dans les confins du système solaire (ou de sa propre imagination) pour apprendre de lui-même, se dépasser et devenir ce qu’il a finalement toujours été.

 

Les autres personnages ne sont pas en reste.

 

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Même si la niaiserie royale est inévitable, la Princesse Dejah Thoris, interprétée par la sublime Lynn Collins (« qu’est ce qu’elle est bonne !!!! » « Ta gueule ! »), appuie le charme insensé du film, qui vogue entre le très moderne et la magie d’antan. Entre le chevaleresque Disneyen et le merveilleux Spielbergien. Quant à Mark Strong, il sait toujours aussi bien maîtriser son « espace » si je peux me permettre de jouer sur les mots !

 

Et que dire de ces incroyables créatures numériques, dont le nombre de pixels n’impressionne plus personne ? Et bien justement... On y croit.

On y croit parce qu’ils vivent, on sent une « âme » à travers ces yeux là. Ils ont une histoire, des sentiments, des intérêts, des goûts, des déceptions. Grâce à la direction de Stanton, grâce à l’écriture de Mark Andrew, accompagnés par un montage, une photographie, une direction artistique incroyables et la baguette de Giacchino qui sort les violons et les tambours héroïques : ON Y CROIT.


L’équipe du film est toujours généreuse avec son spectateur (ça tranche pas mal d’ailleurs !). Tellement qu’elle en déroutera probablement plus d’un : Il devient presque impossible d’avoir une séquence qui sort du lot tant elles sont toutes complexes et se succèdent bien trop vite (les enjeux sont parfois expédiés).

Je retiendrai peut être une séquence où le scalpel est de sortie. Une séquence au montage particulier et qui est la preuve irréfutable de la valeur ajoutée « Pixarienne » au milieu de cette masse numérique (CGI, Computer Generated Image). L’utilisation du flashback met en parallèle deux « forces » : La force physique de John Carter et sa force émotionnelle...

 

 

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John Carter : Back to basics nécessaire ou modernité assumée ?

 

John Carter n’est pas un long-métrage exempt de défauts. Mais il succède à une série de films du même acabit qui accumulaient des erreurs grossières qu’on finissait par accepter, faute d’avoir quelque chose de vraiment magique, spectaculaire, drôle et humain.

Tout est au service de cette histoire et on doit sûrement cette réussite à Andrew Stanton.

Je ne prends pas ce film par défaut. Au contraire. J’ai juste tellement bien voyagé, tellement vibré que je ne souhaite qu’une seule chose : Que vous couriez dans les salles pour vous évader comme vous ne l’avez pas fait depuis longtemps !

 

John-Carter-Affiche-Finale-USAA tous ceux qui rêvaient d’une grande aventure, universelle, sans limite, au-delà de notre imagination et de notre propre humanité, cette première épopée de John Carter est une réalité qui vous redonnera le sourire que vous aviez gosse devant les plus grandes fantaisies des années 1980/1990 comme Star Wars ou même... Final Fantasy pour les jeux vidéos.

On espère alors qu’une seule chose. Une seule. D’en voir la suite, et au plus vite !...

 

Alors dépassez vos préjugés et partez pour ce monde lointain pour de bon.

L’aventure. Celle qui est sous vos yeux.

C'est un peu lorsqu’il vous suffit de lever la tête le soir pour apercevoir ces étoiles et vous mettre à un peu rêver... C’est sûrement le sentiment que vous aurez quand vous plongerez dans une telle épopée cinématographique.

 

Car contrairement à ses récents prédécesseurs, John Carter n’oublie pas l’essentiel : le vrai Voyage du Héros est le votre.

 

 

Une bande annonce réalisée par un fan. Finalement bien plus fidèle à ce qu'est le film !    

 

John Carter d'Andrew Stanton. Avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Willem Dafoe, Samantha Morton et Mark Strong. Au cinéma le 7 mars !     

 

William Mondello

 

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commentaires

cris canaille17 02/03/2012

bravo pour cet excellent commentaire!j ai apprecié,plein d infos merci encore cris

Fitzcairn 07/03/2012

J’ai vraiment détesté ce film. Je trouve tout mauvais, en commençant par la 3D qui ne sert strictement à rien dans ce film.

Bon déjà j’ai horreur de la 3D au cinéma mais si encore cela servait l’histoire ou la mise en scène mais la queue dalle c’est uniquement un mauvais prétexte pour faire du commercial.

La 3D n’aucun intérêt dans ce film et c’est à peine si elle est exploitée à part 2-3 reliefs par ci par la.

Ensuite l’histoire est abracadabrantesque mais ca c’est surement du à la mauvaise adaptation du livre que je n’ai pas lu je le concède mais sérieusement on y croit pas une seule seconde.

Peut-être une adaptation plus sérieuse aurait été plus convaincante ?

Mais alors la mise en scène on frise le ridicule c’est vraiment à la va comme je te pousse avec des gros sabots et sans aucune subtilité.

Quand aux acteurs mais qu’est ce que c’est mauvais ! Mon dieu c’est très mal joué et c’est rempli de clichés c'est très laborieux.

Honnêtement avec mes camarades sur les sièges autour de moi on s’est vraiment fait chier pendant tout le film et on se regardait pour se demander si ce n’était pas une blague ?

On était plusieurs à être deux doigts de s’endormir pendant la projection et à la fin notre avis était unanime : une bonne grosse daube.

Pour ma part je serais encore plus méchant parce que je suis très exigeant et je te dirais en toute franchise que c’est le film le plus mauvais que j’ai vu depuis ses six derniers mois.

Je je mettrai ce film directement dans la catégorie arnaque du cinéma et film de merde à oublier.

Fitzcairn 07/03/2012

J'ai vu le film en VO. Je ne supporte pas de voir un film dans une version autre que celle originale.

trotter 05/11/2012

J'ai eu l'impression d'un bon film de la fin des années 80. Bon c'est pas aussi culte qu'un Conan ou qu'un Indiana Jones mais ya un peu de ça. C'est léger et c'est fun et c'est pas vide.

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