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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 14:28

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3 minutes…

 

Sûrement trop plein d’orgueil, je m’étais promis de parler de David Fincher et son nouveau film The Girl with the Dragon Tattoo (ou Millénium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes en français) en y mettant tous les moyens possibles et imaginables pour vous convaincre de vous rendre dans les salles obscures. Mais je me rends compte que je passerai sans doute à côté de la subtilité du cinéaste et le salirait trop indignement (et je ne peux résister à l'envie de vous écrire un pavé !!).

 

Parce que voilà, Fincher, c’est du subversif, c’est du non-dit, c’est du sale, c’est de l’intense, c’est impur, c’est du truc qui vous saute à la gueule et dont vous vous souviendrez 24, 48 heures plus tard.

Une semaine. Un mois. Des années.

C’est indélébile. Et c’est souvent tellement marquant que nombre de ses films sont aujourd’hui considérés comme cultes.

 

Fincher est un cinéaste qui pénètre votre esprit pour le tatouer. D’images. De sons. D’idées.

David Fincher filme l’obsédé obsessionnel avec obsession.

Une obsession qu’il finit par vous communiquer via ces photographies mouvantes où la caméra glisse de personnage en personnage. Ou encore ces images subliminales qu’on a tous vu sans le savoir comme ce personnage du Fight ClubTout n’est qu’une copie d’une copie.

 

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L’ancien publiciste de Nike et clippeur de Madonna est comme ce journaliste de Zodiac, face à son mur d’indications, de photographies, de cartes. Il cultive sa propre obsession de l’image, source d’information, pour l’animer. Il est avare de visuels.

Ces photos se répètent dans sa tête si souvent que les personnages immortalisés dessus prennent vie.

C’est de cette idée qu’il puise sa mise en scène haletante.

Il travaille alors le son pour nous encercler. Tait les instants de suspens pour que le spectateur puisse s’entendre respirer. Pulvérise la sono lorsque l’esprit de son personnage est en ébullition (Trent Reznor et Atticus Ross pour Millénium, formidables).

Il travaille son montage. Gourmand des nouveautés, il filme en numérique et en soigne la photographie (les éclairages, les cadrages).

 

Une atmosphère qui vous frappe. Et dans la violence, l'émotion...

 

David Fincher sait aussi prendre son temps.

Les temps d’exposition de ses films sont souvent très longs (introduction des personnages, mise en place du contexte, des situations ou des enjeux de l’intrigue). Près d’une heure pour Zodiac et Button. Autant voir plus pour Millénium.

Ce grand orfèvre prend son temps. Il est conscient du temps. Le temps que cela prend. Le temps qui passe. La fuite du temps qui passe.

Et il aura bon marcher à reculons comme dans Benjamin Button,  l’humanité de ses personnages reste intacte.

 

Ils seront doux. Fragiles. Forts. Faillibles. Amoureux.

 

Les personnages… Parlons-en… L’esprit du spectateur ne sera disponible que lorsqu’il connaît suffisamment un personnage. C’est lorsqu’il lui aura collé à la peau, qu’il en appréciera les surprises d’ailleurs.

Fincher le sait, parce que Tyler le sait.

 

Lorsqu’il fait tourner Daniel Craig dans Millénium dans le rôle de Mikael Blomkvist, le réalisateur américain le pousse à la composition. Craig n’est plus Craig. Craig n’est plus James Bond. Craig incarne un personnage fébrile, rien qu’au ton de la voix qu’il fait partir dans les aigus (regardez un extrait de Casino Royale pour vous en convaincre). Il est plus fragile, un peu plus nerveux. Moins sûr de lui.

 

 

 


Fincher creuse le personnage du roman par le prisme de son casting.

 

Dans le rôle de Lisbeth Salanger, il a choisi Rooney Mara. Celle qu’il avait déjà choisie pour interpréter la petite amie de Mark Zuckerberg dans The Social Network. En tant que directeur de comédiens, il la mettait déjà à bout.

Mara raconte que la scène d’ouverture du film sur Facebook a été faite près d’une centaine de fois ; Fincher la voulait « nerveuse » afin d’ouvrir son film au mieux et se « connecter » au spectateur dans cet état permanent de fébrilité dans lequel est le personnage de Zuckerberg. La prise retenue montre cette progression vers la nervosité.

 

 

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Qu’a-t-il fait cette fois pour Millénium ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que Mara est d’une justesse incroyable. Elle parvient à nous faire détester d’emblée son personnage tout en nous intrigant tout au long de l’histoire. Elle dévoile peu à peu sa fragilité. On quitte alors ce film en adorant Lisbeth, l’insociable, et en totale empathie avec ce qu’elle ressent alors.

 Et une envie folle de connaître la suite.

 

David Fincher cajole son spectateur dans sa propre Panic Room. Il le renvoie sans cesse à ses propres doutes. A ses propres peurs. Pour mieux jouer avec, comme dans The Game.

Il est maintenant dans votre esprit.

A l’intérieur de vous. Cet Alien3 est en vous.

 

L’orfèvre a terminé son horloge.

Elle tourne maintenant à l’envers.

Il vous a laissé tous les indices.

 

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Vous sortez donc de cette salle de projection avec toutes les clés du mécanisme. Pourtant quelque chose a changé en vous. Ce film va vous habiter. Encore pendant quelques temps. Vous aller y penser.

 

Puis vous vous direz : « Mais en fait… C’était tout simplement… Génial. »

 

BONUS : Le SMS que vous recevrez de celui ou celle qui vous a accompagné lors de la séance : « Jirai bi1 7 aprem à Ikea, tiens! »

 

Mettez votre paresse au placard, et courez voir Millénium, les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes, adaptation fidèle du roman de Stieg Larsson, au cinéma depuis mercredi !

 

 

 

 

Je vous l'avais dit, j'ai pas résisté à l'écriture d'un roman (désolé) !

 

William Mondello

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